Petite annonce

J’y avais cru, beaucoup cru mais, hélas, ma dernière histoire d’amour a sombré corps et bien. Tout allait pourtant bien, l’harmonie parfaite puis soudain, ce repli, cette fêlure. Ma nouvelle conquête était une jeune femme délicieuse, mais dotée d’une âme pessimiste au possible. Finalement, elle n’a pas cru en nous. J’ai eu beau essayé de la raisonner, de la reconquérir, elle en avait décidé autrement. Un jour pluvieux alors que je venais chez elle pour essayer encore et encore de ressouder les morceaux, la porte fut définitivement close, elle avait déménagé ailleurs, loin, sans laisser d’adresse.

Je suis sur mon ordinateur en train de rédiger cette petite annonce. Trois mois se sont écoulés depuis. Rien, aucune trace d’elle sauf une ultime lettre postée la veille de son départ. Une seule phrase dedans : « N’essaye pas de me retrouver, merci ».

Rien d’autre.

Je pense qu’elle est partie dans le sud, en bas, tout en bas. Mais ça n’y changera rien. Maintenant que j’y vois un peu plus clair, jamais elle n’acceptera de vivre avec quelqu’un, elle se croit marquée par le destin, la malchance, par l’atavisme de ses grands-parents. Moi, je ne crois pas au destin ; elle si, trop même.

J’ai un gros coup de blues en pensant à tout ça, alors je préfère me consacrer à ma petite annonce sur un site de rencontre. Je sais que, plus jamais, elle ne sera à moi. C’est fini, fin de cette belle histoire. Un immense gâchis. Mais je dois continuer sans elle et j’ai décidé de soigner le mal par le mal, de m’étourdir dans d’autres bras, d’oublier sa peau, ses mains câlines, sa douce voix, ses battements de cils qui me chaviraient. D’oublier son corps charnel, l’amour que nous faisions ensemble si passionnément et longuement. Oublier pour mieux redécouvrir chez d’autres femmes.

L’écran vide de mon ordinateur attend ma prose. Comment me décrire, comme me présenter, me vendre à d’autres femmes qui voudraient bien de moi ? L’exercice est périlleux. Trop, et je passe pour un sale type en manque, un obsédé pervers ; pas assez, et je loupe ma cible…
Je sais, c’est un peu cynique, mais autant faire le bonheur d’une autre femme en même temps que le mien, plutôt que de végéter là, pleurant sur mon sort. Malgré tout, je ne suis pas dégoûté d’être amoureux, c’est vital pour moi, je le ressens au fond de moi, j’adore aimer une femme qui m’aime, la câliner, la protéger, vivre avec elle et bâtir un avenir en commun.
D’autres trouveront ça banal : qu’ils n’en dégoûtent pas ceux qui y croient !

Homme, 40 ans, grand amoureux, recherche femme passionnée pour la câliner, la protéger et bâtir un avenir heureux.

Ça, c’est lapidaire mais ça résume bien. De toute façon, il me faut un titre. Tranche d’âge de la dame… entre 30 et 40. Physique de la dame ? Personnellement, je m’en fiche un peu, du moment qu’elle me plaise et que tout aille bien entre nous. Bon, il est vrai que j’ai une attirance pour les petites brunes ou rousses rondouillettes, mais il y a déjà eu deux exceptions dans ma vie amoureuse depuis maintenant 25 ans ! C’est vrai qu’une mignonne petite rondouillette, c’est bien, très bien, d’autant que je suis un gros tactile et que j’aime balader mes mains partout. Je suis un obsédé de la chair fraîche, me disait une de mes précédentes conquêtes avant qu’elle ne soit séduite par son directeur. D’ailleurs, j’ai même été invité au mariage…
Ah, ces petites brunes qui vous tiennent chaud sous la couette et au cœur, ces gros bébés qu’on adore dorloter ! Je m’égare…
Cheveux, yeux, ça fait décidément un peu… comment dire ? Laissons tomber.

Bon, il faut que je coche ce que j’aime, ce que je recherche. J’aime les ballades, les voyages, les arts, l’informatique, pas trop le cinéma. Je n’aime pas trop la télé ; le sport à la télé, encore moins ! Mais je pratique un peu, surtout ceux qui sont aquatiques. Je ne bois pas, je ne fume pas ; il paraît que c’est un bon point. Et je suis monogame. Bon, soit, un monogame à répétition. Tiens, il n’y a pas de coche pour ça !

Je remplis en vitesse le formulaire, je vérifie. Maintenant, le plus dur : comment me décrire ? Là, je sèche lamentablement. Que dire ? Tant pis, je me jette à l’eau !

Voilà, c’est fini. Une photo de moi pas trop ancienne, une où je suis sous mon meilleur jour. C’est vrai que je blanchis beaucoup ces derniers temps, mais ça ajoute à mon charme naturel ! Si je ne le dis pas, personne ne me le dira. Et puis, ça ne me va pas trop mal. Ah oui, mon salaire, ma tranche de salaire. Je ne roule pas sur l’or mais je ne suis pas non plus au SMIC. Au moins deux fois plus, ça aide pour s’offrir quelques sorties et autres voyages.

Une dernière vérification, oui, c’est bon. Je respire un grand coup et d’un clic décidé, j’envoie le formulaire. On verra bien ! Qui ne risque rien n’a rien !

Puis le temps passe…

Je consulte ci et là les messages. Je réponds. Je modifie parfois un mot ou deux dans ma fiche. J’ai maintenant trois photos qui me présentent. Une bonne semaine s’est écoulée.

Puis un jour, un message de Céline.

Qui est cette Céline ? Je consulte sa fiche en évitant de regarder ses photos afin de ne pas me faire influencer. J’aime sa prose, son humour. Ses goûts sont proches des miens. Puis quand je clique sur sa galerie pour la découvrir de visu, j’avoue que je suis agréablement surpris, surtout par la photo où elle pose en t-shirt long et qu’elle laisse découvrir ses rondeurs de rousse appétissante. Des yeux profonds, une bouche fine. Un visage rond, des cheveux en bataille assez longs, bref, elle me plait bien, cette Céline !

Je réponds, elle me répond. Tout doucement, nous faisons connaissance. Je ne suis pas trop pressé à présent, elle non plus. Un jour, j’ose l’appeler sur son portable, j’adore le son de sa voix. On se téléphone une fois, puis deux, puis tous les jours, maintenant. Pas forcément longtemps, mais pour se tenir au courant de l’autre et respecter notre pacte : tout se dire. Je ne sais plus très bien où j’en suis, je sais tout d’elle ou presque, elle sait tout de moi à 99%.

Une expo sur Rubens ouvre ses portes. Nous avons la même idée au téléphone, un long silence sur la ligne. Elle dit oui.

J’attends avec impatience ce jour, ému comme un collégien lors de son premier rendez-vous. Quand, de loin, je la vois arriver, je ne peux m’empêcher de songer aux tableaux remplies d’opulentes jeunes femmes charnelles que peignait Rubens, justement ceux que nous allons voir. J’imagine nos longues soirées d’hiver l’un contre l’autre, mes mains caressant sa chair nacrée sous les lueurs d’un feu de bois, nos étés, main dans la main dans les sous-bois moussus et tièdes. Je me passe la main dans les cheveux, je m’emballe de trop. Bien que… franchement, sa peau sur laquelle dansent les ombres et lumières d’un feu de bois… je ne dis absolument pas non ! Elle est à vingt mètres de moi, j’en profite pour graver son image souriante. Elle est décidément très bien, dynamique, ses cheveux roux flottent légèrement sous la brise qui traverse cette place immense. Quinze mètres, le balancement de ses hanches, ses jambes bien galbées, aux courbes amples. Dix mètres, ses seins voluptueux et lourds qui oscillent sous son pull, son ventre arrondi qui attend que ma tête se repose dessus. Cinq mètres, son regard un peu trouble, ses lèvres fines, ses joues rosies, son menton en pointe, tout comme son nez.

Je fais quoi ? Je reste gentleman ou je lui saute dessus ? J’opte pour la première solution, bien que la seconde me plaisait égoïstement plus. Avant que j’ouvre la bouche pour l’accueillir, elle me lance :

— Me voici, juste à l’heure ! C’est rare, hein !
— Bonjour, ma Céline. Je ne saurais t’en dire plus, puisque c’est notre premier rendez-vous ! Aurais-tu l’habitude d’arriver en retard pour tous tes nombreux rendez-vous de ta cohorte d’admirateurs ?

Elle pouffe :

— Ma cohorte, tu parles !
— Ce n’est pas ce que tu m’avais dit ?
— « Ma Céline »… C’est bien ça que tu as dit ?

Aie, j’ai pas fait gaffe !

— J’ai peut-être dû dire ça…
— C’est pas peut-être, c’est sûr. Je ne suis plus toute jeune, mais je ne suis pas sénile, loin de là !
— Alors tu as sûrement bien entendu.

Elle me dévisage puis répond, un peu tendue :

— Sûrement ? Peut-être…

Je profite du silence qui s’installe pour lui faire la bise. Visiblement, elle se détend. Nous gravissons les marches qui mènent au musée. Un long couloir, je ne sais pas trop quoi dire, elle non plus. Silencieusement, nous arrivons au guichet. Je demande deux billets juste avant qu’elle n’ouvre la bouche. Les bras croisés, elle ne dira rien. Nous entrons dans l’exposition, foulant un épais tapis rouge. C’est alors qu’elle se retourne vers moi, ses yeux lançant des éclairs :

— Pourquoi c’est toi qui as payé ?
— Parce que c’est moi qui t’ai invitée.
— Ah oui ? Et si je ne voulais pas ?
— Si ça te pose un problème, c’est toi qui payeras les cafés tout à l’heure.

Elle est plantée face à moi. Elle hésite sur la suite à donner.

Elle se détourne, consulte la plaquette qu’on nous a remise à l’entrée et déclare :

— On se la fait, cette expo ?
— Oui, bien sur.

Deux heures durant, nous passons de tableau en tableau, commentant certains, admirant d’autres. Nous discutons, nous bavardons comme si ça faisait des années et des années que nous nous connaissions, glissant de salle en salle, malmenant la plaquette, dissertant sur tout et rien.
Parfois, je me surprends à projeter son visage sur les opulentes naïades des tableaux, sur ces corps nacrés bien en chair qui marquent de leurs présences presque réelles les toiles immenses, sur ces déesses mythologiques bien trop tangibles.

C’est au sortir de la dernière salle que je m’aperçois que je la tiens par la taille. Elle aussi le constate. Un lourd silence s’installe entre nous, elle se raidit un peu, me lance un regard interrogateur. Moi, je tangiverse, j’hésite. En une fraction de seconde, je resonge à mes amours passées, à mes regrets, à toutes ces choses que j’aurais voulues, à celles que je n’ai pas faites, à la seule vie que j’ai à vivre sur cette terre. Alors, je l’embrasse.

Je pose un doux baiser sur ses lèvres fines. Elle se laisse faire, mais n’amorce aucun mouvement. Je m’enhardis, capture délicatement ses lèvres, mes mains autour de sa taille. Je sens son corps chaud près de moi, ses lèvres tièdes sur les miennes. Je me fais plus pressant, sa bouche s’entrouvre. Nos lèvres se rivent, nos corps se plaquent, nos langues se cherchent. Elle m’explore, je la désire. Mes mains glissent sous son pull, caressant sa peau douce et chaude, je me glisse jusqu’à son cou, plongeant mes doigts dans ses boucles rousses. Nous nous laissons aller à nous découvrir, à ressentir cette grande excitation du désir, notre mutuelle découverte, notre besoin de l’autre.

Peu après, enlacés l’un contre l’autre, nous nous dirigeons vers un salon de thé, nous dévorant les lèvres comme deux collégiens lors de leurs premières fois.

— Je me suis franchement demandée ce qui allait arriver lors de notre rencontre, dit-elle en serrant sa tasse entre ses doigts.
— Pour tout t’avouer, moi aussi.

Elle se contente de sourire puis regarde par la fenêtre.

— Je me demande si…
— Si quoi ?
— Si, nous deux, ça vaut le coup d’essayer.

Je fronce des sourcils :

— Et pourquoi donc ?
— J’ai peur d’être déçue…
— Si tu n’essayes pas, tu ne sauras pas. De plus, moi aussi, je pourrais me poser la même question !
— Oui mais toi, tu es plus cool que moi à ce sujet. Moi, quand j’aime, je suis entière !
— C’est ça et moi, je suis aux deux tiers ou aux trois quarts ?

Elle pouffe :

— Imbécile, va !
— Merci du compliment !

Je bois ma tasse, elle en fait de même.

Nous nous sommes revus presque tous les jours. Ça va faire deux semaines maintenant depuis la visite au musée. Quand elle me demande « pourquoi moi », je lui réponds que j’adore les peintures de Rubens et que j’ai la chance d’avoir un original vivant près de moi. Elle se contente de sourire et de se laisser câliner ou embrasser.

Parfois, je me pose des questions sur son attitude un peu passive, sur son espèce de résignation et je m’inquiète, car la précédente femme que j’ai aimée et qui m’a quitté avait un peu le même style de comportement. Puis je me dis que l’histoire ne bégaye pas.

Nous sommes chez elle, nous venons de revenir du cinéma. Le film n’était pas génial ; une fois de plus, les critiques ont copiné envers les grands acteurs qui jouaient, pardon, qui surjouaient dedans. L’important est que je sois avec elle.
La cafetière achève son cycle. Nous discutons un peu de tout.

— Sers-nous deux tasses, j’ai un truc à faire en haut, me dit-elle en quittant la pièce.
— Ok, grande ou petite, ta tasse ?
— Moyenne !

C’est très fin comme réponse ! Je vais vers le canapé, posant les deux tasses sur la table basse, comme c’est devenu notre habitude quand je vais chez elle. Chez moi, il en est de même, le même rituel du canapé-café.
Je m’installe, les deux tasses fument, j’attrape le programme télé pour jeter un coup d’œil distrait sur les pages d’information du début. Rien que de la presse people… et encore ! Des inconnus devenus, soi-disant, stars parce qu’ils sont passés à la télé, jetés en pâture à un public avide.
Je l’entends qui descend. Je pose le journal et j’attends qu’elle s’encadre à la porte du salon. Elle est vêtue d’un peignoir rouge en soie, ses cheveux roux en harmonie avec le tissu chatoyant. J’entrevoie la courbe d’une jambe dans l’entrebâillement de sa tenue légère.

J’ouvre de grands yeux, j’apprécie fort cette vision. Quand elle s’assied à l’autre bout du canapé et qu’elle se penche pour attraper sa tasse, je distingue parfaitement sa poitrine offerte aux courbes lourdes entre le V échancré du haut de son peignoir scintillant sous les spots du salon. Sans dire un mot, elle boit sa tasse, moi, je la regarde, savourant ce qu’elle m’offre.

Elle pose d’un geste négligé sa tasse sur la table basse. Je n’ai pas touché à la mienne. L’air est comme électrique, suspendu.

D’un bond, elle se colle à moi, prenant ma tête entre ses mains et m’embrasse fougueusement. Je ne reste pas longtemps de marbre, je l’enlace, sentant distinctement sa peau sous mes doigts avides à travers la soie fine. Ça me fait tout drôle de sentir la double sensation douce de la soie et de sa peau, ça décuple au passage mon envie d’elle, de ces quinze jours à la côtoyer sans franchir le pas, sans parler des semaines, des mois d’avant. De plus, comme c’est elle qui a ouvert le bal, autant danser la valse jusqu’au bout. Une de mes mains descend vers ses cuisses, j’ai hâte de les posséder, d’en épouser les formes pleines. Mes doigts s’accaparent de sa chair nue, de ses courbes rebondies. Ma paume s’étale sur sa cuisse fraîche afin de la couvrir le plus possible, elle remonte ensuite vers sa hanche douce avant de frôler le creux de sa chute de reins. Mon autre main enlace sa taille plus fort tandis que nos bouches fusionnent, nos langues emmêlées.

De son côté, Céline ne reste pas inactive, ses mains plongent dans mes cheveux courts, dans ma nuque, mon dos qu’elles griffent furtivement. Ses doigts virevoltent sur mon corps, le haut de ma chemise se déboutonne tandis que ses seins lourds frôlent et agacent ma poitrine de leurs pointes. J’ai l’envie folle de fusionner en elle, de la dévorer.

Je caresse avidement la courbe de sa fesse, son galbe si tentateur, je descends à l’orée d’une touffe que je devine drue, d’un sexe que je pressens moite. D’un bout d’un doigt, je farfouille dans les fils soyeux, palpant furtivement des reliefs interdits puis d’un geste décidé, tout en ayant ma paume plaquée sur sa fesse ronde, mon index s’investit dans le sillon de ses fesses, de l’orée de son sexe à son petit rond tabou. Céline se cabre sous cette caresse interdite. Nos bouches fusionnent encore plus, son peignoir est définitivement ouvert laissant passer deux seins ronds qui se plaquent sur ma chemise dépoitraillée. La toison de mon thorax accueille ses tétons érigés qui râpent sur ma peau devenue ultra sensible. Je me sens partir, emporté par un tourbillon que je croyais à jamais disparu de mes sens.

Je n’ai pas bien compris ce qui s’est passé entre-temps, mais me voici sans chemise, ma ceinture est défaite, le bouton de mon pantalon aussi. Son peignoir est totalement ouvert sur sa poitrine que je dévore à présent, sur son ventre rond sur lequel j’ai laissé aller mes lèvres et mes mains, sur sa touffe rousse que je n’ose pas encore aller vénérer. Sa main caresse le bas de mon ventre, derrière l’ouverture de mon pantalon, à l’orée du caleçon tendu par mon sexe érigé. J’aimerais bien qu’elle descende plus bas, qu’elle me saisisse la tige, qu’elle la palpe, qu’elle la possède, qu’elle la serre, que je sente ses doigts chauds et excitants sur ma verge turgescente.
Mon attente ne sera pas longue. D’un geste lent et délicieux, elle s’empare de ma tige et amorce un imperceptible mouvement de va-et-vient. C’est le signal que j’attendais pour aller en faire de même dans sa toison rousse. Posément, mes doigts s’emparent de ses reliefs tandis que mon major s’insinue dans sa fente à la recherche de sa moiteur et d’un relief sensible niché sous un repli que je localise vite. Quand mon doigt frôle son clitoris sensible, un faible gémissement se fait entendre quand elle quitte ma bouche pour venir m’embrasser dans le cou. Délicatement mais fermement, je décide de continuer cette douce torture sur son sexe humide.

Mon sexe entre ses doigts, le sien entre les miens, nos corps s’agitent de plus en plus, parcourus de petits spasmes, nos peaux collées l’une à l’autre, nos bouches avides de senteurs. Je ne sais plus où donner des lèvres entre son cou, son épaule, ses seins, son ventre. Mon autre main capture fébrilement un sein replet et le presse avidement pour en sentir toute la masse. Ma bouche aspire gloutonnement son téton que je suce sans retenue, le mordillant parfois, tel un sale garnement.

Je me laisse sombrer, je suis si bien ainsi, à l’avoir à moi, contre moi, pour moi. Sa main chaude sur mon sexe, ce doux mouvement qu’elle lui imprime, mes doigts voraces dans la tiédeur moite de son sexe. Ses seins lourds contre ma bouche insatiable. Son corps puissant dans mes bras, une ode charnelle que je joue en m’abandonnant totalement.

— On ne peut pas rester là… Dit-elle dans un souffle.

Elle s’arrache à mon étreinte, tandis que j’essaye de la retenir. Elle m’agrippe par ma chemise béante et me force à la suivre. Je ne réalise pas bien, tant que je suis dans tous mes états. Un lit, sa chambre. Avec fureur, elle a lancé ses vêtements à travers la pièce, m’apparaissant totalement nue, sublime de courbes. Mes habits suivent le même chemin, puis elle se jette sur moi, me faisant valdinguer dans le lit sans aucun égard. J’ai déjà été désiré avidement, mais cette fois-ci, c’est le summum et je n’en suis pas peu fier !

Elle me couvre de baisers, je réponds de même, sa main a ressaisi ma tige toute dure, ses seins s’aplatissent contre ma peau, son ventre se presse contre le mien, nos chairs fusionnent. Pour ne pas être en reste, mes doigts retournent vers son antre velu, cherchant cette mystérieuse protubérance qui s’y cache.
Mon sexe est malmené, tant elle le désire ; il se plie sur son étreinte, fléchit sous son mouvement du poignet, broyé sous ses doigts affamés. D’un coup, elle s’écarte de moi, puis plonge ma tige dans sa bouche brûlante. Je tressaillis sous le choc, un élancement d’enfer parcourt mon corps tandis qu’elle me suce voluptueusement. J’en ai des points lumineux devant les yeux, tellement c’est bon, divin même. Elle lève les yeux vers moi, nos regards s’accrochent, une lueur coquine et satisfaite brille. Elle sait qu’elle me fait un effet terrible et compte bien poursuivre sa torture. Sa langue enrobe mon gland lascivement, cherchant ses moindres recoins. Mes doigts agrippent le drap, mon cœur s’emballe. Je ne suis pourtant pas cardiaque, mais j’ai l’impression de mourir sur place. Ma bouche voudrait dire « arrête », mes bras voudraient la repousser mais je suis tellement tendu que je ne peux plus faire un geste pour me défendre.

Je tressaille, mes membres sont agités de tremblements, je serre les dents, tandis que mon sexe plonge plus loin encore dans sa bouche. Je croyais avoir atteint les limites, mais je m’aperçois qu’il y a pire encore. Je voudrais jaillir, me libérer, lui en mettre partout dans sa bouche afin de retomber vidé, mou mais délivré mais je ne peux pas. Je ne comprends pas, je risque un œil vers Céline qui s’active au bas de mon ventre. C’est alors que je comprends, elle presse de son pouce la base de ma tige. Les sensations qu’elle me procure lors de cette fellation d’enfer sont si fortes que je ne m’en rendais pas compte. Et elle n’est pas prête de lâcher prise. Alors je repose ma tête, comme vaincu.

A moitié ailleurs, je sens qu’elle ralentit sa torture. Puis sa bouche ardente quitte mon sexe martyrisé qui reste obstinément dressé comme un i vers le plafond. Sans cesser de pincer en tenailles la base de ma verge, Céline remonte vers moi et m’embrasse sans retenue, mélangeant sa salive à la mienne avec la saveur de mon sexe.

Je reviens peu à peu à moi, je récupère petit à petit.

Céline me lâche, roulant sur le côté. Je m’assieds sur le bord du lit pour reprendre tout à fait mes esprits, tout en lui caressant la jambe. Ce n’est pas la première fois qu’une femme me suce, j’adore ça, il est vrai, mais comme celle que je viens de subir, ça, jamais ! Franchement, j’ai cru un court instant que j’allais y passer ! J’avoue, qu’après coup, que c’est effroyablement bon !

Je me lève, un peu chancelant, un peu d’air frais me fait du bien. J’entends un feulement derrière moi. Ça va mieux, je suis toujours tendu à mort, mais ça va nettement mieux ! Je me retourne alors vers elle.

Elle est là, étendue sur le ventre, jambes écartées, comme prête au sacrifice. Son dos accueillant m’appelle, ses fesses rebondies me crient « viens ». Alors je viens, je me couche sur elle, sexe dardé, je me vautre sur sa chair tandis que ma tige cherche un passage entre ses fesses dodues. Mon gland cogne dans une masse velue qui le caresse douloureusement. Je me frotte à elle voracement, évitant de l’écraser sous mon poids. Je goûte sa peau, mes poils sur son cul confortable, mon ventre au creux de ses reins. Je sens que je suis près du but, de l’endroit convoité, mon sexe découvre une vallée moite. N’y tenant plus, me sentant dans l’axe, je donne un coup de reins pour plonger en elle. Un soubresaut, une faible résistance, et je suis complètement en elle, au fond de son vagin détrempé. Je rugis de plaisir, je me laisse aller, je rentre et sors, je la veux, je veux tout d’elle, je veux la limer, l’épuiser, m’épuiser, exulter en elle pour ensuite me vautrer, repus, vidé, sur son corps grassouillet.

Furieusement, je la pistonne tandis qu’elle accompagne mes attaques de son cul dandine sous mes assauts et ses mouvements. Elle gémit, darde plus encore ses fesses vers moi, vers mon sexe qui fouille outrageusement en elle. Souvent, quand je plonge en elle, je sens le bout de ses doigts qui la masturbent frénétiquement sur mes testicules ballants. Ses cris s’accélèrent, je n’y tiens plus, je veux jouir dans ce corps, me vider en elle, la remplir.

Plaqué sur son dos moite, je capture sans égard un sein alangui tandis que mon bras glisse sous l’oreiller, sous sa tête. Je plonge mes lèvres dans son cou que je mordille avidement. Dans un ultime et puissant sursaut, je plonge en elle, au plus profond, j’explose, je me libère, je me vide, mes dents contre sa peau, mes doigts dans la chair d’un sein que je martyrise. J’entends comme dans un épais brouillard ses cris rauques qui se mélangent aux miens. Je la possède, elle est à moi, je me laisse aller à ma folie possessive, je me sens merveilleusement bien, égoïste, repu. Je sombre dans la béatitude, une douce torpeur reposante…

Nous sommes tous les deux étendus sur le dos, nos membres emmêlés, satisfaits.

— Tu n’as pas fait dans le détail, dit-elle.
— Tu me fais trop d’effet !!
— J’ai vu, merci ! Je sais bien que je ne suis pas du cristal ou de la porcelaine fine, mais je ne suis pas incassable !
— Excuse-moi, mais quand je me laisse aller, j’y vais de bon cœur !
— Je sais.

Et elle m’embrasse sur les lèvres, puis me mord assez férocement :

— Nous sommes quittes ainsi !
— T’y vas pas de main morte non plus, toi !
— Nan, de dent morte. Chacun son tour !!

Je râle un peu pour la forme :

— Et puis tout à l’heure… Waow !!
— Ah bon ?
— Je me suis vu avec une auréole et deux petites ailes dans le dos !
— J’aurais plutôt vu deux cornes sur la tête et une looooongue queue pointue ! Miam !
— Attends un peu que je t’explique deux ou trois petits trucs pointus !!!

Nous passons le reste de la nuit à nous aimer avidement. En définitif, elle aime bien ma fougue, le fait de se sentir possédée et désirée si voracement. De plus, elle n’a rien à m’envier sur ce sujet, puisque qu’elle se montre très possessive, les griffes sur mon dos en témoignent…

Et, depuis cette première nuit prodigieuse, en témoignent encore presque tous les jours…

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