Une délicieuse idiote

Je refermai doucement le petit carnet avec un sourire admiratif teinté d’incrédulité.

C’était un petit carnet de note lambda comme il en existe des milliers.
La couverture en était passée, froissée par l’usage.
Il n’aurait jamais attiré mon attention si je ne l’avais pas trouvé à un endroit aussi incongru.
Et je ne l’aurais de toute façon jamais trouvé si je ne m’étais pas mis en tête de réparer cette foutue chasse d’eau.

Mais j’étais encore sur le cul de ce que j’y avais découvert…

UN AN PLUS TOT

Je peux me targuer d’être un bon conducteur ; aucun accrochage à mes dépends depuis que j’ai mon permis malgré des dizaines de milliers de kilomètres à mon actif.
Pourtant, j’ai un petit défaut : J’ai tendance à aller un peu vite à l’approche des ronds-points, anticipant à l’extrême la sortie des véhicules qui y sont.
Jusqu’alors, cela ne m’avait jamais été préjudiciable malgré quelques freinages en urgence.
Mais ce jour là, peut-être une erreur d’inattention…
En plus, en ce mardi de juillet, je n’étais même pas spécialement pressé, c’était juste la force de l’habitude qui m’avait fait anticiper la sortie de la petite Panda en direction de l’Avenue des Alliés.

Mais elle a continué sur sa trajectoire tournante alors que j’étais déjà engagé… L’accrochage était inévitable. A travers les vitres, j’ai entraperçu la conductrice ouvrir de grands yeux. Elle a à peine eu le temps de freiner.
Un accrochage heureusement à basse vitesse, un accrochage dont j’étais responsable à 100%.

En descendant de ma voiture, je m’attendais à me faire traiter de tous les noms par la conductrice de l’autre véhicule… Et il y avait de quoi !
A première vue, si mon Audi A7 n’avait que peu souffert de l’impact, juste l’aile gauche un peu enfoncée, on ne pouvait pas en dire autant de la poubelle jaunasse qui s’y était encastrée.
Le capot était plié et le pare-choc ne semblait plus tenir que par l’opération du Saint-Esprit.
Quelques volutes de vapeur s’échappaient même du devant, indiquant que le radiateur en avait un coup.

Je fourbissais déjà mentalement les maigres arguments qui pourraient atténuer ma faute : Elle allait un peu vite, quand-même ! Et elle n’avait pas mis son clignotant !

Mais au lieu d’une nana furibonde, j’ai vu débouler une jeune femme complètement affolée :
« – Oh je suis désolée ! J’vous ai pas vu ! Vous n’êtes pas blessé au moins ? Excusez-moi ! Je suis vraiment désolée ! Oh mon Dieu qu’est-ce que j’ai fait ! »
Décontenancé, j’ai répondu un vague « Non, non, ça va. »

Non contente d’être mignonne comme un cœur, la petite blonde se croyait manifestement responsable de l’accident.
Trop heureux de sa méprise, je n’allais pas la contredire !

Comme elle continuait à se confondre en excuses, j’affectai un air amène et compréhensif.
« – Ecoutez, ce n’est pas si grave, on va juste aller se garer un peu plus loin afin de dégager la circulation et on va rédiger le constat à l’amiable, si vous le voulez bien. »
« – Oui ! Oui ! Bien sûr ! Tout de suite ! »

Nous nous sommes garés sur un parking non loin.
Sur le chemin elle cala par trois fois sans que je puisse déterminer si c’était à cause de son état de choc ou si c’était sa voiture qui montrait des signes évidents de fin de vie.

Une fois sur place, je sortis le formulaire du constat amiable qui dormait dans la boite à gants depuis belle lurette.
Il faisait un temps radieux, nous allions pouvoir le remplir dehors, sur le capot.

La jeune conductrice n’était visiblement pas encore remise de ses émotions.
Alors qu’elle fouillait fébrilement dans son sac à main à la recherche de ses papiers, j’eus le temps de la détailler un peu.
Environ 25 ans, pas très grande, les yeux bleus, les cheveux longs d’un blond manifestement naturel, peu ou pas maquillée, elle était vraiment bien roulée.
Chaussée de nu-pieds à lanières, elle ne portait en tout et pour tout qu’une petite robe bain de soleil jaune orangé qui lui arrivait à mi-cuisses et qui laissait à découvert une paire de gambettes bronzées tout à fait appétissantes.
Oui, pas à dire, un beau brin de fille !

Elle avait repris sa litanie d’excuses.
« – Je suis vraiment désolée, je vous gâche votre après-midi. »
« – C’est pas si grave, allons-y, remplissons ce formulaire. »

Je me suis mis à remplir la partie qui me concernait tout en réfléchissant à la manière de tourner les choses à mon avantage pour l’assurance.
Il suffisait de faire en sorte que, sur le schéma, le rond-point se transforme en courbe et le tour était joué : La priorité changeait de sens et c’était elle la fautive.

Même si devant son affolement, je commençais à avoir mauvaise confiance de la laisser s’enferrer dans son erreur de jugement, je n’allais quand-même pas endosser la responsabilité qui m’incombait. C’eut été trop con. C’était déjà inespéré d’être tombé sur cette naïve petite bombinette.
Je ne me sentais pas une âme d’un salopard mais il y a une limite à l’altruisme !

Pourtant, je la voyais à la limite de craquer.
Tout en écrivant ma version, je l’entendais se morigéner :
« – Je suis vraiment trop tête en l’air ! En plus, si ça se trouve la bagnole est foutue. Tony va me tuer ! »
J’imaginais que le Tony en question était le petit ami de la demoiselle et si, comme l’état de la voiture le présageait, le couple ne roulait pas sur l’or, effectivement « Tony » ne serait pas très content.
« – Vous êtes assurés tous risques au moins ? »
« – J’en sais rien ! »
En même temps, vu l’état général de l’épave, c’était peu probable. Du coup, je me fis l’effet d’être un vrai salaud… Mais le sentiment passa vite.

Ce fut à son tour de s’y coller.
Nom : Mansot
Prénom : Mélodie
Hmm ! Un prénom aussi charmant que son minois !

Elle tremblait tellement que je me demandais si ça allait être lisible.
Je l’espérais quand-même secrètement car s’il avait fallu tout recommencer à tête froide, une fois qu’elle aurait reçu les conseils avisés de son Jules, pas sûr que je pourrais m’en tirer à si bon compte.

Mais alors que je surveillais discrètement par-dessus son épaule ce qu’elle inscrivait, mon regard fut attiré par un élément autrement plus intéressant que ses pates de mouches sur le papier autocopiant…

Tandis que penchée sur son ouvrage, elle remettait nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille, par l’échancrure de son décolleté je venais d’apercevoir inopinément deux petits seins pointus libres de tout soutien, deux ravissants petits nénés blancs qui se balançaient doucement au rythme de l’écriture saccadée de leur propriétaire.
Absolument adorable !

Modifiant légèrement ma position pour avoir une vue la plus dégagée possible sur ce bonus d’autant plus charmant qu’il était inattendu, je ne me suis plus du tout occupé de suivre ce que la belle écrivait.
Mon regard était maintenant totalement focalisé sur les deux beautés et leurs pointes roses dont les tétons effleuraient délicatement l’intérieur de la robe.
Ils avaient l’air si doux, si bons qu’un frisson m’embrasa l’entrejambe. Je fus pris d’une pulsion soudaine. L’envie irrépressible de les prendre dans ma main, de les caresser, de les pétrir, de les embrasser, de les sucer !
Ca m’en donnait presque le tournis !

Heureusement, une interjection me ramena sur terre :
« – Oh mince ! Décidément, c’est pas mon jour ! Je crois que j’ai cassé votre stylo ! Je suis navrée ! »
Arrachant à regret mon regard de son décolleté, je tentai de cacher mon trouble.
En voyant l’état dans lequel elle avait mis la mine de mon Fischer, je me suis demandé ce qu’elle avait bien pu faire avec.
Mais, à ce moment, j’avais été accaparé par tout autre chose que la manière ton elle utilisait mon stylo bille.
Je grommelai : « – Bah, c’est pas grave non plus, ce n’est qu’un stylo. Par contre je n’en n’ai pas d’autre (hors de question qu’elle me massacre mes « Mont-Blanc » !). Vous en avez, vous ? »

Elle fouilla encore un peu, en proie à un trouble quasi panique.
« – Nnon ! Je n’en ai pas. » Bredouilla-t-elle « Comment va-t-on faire ? ».

J’allais me résoudre à retrouver comme par miracle un de mes stylos à 1000 euros la bête lorsqu’elle suggéra avec un soulagement évident :
« – J’habite tout près ! » S’exclama-t-elle avec un geste vague vers le bout de l’avenue « on peut terminer ça chez moi… En plus, ça me permettra de vous offrir un café pour me faire – un peu – pardonner. »

En temps normal, j’aurais décliné l’offre. Même si je n’avais rien de spécial de prévu, j’avais déjà perdu trop de temps pour aller en gaspiller à boire un café à tout coup fadasse qu’une écervelée m’offrirait dans un verre en Pirex.

Toutefois, elle semblait si fière de sa « présence d’esprit » et si désireuse de se faire pardonner que je n’eus pas le cœur de refuser.
Certes, je devais aussi admettre que rester encore quelques temps en compagnie de cette jolie gourde satisferait mon regard voyeur.
Qui sait, avec un peu de chance, j’allai peut-être encore pouvoir mater ses superbes petits nichons !
Alors j’ai dis banco.

« – Chouette ! » Fit-elle avec un entrain attendrissant.

***

Je ne sais pas par quel miracle son tas de ferraille réussit à redémarrer et à parcourir le demi-kilomètre qui nous séparait de l’immeuble bourgeois devant lequel elle se gara.

« – C’est au dernier étage » me précisa-t-elle en ouvrant la porte « l’ascenseur monte au cinquième et il faut faire les deux derniers étages à pied. »
Par devers moi, je m’en doutais.

Elle me précéda dans l’escalier.
Je savais que la bienséance aurait voulu que je garde les yeux fixés sur les marches mais à ce moment là, la bienséance, je m’en moquais comme de l’an 40 !
La paire de jambe qui montait devant moi était bien trop séduisante et l’ignorer eut été un véritable crime.
Mon seul regret fut la relative pénombre du lieu.
Avec un peu plus de luminosité, j’aurai sans doute eu un bien beau point de vue en contre plongée sur un entre cuisse des plus alléchant !

Elle me laissa entrer accompagné du sempiternel « Faites pas attention au désordre ! »

Mais de désordre il n’y avait point.
Composé d’une pièce unique avec kitchenette, l’appartement était bien rangé.
En même temps, il était si petit qu’on ne pouvait pas vraiment voir où on aurait pu laisser la place au bazar.
C’était manifestement deux chambres de bonnes qui avaient été réunies à une certaine époque pour constituer un appartement sous les combles qu’un bailleur peu scrupuleux louait sans doute à un prix exorbitant rapporté à la faible surface habitable.

Le mobilier spartiate semblait venir intégralement d’une même enseigne discount.
Au fond, une porte entrouverte laissait apparaître un minuscule cabinet de toilette – wc.

Comme la voiture, ça ne respirait pas la richesse et je me trouvais un peu déplacé dans ce logement de smicards avec mon costume sur mesures et mes pompes à 2000 €. Rien que ma montre pourrait assurément leur payer un an de loyer !

Du coup, une deuxième vague de culpabilité m’envahit.
N’en avais-je pas fait un peu trop ?
Bah ! Etait-ce vraiment mon problème ?
Après tout, je n’avais pas volé mon argent. J’avais même travaillé dur pour le gagner. Je n’avais pas à en avoir honte.
Et si cette petite sotte était assez cruche pour se laisser avoir c’était que, quelque part, ça devait être dans l’ordre des choses. Les faibles se font toujours bouffer par les forts.

« – Ne restez pas debout. Asseyez-vous » Dit-elle en m’indiquant une des deux chaises rudimentaires autour d’une table en mélaminé qui avait sans doute connu des jours meilleurs. « Je nous prépare ce café et on pourra finir de remplir ce foutu papier ! »

Un des murs était occupé par un canapé « clic-clac » qui devait servir de lit le soir venu.
Au dessus, un portrait montrait un couple d’amoureux souriants, photographiés dans un parc d’attractions. A côté de la jolie Mélodie, le jeune homme en imposait, une véritable armoire à glace : Au moins 1m90, un visage rond aux cheveux coupés très courts, un cou de taureau, un poitrail moulé dans un T-shirt blanc sculptant des masses musculaires semblant vouloir s’échapper de partout et des biceps comme mes cuisses !
Oui, sans hésitation un beau bébé !

« – C’est votre compagnon ? » Demandai-je pour meubler la conversation ?
« – Oui, c’est mon Tony. Il est balèze, hein ? »
« – C’est le moins que l’on puisse dire ! »
« – Quand je pense à la vie qu’il va me faire quand il va apprendre que j’ai cassé la voiture ! Déjà qu’on a du mal à joindre les deux bouts et à payer le loyer ! »
C’était sûr que ce ne n’était pas le genre de gars dont il fallait s’attirer les foudres…
« – Qu’est-ce qu’il fait dans la vie ? » Demandai-je pour la distraire de ses inquiétudes.
« – Il est videur dans une boite de nuit… »
Vous m’en direz tant !
« … normalement, dans la journée il est ici mais depuis quelque temps, il a trouvé un petit boulot d’appoint le mardi. C’est pas évident de gérer deux boulots en même temps mais ça met du beurre dans les épinards et par les temps qui courent, ce n’est pas du superflu… Du même coup, c’est pour ça que vous ne pourrez pas le voir aujourd’hui. »

Personnellement, je ne pouvais que m’en réjouir !

« – Et vous, qu’est-ce que vous faites ? »
« – Oh moi, j’ai juste un contrat de quelques heures comme caissière à la superette du coin… Mais les heures de soirée, celles qui payent le plus ! Et comme ça je peux être avec mon homme le reste de la journée… Sauf le mardi. »

Tout en suivant la conversation d’une oreille distraite, je la suivais du regard. Elle me tournait le dos et je pouvais ainsi conclure, sans surprise, qu’elle avait le cul aussi bien fait que la poitrine.
Un petit bijou, cette gonzesse !

Depuis qu’elle avait retrouvé son petit univers, elle semblait avoir recouvré une relative sérénité. Elle était moins nerveuse, moins paniquée…

La poussive cafetière eut enfin terminé son office et la jeune femme pu nous servir… dans deux verres en Pirex !

« – Du sucre ? Du lait ? »
« – Du sucre s’il vous plait. »

Assise, elle but trois gorgées en serrant le verre des deux mains. Celles-ci accusaient encore un léger tremblement mais le café l’avait réconfortée. Elle s’autorisa un timide sourire ; le premier ; et il était magnifique.
Quittant ses jolies dents blanches, mon regard alla s’attarder un instant quelques centimètres plus bas, là où deux pointes tendaient le coton de la robe.
Finalement, à mon grand regret, je n’aurais pas eu l’occasion de revoir ses petits seins nus, pensai-je.

Et il fallait malgré tout revenir aux choses sérieuses.
« – Avez-vous trouvé un stylo ? » Lui demandai-je en montrant d’un signe de tête le formulaire posé sur la table entre nous.
« – Oh bien-sûr, excusez-moi, quelle étourdie je fais ! » S’écria-t-elle désolée en se levant précipitamment.

Je ne sais pas comment elle s’y prit.
Tout se passa si rapidement que je n’eus même pas le réflexe de m’écarter.
En se levant, elle voulut poser son verre, celui-ci lui échappa des mains et elle tenta de le rattraper mais dans sa précipitation ses doigts heurtèrent le rebord du récipient et le propulsèrent violemment sur la table.
Elle eut juste le temps d’émettre un petit cri d’effroi.
Le liquide brulant s’échappa du verre et décrivit une courbe parabolique dont la trajectoire coupait ma position.
« – Oh putain ! »

Il y en avait partout.
Sur la table, sur le constat amiable, sur ma chemise blanche, sur mon pantalon !
Seule ma cravate avait miraculeusement été épargnée.

« – Oh mon Dieu qu’est-ce que j’ai encore fait ! Oh excusez-moi, je suis désolée, si désolée ! Quelle maladroite ! Oh misère ! Pardon ! Pardon ! Pardon ! »

J’avoue que sur le coup, exaspéré par la maladresse de l’empotée et brulé par le café à travers ma chemise j’avais perdu une grande partie de ma patience et la capacité de prendre du recul.
J’ai préféré me taire plutôt que de lui dire ce que je pensais réellement.
Il y a des moments où la beauté n’excuse pas tout et cette petite conne commençait à me courir sur les nerfs.
A croire qu’elle avait bel et bien décidé de me ruiner l’après-midi !

Mais l’urgence était maintenant de me défaire du tissu trempé qui me brulait le torse.
Très vite, j’ai desserré mon nœud de cravate et j’ai retiré ma chemise tandis que la jeune femme éplorée ne savait plus quoi faire pour se faire pardonner.
Tremblante et affolée, elle s’évertuait à essuyer le formulaire du constat qui était bon à jeter à la poubelle. Elle essuyait aussi la table mais étalait le café plus qu’elle ne l’enlevait.
Une vraie panique !

Me voyant torse nu, elle me proposa dans un élan :
« – Laissez-moi laver votre chemise, je vais la laver, j’ai ce qu’il faut ! »
Bah, pourquoi pas. Je ne savais pas si elle était récupérable mais s’il fallait tenter quelque chose, c’était immédiatement ou jamais.

Elle mit de l’eau chaude à couler dans son évier et y trempa la chemise qu’elle saupoudra d’une dose généreuse de lessive.
« – Voilà, il faut laisser tremper un quart d’heure. » Me dit-elle (ou se dit-elle à elle-même, trouvant là une activité concrète et rassurante sur laquelle elle pouvait trouver une base de stabilité dans son univers bouleversé).

Se retournant vers moi, elle porta un regard horrifié sur mon pantalon.
« – Oh mon Dieu ! Votre pantalon aussi ! Vous voulez que je vous le lave aussi ? »
« – Non-non ! » La freinai-je d’un geste de la main « Ca ira, merci. »
« – Attendez, je vais vous essuyer ! »
Avant que je n’ais pu la contredire, elle avait empoigné un torchon et elle se jetait à genoux devant moi.
Sans sembler remarquer l’incongruité de la situation, elle se mit à frotter énergiquement mon pantalon au niveau du bas ventre, insistant sur les endroits où elle croyait voir des taches.
Evidemment, même si le geste n’avait rien de sensuel, me faire masser ainsi ne pouvait me laisser indifférent… surtout lorsqu’elle passait sur un endroit très précis de mon anatomie.
Là encore, elle ne sembla pas remarquer qu’une bosse s’y formait et elle continuait à frotter consciencieusement.
Je n’avais, du coup, plus tellement la volonté de l’arrêter.
Surtout que de ma position dominante, j’avais de nouveau une vue, certes moins dégagée mais tout aussi délicieuse, sur son aguicheuse poitrine…
Cette fois, malmenés par les mouvements énergiques de la jeune femme, ses petits seins se trémoussaient joyeusement ce qui ne contribuait par ailleurs pas à calmer la tension qui commençait à m’animer le caleçon.

Puis j’entendis un « Poc » et j’eus juste le temps d’apercevoir un élément noir voler à travers la pièce et atterrir sur le sol avant de rouler sous le canapé.
« – Oh mon Dieu ! Votre bouton ! »

C’était pas possible !
Jamais elle s’arrêtait, celle-là !
C’était une championne du monde de la gaffe ! Le pendant féminin d’un François Pignon survitaminé !
Je ne savais pas comment elle avait fait mais à force de frotter, elle avait réussi à arracher le bouton de mon pantalon et à l’envoyer valser sous le clic-clac.
Une championne du monde, je vous dis !

Une nouvelle fois désolée et retournée derechef aux 36ème dessous, elle s’était ruée aux pieds du meuble et y cherchait le bouton voltigeur.

Même si je ne goûtais que modérément ce nouveau contretemps, une belle compensation s’offrit alors à moi :
A genoux par terre, la tête penchée au ras du sol, elle tendait vers moi son magnifique postérieur et la mini robe me laissa découvrir une ravissante culotte blanche couvrant de façon très étroite, un entrejambe particulièrement engageant !
Même si je déplorais la présence de ce bout de coton qui me cachait son petit abricot, je ne pouvais qu’apprécier ce nouveau point de vue sur son intimité que l’ingénue s’évertuait à proposer à mon œil égrillard.

« – Là ! Le voilà ! »

Elle s’assit sur le canapé, le bouton à la main.
Cette fois, elle craqua. De petites larmes coulèrent sur ses joues.
« – Je suis vraiment nulle ! » Pleurnicha-t-elle. « Tout ce que je touche se transforme en catastrophe ! »
Sur se point, je ne pouvais réellement la contredire.
Toutefois, sa détresse me toucha.
« -Ecoutez. Ce n’est rien, ce n’est qu’un bouton. Vous avez du fil ? Vous savez coudre ? »
« – Oui » Répondit-elle faiblement en me regardant avec ses grands yeux bleus larmoyants

Et voilà comment du volant de mon Audi, je me suis retrouvé en caleçon dans cet appartement inconnu, une heure plus tard.

Vu l’état de nervosité dans lequel elle était, je ne savais pas si c’était une bonne idée de lui laisser recoudre mon bouton. Si elle continuait dans la même veine, je n’allais pas tarder à devoir l’emmener aux urgences, une aiguille plantée dans le doigt ou je ne sais où.

Comme elle était concentrée sur son ouvrage, je pouvais la contempler de tout mon soul.
Elle était vraiment très mignonne.
A tel point que je trouvais que c’était un véritable gâchis de laisser une telle beauté végéter ainsi dans une chambre de bonne au septième étage d’un immeuble de banlieue.

Je ne sais pas si c’était ma tenue particulièrement dépouillée ou si c’était autre chose mais des idées, des envies peu avouables me vinrent à l’esprit…
Des idées risquées mais terriblement tentantes…

Après tout, elle n’était pas très futée… je pouvais peut-être en tirer profit encore un peu…

Tout en cousant, elle continuait à renifler et à s’excuser de me demander pardon :
« – Je vous gâche toute votre journée, là. J’imagine qu’un monsieur comme vous, ça a autre chose à faire que d’attendre ici que son linge soit lavé et réparé. »
« – Je vous répète que ce n’est pas si important. Ne vous inquiétez pas. En revanche, c’est vrai que… »

« – Oui ? »

« – Non rien. »

« Si-si ! Dites-moi ! Si je peux vous faire plaisir pour me faire pardonner, j’en serais si contente ! »

Son désir de bien faire était touchant. Et justement, il s’agissait précisément de plaisir…

« – J’avoue que je suis un peu gêné… »
« – Pourquoi ça, »
« – Et bien vous voyez bien : je suis quasiment nu devant vous alors que vous êtes habillée… c’est un peu inconvenant… »
« – Oh oui, bien-sûr, je comprends, suis-je bête ! Si vous voulez, je peux vous prêter le peignoir de Tony. »
« – Non-non, ce n’est pas la peine. En plus il fait déjà bien trop chaud dans votre appartement sous les toits, non, je me disais plutôt… que si vous égalisiez les tenues, ça me gênerait moins. Je me sentirais moins seul et moins gauche. »

« – Oh… vous voulez dire que j’enlève ma robe ? »

Ah ! Tout compte fait elle n’était pas si conne.

« – Oui, après tout, vous me devez bien ça non ? »

Elle hésita un instant.
« – Oui, vous avez sans doute raison. »

Ah ben si ! Finalement, elle l’était bien.

Elle se leva et d’un geste timide, elle fit glisser sa robe par-dessus sa tête, offrant à mon regard une vue cette fois totalement dégagée sur ses petits seins tendus vers le haut, sur son ventre plat et ses hanches fines.
Un corps de rêve, vraiment !

Intimidée, elle baissa les yeux, se rassit rapidement et reprit son ouvrage de couture sans lever vers moi son visage empourpré.

C’était définitivement trop facile !

Cette étape n’était qu’un test et elle l’avait parfaitement réussi. Il ne restait plus qu’à porter l’estocade finale.
La petite oie blanche était prête pour le sacrifice ultime…

Je me suis avancé devant elle, encore assise… Juste devant elle.

« – Vous savez, puisque vous tenez tant à vous faire pardonner, je me dis qu’il y aurait bien un moyen pour cela… pour faire oublier tout ce que vous m’avez fait subir depuis le début de l’après-midi… »
Elle leva les yeux vers moi et dans son regard, je lus qu’elle avait parfaitement compris le message.
Alors j’ai baissé le haut de mon caleçon et je lui ai présenté ma verge tendue devant le visage.

Elle a eu un instant d’hésitation puis, sans rien dire, elle a posé ses doigts frais dessus et elle a ouvert la bouche…

***

C’était une divine suceuse.
Une affamée pourrais-je même dire !
En quelques va et vient sur ma hampe, elle m’avait déjà emmené loin, très loin, au bord de la jouissance.
Mais je ne voulais pas que sa bouche…

Alors je l’ai repoussée doucement…
Elle n’a opposé aucune résistance lorsque je lui ai descendu la culotte aux chevilles…
Ni quand je l’ai allongée sur le canapé…
Ni quand je lui ai écarté les jambes…
Ni quand je l’ai pénétrée d’un coup de rein conquérant…

Très vite, elle s’est mise à chanter une partition haute en couleur, faite de cris, de plaintes et de gémissements.
Elle aimait ça la petite coquine !
Et puisqu’elle aimait, j’allais lui en donner !
J’ai placé ses chevilles sur mes épaules et, arcbouté sur mes bras, je me suis mis à lui pilonner violemment sa petite chatte blonde, plongeant mon sexe au plus profonds de son intimité, faisant claquer mes bourses sur son charmant petit cul.

Dire que la donzelle appréciait serait un doux euphémisme.
Les genoux aux oreilles, elle hurlait littéralement à chaque puissante intromission, ses mains battaient l’air de façon erratique, parfois même, elle semblait proche de la syncope !

A ce rythme, il ne m’a pas fallu longtemps pour atteindre le paroxysme de la jouissance…
Dans un grondement de bête, je me suis lâché dans son petit antre chaud, le gratifiant d’une sacrée rasade de semence brulante… avant de m’écrouler lourdement.

Comme moi, elle mit un certain temps avant de pouvoir reprendre ses esprits.
Puis, s’arrachant doucement de mon étreinte, elle s’assit sur le bout du canapé, enfila sa robe mais négligea d’en faire autant avec sa culotte.

« – Il faut que je lave votre chemise » Dit-elle alors d’un ton neutre en se levant pour aller devant l’évier.
Comme si rien de spécial ne venait de se passer. Sans faire le moindre commentaire sur notre copulation enflammée.

Sans doute voulait-elle éviter d’épiloguer sur un épisode dérangeant.
Après tout, elle était en couple.

Savourant une délicieuse félicité post coïtale, je l’ai laissée faire. Je l’ai regardée s’affairer dans son coin cuisine… ou plutôt j’ai regardé son petit cul se trémousser tandis qu’elle s’activait sur les taches de café.
La savoir nue sous sa robe éveillait déjà en moi de nouveaux frétillements au niveau du bas ventre… surtout lorsque je décelai quelques coulées opalescentes qui descendaient le long de la surface interne de ses cuisses…

Alors je me suis levé à mon tour et je me suis approché dans son dos.
Je lui ai passé tendrement mes bras sur ses épaules et mes mains sont venus empaumer les deux petits nichons à travers la robe tandis qu’elle persévérait dans sa tâche.

Humant le délicat parfum de ses cheveux, je sentis ma verge reprendre un volume conséquent le long de ses reins…

Des seins doux et tendre dans les mains, une crinière blonde à renifler, un petit derrière frémissant contre ma queue…Il ne m’en fallait pas plus pour me donner envie d’un second round…

Décidément, cette nana avait le chic pour me redonner une dynamique que je n’avais plus connue depuis bien longtemps !

Ni une, ni deux, je ne lui ai pas donné le temps de contester mes envies.
J’ai glissé mon membre entre ses cuisses et trouvé sans problème le chemin déjà emprunté quelques minutes plus tôt.
Là encore, elle n’a pas protesté. Elle a juste émis un long soupir lorsque je suis entré entièrement en elle…
Le terrain était propice, bien lubrifié… trop peut-être…
Alors je me suis dégagé pour revenir presser quelques centimètres plus hauts…
Toujours pas d’objection… juste un cri étranglé lorsque mon gland a forcé le passage…

Son conduit rectal a subit un traitement identique à celui que j’avais imposé à sa minette quelques instants plus tôt.
Je ne lui ai pas fait de cadeau.
En même temps, si elle ne voulait pas, elle me l’aurait dit dès le début, non ?
Alors, cramponné à ses hanches, je l’ai labourée !
Les deux mains accrochées au rebord de l’évier, elle accusait mes élans à grand renfort de « han » enroués, de « ho » affolés, de « ha » essoufflés, sa tête bringuebalant sous les coups de boutoir.

Et lorsque je lançai la cavalcade finale, ses pieds ne touchaient plus terre… Ses hanches enserrées dans l’étau de mes mains, je la propulsais frénétiquement contre le pieu qui l’empalait.
Hors de contrôle, ses cris s’étaient mués en un gémissement continu et saccadé que j’accompagnai d’un râle retentissant.

Pour la deuxième fois de la journée, je l’ai honorée de ma jouissance, remplissant un second orifice qui, à mon humble avis, en avait déjà vu d’autres.

***

Elle n’a pas fait plus de commentaire après ce second assaut que lors du premier.

Cette fois, je lui ai dit de laisser tomber le lavage de ma chemise. C’était inutile.
J’ai téléphoné à mon tailleur habituel pour qu’il me livre à l’adresse indiquée un ensemble neuf.

En attendant, Mélodie semblait un peu ailleurs.
Se rendait-elle compte que je l’avais baisée, au sens propre comme au figuré ?

Je n’en savais rien mais gaulée comme une déesse, assez sotte et crédule, plutôt docile et foutrement bonne au pieu, cette gonzesse était la maitresse idéale !
En plus, elle avait un mec et n’avait donc que peu d’exigences et ne risquait pas d’empiéter sur ma vie personnelle.

Oui, à bien y réfléchir, j’avais bien envie d’y revenir… Une affaire comme ça, ça ne se laisse pas passer !
Et je n’avais pas pour habitude de laisser passer les bonnes affaires !

« – Mélodie ? »
« Oui ? »
« – J’ai envie que l’on se revoit. »
« – Moi aussi, Christian. »
« – Et Tony ? »
Elle eut un petit sourire en coin.
« – Il n’est jamais là le mardi… On ne lui dira pas… »

Quel ange !

Et là, tout d’un coup, toute ma culpabilité est revenue.
Non, je ne pouvais pas lui faire ça. Je n’étais pas un tel salaud !

J’ai regardé dans mon portefeuille et j’en ai sorti tout le liquide qui s’y trouvait, il y en avait à peu près pour 5000 euros.
Je lui ai tendu la liasse de billets :
« – Tenez, avec ça, je pense que Tony ne vous fera pas d’embêtement pour la voiture… Et ne vous inquiétez pas pour l’assurance, je m’en occupe. »

Elle a accepté sans faire de manière. C’était très bien comme ça.

Voila comment je me suis dégoté une petite maîtresse super bien roulée. Qui n’avait pas inventé le fil à couper le beurre, certes, mais gentille, aimante et avec le feu au cul.

Tous les mardis, de 14 à 16 heures j’allais donc sauter cette bombinette thermonucléaire dans des parties de sexe endiablées puis retournais tranquillement au boulot, les couilles rincées mais la tête dans les nuages.

Peu farouche, elle acceptait toutes mes propositions et s’y donnait sans réserve.
La plupart des positions du kamasoutra furent de nombreuses fois revisitées. Elle ne disait jamais non.

Elle acceptait mes petits cadeaux, aussi : Smartphone, montre, bijoux, vêtements et sous vêtements…
Comment elle justifiait tout cela auprès de son Tony ? Ca, ce n’était ni mon problème ni mon soucis. Elle se démerdait et visiblement, ça passait.
Comme quoi elle savait faire preuve d’intelligence, quand elle voulait.
A moins que le Tony en question soit encore plus « limité » qu’elle, ce qui, ma foi, n’était pas à exclure.

Tony était d’ailleurs, en fait, ma seule hantise.
Parfois, je frémissais d’effroi à l’idée de ce qui pourrait se passer si le balèze rentrait à l’improviste et me trouvait planté au plus profond du vagin de sa copine.
Brrr ! Un carnage !

C’est pourquoi en dehors du mardi, je me gardais bien de pointer mon nez dans la rue de la douce Mélodie.
Courageux mais pas téméraire, le Christian !

Au bout de presque trois mois, Mélodie m’annonça éplorée qu’on ne pourrait plus se revoir : Ils allaient déménager dans une banlieue plus éloignée. Ils n’y arrivaient plus, ils avaient quatre mois de loyer en retard et le propriétaire menaçait de les expulser.
Ils devaient partir, réduire leurs charges. D’autant qu’avec la distance, Tony ne pourrait plus bosser le mardi, ce ne serait plus rentable.

« – Pourquoi tu ne m’en as pas parlé plus tôt ? » Demandai-je affolé.
« – Je ne voulais pas t’embêter avec nos ennuis. T’as déjà été trop gentil avec moi. »
« – Mais voyons, fallait me le dire, j’aurais pu faire quelque chose ! Il s’élève à combien votre loyer ? »
« – 1200 euros… plus le retard de 4800. »

Je ne pouvais pas me séparer de ma petite sotte préférée, ce n’était tout simplement pas envisageable. Ma décision fut vite prise :
« – Je vous les paye ! »
« – Quoi ? »
« – L’arriéré et tout le reste, je vous paye le loyer… Tous les mois. »
« – Mais t’es fou ! C’est pas possible ! »
« – Mais si c’est possible, ce n’est même pas grand-chose pour moi, je t’assure ! »
Elle réfléchit…
« – Non, je refuse. »
« – Mais pourquoi ? »
« – Que tu me fasses des cadeaux, passe encore mais que tu me donnes de l’argent à chaque fois que tu viens ici, ça non. J’aurais vraiment l’impression d’être une pute ! »
« – Mais non ! Qu’est-ce que tu racontes ? Ca n’a rien à voir ! D’abord, je ne donnerai pas d’argent à chaque fois mais seulement une fois par mois et puis en plus, je ne monnaye pas tes charmes, je sponsorise simplement un jeune couple dans la galère, c’est totalement différent ! »

Elle hésita encore un moment, en proie à un douloureux dilemme…

« – Ok, vu sous cet angle, j’accepte ! »
« – A la bonne heure ! »

D’où l’intérêt de se taper une maitresse un peu simplette.

Avec les faux frais estimés à 300 euros, c’est donc 1500 euros que je lâchais tous les mois dans les bras de Mélodie mais franchement, ça les valait largement !

On a donc retrouvé notre petite routine hebdomadaire d’amants torrides… Jusqu’à ce que je me décide à trifouiller cette chasse d’eau qui fonctionnait quand elle voulait.

J’en avais déjà causé à Mélodie mais visiblement Tony s’en foutait royalement de cette chasse d’eau défectueuse.
Alors comme j’ai une certaine tendance à me focaliser sur les trucs qui m’énervent tant qu’une solution n’est pas trouvée, je m’y suis collé.

C’est en déplaçant la cuve que le carnet est tombé. Il devait avoir glissé juste derrière et avait été oublié là.
Interloqué, je me suis assis sur la cuvette pour en feuilleter les pages.
C’était un carnet de note classique.
Sur la deuxième de couverture, une liste de chiffres énigmatiques :
Lundi : 1000 / 1500 / 2000
Mardi : 1000 / 1500 remplacé : 1500
Mercredi : 1000 / 1500 / 2000 / 3000 / 5000
Jeudi : 1500 / 2000
Vendredi : 2000 / 2500 / 3000

Les pages étaient remplies de dates et de notes plus ou moins identifiables écrites de la main de Mélodie.
Les premières dates remontaient à deux ans en arrière.
J’ai tout d’abord cru que c’est un journal intime et mon premier geste fut de le refermer afin de pudiquement préserver les secrets de ma maîtresse. Un journal intime, ça ne se lit pas !

Mais la curiosité fut plus forte. C’était une occasion unique de savoir ce que pensait Mélodie.
En fin de compte, tout à mon bonheur de profiter des charmes de la belle enfant, je ne m’étais posé que peu de questions jusqu’à présent.
Comment vivait-elle cette expérience ?
Comment gérait-elle cette double vie ?
Elle était finalement assez secrète et ne se livrait pas ou peu.

Peut-être y aurait-il dans son carnet quelques réponses intéressantes…

Les premiers passages lus se révélèrent assez décevants.
Il n’y avait ni confidences ni données très personnelles.
C’était juste des notes, des observations neutres à l’objet assez obscur :
« 23 mars : Lundi a décommandé semaine prochaine – encore en déplacement à l’étranger – proposé venir avec – non !

31 mars : Mercredi : 15 h au lieu de 14.

1er avril : Jeudi a encore décommandé à cause de bobonne. Et c’est pas un poisson !!

15 mai : Bonne nouvelle : Mercredi passe à 3000 ! C’est vraiment un chou !!

21 mai : Mardi retenu par Préfet : retard »

Rien de bien intéressant. Bizarre mais pas captivant.

J’allais le laisser de côté pour le rendre à sa propriétaire mais, machinalement, j’ai passé quelques pages et je me suis aperçu que les notes étaient un peu plus étoffées… l’une d’entre elle attira mon attention :
« 22 septembre : Mardi de plus en plus porté sur la sodo. Penser à racheter du gel lub’. »
« 24 septembre : Jeudi est vraiment une couille molle : Encore décommandé ! »

Interloqué, j’ai encore passé des pages…

« 10 octobre : Lundi a encore demandé une fessée : Le vieux beau tourne pervers ! »
« 11 octobre : Mardi vraiment très con. Aussi bon qu’il est con ! Fel°, sodo. »
« 12 octobre : Mercredi toujours aussi gentil. Et reposant : strip, caresses. Bande de plus en plus mou. Bientôt 70 ans quand-même ! »
« 13 octobre : Jeudi : Missionnaire classique. Quel cul béni ! A toujours du mal à assumer vis-à-vis de sa femme et de ses morpions ! »
« 14 octobre : Veut tout ! Fatiguant le notaire ! Heureusement qu’il est bien monté ! »
« 17 octobre : RAS Fel°, missio, levr. »
« 18 octobre : La guigne ! Mardi muté à Marseille dans 2 mois ! Va falloir trouver un remplaçant. Merde ! Heureusement que Lundi est passé à 2000 ! »

Plus ça allait, moins je comprenais… Ou plutôt, j’avais de plus en plus peur de comprendre ce qu’impliquait la lecture de cette suite de notes.

Un peu tremblant, j’ai encore sauté des pages…

« 8 février : Un des cinq mômes de jeudi a encore fait des siennes. Résultat : lapin ! Heureusement qu’il ne décompte pas ses absences de mon loyer ! »
« 9 février : Vendredi est un pervers refoulé mais très bon coup ! Encore grimpé aux rideaux cette fois ! »

« – 12 février : Lundi encore à l’étranger la semaine prochaine »
« 13 février : Ca y est ! Ferré remplaçant mardi : Vincent, Orthodontiste, 45 ans, Physique un peu fade, Marié, 1 enfant. Potentiel financier très intéressant. »

« 20 février : 1er RDV nouveau mardi : Bonne surprise : TTBM ! Miam !! »
« 21 février : Mercredi passe à 5000 !!!! C’est un ange !! Grosse gâterie pour le remercier. »

« 25 mai : Largué Mardi : trop pingre !! Encore un remplaçant à trouver ! Pfff !! »
« 26 mai : Strip écolière : Mercredi ravi !
« 27 mai : RAS »
« 28 mai : Vendredi trop possessif : Recadré !! »
« 31 mai : Lundi sodo, sodo, sodo ! Pas de surprise mais quelle forme !! »

C’était de plus en plus clair.
Fébrile, j’ai passé quelques pages afin de trouver une date précise…

« 6 juillet : Choppé remplaçant Mardi. Très facile : Coup de l’accrochage. N’y a vu que du feu !
Christian, DG grand groupe français, 48 ans, Plutôt beau mec et il le sait, Marié, 2 enfants.
Se prend pour le roi du monde mais bon potentiel financier.
Pas étouffé par les remords : Baise d’entrée ! Missio + sodo. Vigoureux ! Déjà 5000 Cash ! »

Les doigts tremblants, je me suis alors concentré sur les dates que je connaissais…

« 13 juillet : Déjà Kdo de Mardi. Ca part bien. Assez bon coup mais un peu brutal et rapide. Repart heureusement au quart de tour ! »

« 20 juillet : Mardi part en vacances jusqu’à fin août. J’espère qu’il ne va pas trop en profiter pour cogiter. Pas eu trop le temps de le ferrer. »

« 1er septembre : Retour Mardi : Wouah !! Kdos et feu d’artifice !!! Bien accro, le pépère ! Vais pouvoir envisager le coup du loyer mois prochain. »

« 12 octobre : Mardi marche pour 1200 puis offre 1500. Les doigts dans le nez ! Très prometteur ! Double ration de baise, pour la peine ! »

Et ça continuait ainsi jusqu’à quelques semaines auparavant…

Je refermai doucement le petit carnet avec un sourire admiratif teinté d’incrédulité.
J’étais sur le cul de ce que j’y avais découvert…

La petite salope !
Elle m’avait bien roulé !

EPILOGUE

J’ai fait ma petite enquête.
Mélodie s’appelle bien Mélodie mais c’est à peu près tout ce qu’il y a de vrai dans ce qu’elle m’a raconté.

Il n’y a pas de Tony qui habite là. Il n’y a pas de Tony du tout, d’ailleurs.
Et elle n’habite pas non plus dans ce petit appartement de banlieue. Tout au plus est-ce ce que l’on pourrait appeler une garçonnière.

Tous les matins de la semaine, Mélodie arrive sur le coup de 9 ou 10 heures.
Des fois, elle sort se promener, faire des emplettes, des fois pas.
Tous les jours, à heure fixe, un homme différent, bien propre sur lui, sonne à l’interphone et pénètre dans le hall avant d’en ressortir une à deux heures plus tard.
Le mardi, cet homme, c’est moi.
Tous les soirs, vers 17 heures, Mélodie repart au volant de son cabriolet Mercedes SL flambant neuf et rejoint une très belle propriété en bordure du Bois.
Je me suis renseigné. A cette adresse habite Edouard-Xavier De Villetard, 32 ans, célibataire, futur unique héritier du Groupe De Villetard, leader européen dans la construction et l’implantation d’éoliennes off-shore…
Indéniablement un bon parti.

Je ne sais pas ce qu’elle fait croire à son compagnon.
Peut-être lui a-t-elle dit qu’elle occupe un poste à responsabilité dans une grande boite de la région.
Un poste qui lui rapporte environ 13000 euros par mois… pas si mal !

Qu’elle sacrée petite salope !

Et moi. Que croyez-vous que j’ai fait ?
Ai-je pété un scandale, déclenché les foudres célestes après avoir découvert le pot aux roses, après avoir réalisé que celle que je prenais pour une gentille petite cruche était en fait la plus formidable des manipulatrices ?
Ai-je rompu à grand renfort de hauts cris et en menaçant de tout révéler aux quatre ou cinq autres pigeons ?

Que nenni !
Je n’ai rien dit, rien fait.
J’ai continué à venir tous les mardis, de 14 à 16 et à lui refiler mes trois billets violets par mois.
Je suis bien trop heureux de pouvoir continuer à la sauter toutes les semaines, ma somptueuse nympho.
Et je suis certain que s’ils le savaient, les autres m’en seraient reconnaissants.

Depuis quelques semaines, Mélodie commence à suggérer que pour être un peu plus à l’aise et pour pouvoir se faire belle pour moi, ce serait bien que je passe à 2000 euros par mois…

Petite futée.

Je vais la faire mariner un peu mais je sais déjà que je vais céder.

Après tout, c’est si bon d’être son délicieux idiot.

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