Remue-ménage en voisinage

PARTIE 1 : MISTRAL GAGNANT

Je m’appelle Sébastien.
A l’époque, j’avais 29 ans, j’étais marié depuis 7 ans à Marilyn qui en avait 25. (Oui, je sais, je l’ai prise au berceau !) Nous formions un couple heureux parmi tant d’autres.

Nous étions super contents, tous les deux, de quitter la capitale pour venir nous installer à Montpellier où j’allais enfin devenir chef d’agence. Une super promotion !
Ma chérie était interprète en allemand et danois et travaillait principalement à domicile, elle pouvait donc me suivre n’importe où ; on n’a pas hésité une seconde : Adieu la grisaille ! A nous le sud et son beau temps !

Le préalable à notre installation dans le midi était de nous trouver un petit nid douillet.
Nous gagnions assez bien notre vie pour envisager d’enfin acheter une maison.
Je suis donc descendu (c’est comme ça qu’on dit à Paris) en province pour prospecter et trouver notre bonheur dans un marché en plein boum.

Après de nombreuses désillusions (ce qu’on me proposait était soit hors de prix soit flirtant dangereusement avec l’insalubrité), je suis tombé sur la perle rare : Grande, lumineuse, dans un quartier calme, non loin de mon futur boulot, avec un petit jardin, une piscine et le tout pour un prix tout-à-fait raisonnable.
Naturellement, comme moi vous vous dites : Il doit y avoir une couille dans le pâté ! A ce prix, ce n’est pas possible ! Un vice caché, la prochaine autoroute au bout du jardin, des boiseries rongées par les termites, une toiture sur le point de s’effondrer…
Et bien non, rien de tout ça !
« – Et le voisinage ? » Demandai-je à l’agent immobilier.
« – Calme et très sympathique, vous verrez. »

L’affaire fut donc conclue.

Pour la signature de l’acte de vente, nous rencontrâmes pour la première fois le couple de vendeurs.
Un peu plus âgés que nous, ils avaient une grande fille de 15/16 ans, mignonne mais qui m’apparut très taciturne.

J’en profitais pour leur demander pourquoi ils partaient.
Visiblement embarrassés, ils expliquèrent assez maladroitement qu’ils avaient eu une opportunité ailleurs.
Soit.

A la fin, alors que la plupart des formalités fastidieuses étaient accomplies, j’entendis l’homme dire à l’oreille de sa femme : « – Elle va lui plaire. »

Il était complètement barge, celui-là !
Evidemment qu’elle me plaisait sa maison puisque je la lui achetais !

Je me suis rendu compte, bien plus tard, qu’il ne parlait ni de moi, ni de la maison.

PARTIE 2 : LES SUCETTES.

Le voisinage était effectivement très sympa.
Moi qui croyais qu’on allait nous faire la gueule ou nous ignorer, comme il se doit à des « parisiengues », et bien pas du tout.

Dés notre emménagement, les voisins s’avérèrent charmants et nous accueillirent avec chaleur et amabilité, toujours serviables et disponibles.
Surtout nos voisins immédiatement à notre droite avec lesquels nous partagions une haie commune.
Ils s’appelaient Bruno et Fantine.
Dés le début, ce sont eux dont nous nous sommes sentis les plus proches.
Ils avaient à peu prés notre âge, Bruno était prof de français dans un lycée et assurait quelques cours à la fac, Fantine travaillait comme attachée commerciale dans une grande boite de la région.
Comme nous, ils n’avaient pas d’enfant mais songeaient sérieusement à en faire un.

Et comme souvent, ce sont les centres d’intérêts communs qui forgent les amitiés.
En plus de leur désir de grossesse, les filles se découvrirent des passions communes et nous, les gars, nous ne rations pas un match à la télé. (Bon, je ne m’étais pas soudainement reconverti en supporter de l’OM, faut quand-même pas exagérer !)

Ainsi, au fil des semaines, nos liens se sont renforcés et, dés que l’occasion se présentait, nous nous invitions les uns chez les autres pour un apéro, un barbecue, une partie de piscine ou de pétanque.

Ce qui était amusant et que Marilyn me fit remarquer dés le début, c’est que Bruno et moi nous nous ressemblions de façon frappante : Mêmes cheveux bruns coupés courts, mêmes yeux bruns, même forme du visage, même stature (1m80), beaux gosses, quoi !
C’en était étonnant : Certains nous ont même demandé si nous étions frères ou cousins.

Par contre, la ressemblance s’arrêtait là. Dés que nous ouvrions la bouche, on entendait bien la différence entre mon accent titi et celui plus chantant de mon voisin.
De même, nous n’avions pas du tout le même caractère. Autant j’étais timide et réservé, toujours un peu effacé, autant Bruno était le type même du gars extraverti, certain de son charisme et de sa beaugossitude. Celui qui a toujours le mot pour rire et la bonne répartie au bon moment. Celui que tous les mecs comme moi ont haï et envié à la fac ou au lycée parce que rien qu’en claquant des doigts, il mettait tous le monde à ses pieds et surtout les nanas.

Quant à nos compagnes, si nous, les gars, nous nous ressemblions, par contre Fantine était l’opposé de Marilyn, son négatif, presque : Fantine avait le type méditerranéen très marqué, d’origine corse ou italienne : Petite, des formes comme il faut là où il faut, des cheveux longs et bouclés brun foncé, presque noir, des grands yeux noisette toujours rieurs et lorsqu’elle parlait, c’était comme si une fenêtre s’ouvrait sur un champ de lavande et de romarin tellement son splendide accent du midi nous charmait.
A l’inverse, Marilyn était le spécimen parfait de la scandinave : Grande, athlétique, les cheveux longs et lisses, d’un blond presque blanc, les yeux bleus clairs et une pointe d’accent qui laissaient deviner ses origines : Sa mère était danoise et son père français ; elle avait tout pris de sa mère, pour mon bonheur !
Là, vous vous dites, comment un mec intraverti et timide a-t-il réussi à séduire et épouser un quasi top modèle danoise ?
Et bien c’est ça tout le mystère de l’amour !
Non, en fait, c’est elle qui m’a dragué. Et connaissez-vous un type assez stupide ou inconscient pour repousser une fille comme elle ?

Evidemment, Bruno n’était pas insensible aux charmes de ma femme, je le voyais bien.
Même, si la sienne était loin d’en être dépourvue, comme on dit : L’herbe est toujours plus verte ailleurs !
Et lorsqu’on s’appelle Bruno et qu’on est un invétéré charmeur, on a du mal à résister.
A de multiples reprises, je surpris son regard insistant posé sur les courbes de Marilyn ou plongé dans son décolleté lorsque nous étions ensemble.
Il était par ailleurs très attentionné avec elle, ne se cachant pas pour lui faire des courbettes ostentatoires ou des câlineries souvent aux limites de la bienséance mais ne les franchissant jamais.

Je voyais tout cela mais ne m’inquiétais pas car je m’aperçus assez vite qu’il adoptait la même attitude avec toutes les femmes, y compris les moins avenantes.
Et puis, je n’allais pas m’inquiéter d’un copain. Un copain ne touche pas à la femme de son pote, n’est-ce pas ?
D’autant que de mon côté, je ne me privais pas d’admirer les jolies formes de Fantine et de me laisser hypnotisé par son sourire éclatant, son rire chaleureux et ses fossettes canailles.

Les mois avançant, nous sommes devenus amis, très bon amis. Cependant, malgré notre proximité, chaque couple respectait l’intimité de l’autre. Il n’était pas question d’envahir l’espace privé de chacun.
Toujours soucieux de respecter cette règle, c’est pourtant moi qui commis la première « maladresse ».

Un samedi matin, saisi d’un soudain double accès de courage et de bricolite aiguë, je me décidai à enfin installer les suspentes de rideaux et autres éléments de décoration que Marilyn me demandait, avec une belle constance, de poser depuis plusieurs semaines.
Pour ce faire, j’avais besoin de ma perceuse dernier cri que Bruno m’avait emprunté une semaine plus tôt.
Comme il ne me l’avait toujours pas rendue, je me présentai à leur porte, de bonne heure et de bonne humeur, aussi pimpant qu’un Fox Terrier, le premier jour de la chasse.

La sonnerie retentit dans le vide et personne ne vint m’ouvrir.
Il était 9 heures, la voiture était devant, il devait pourtant y avoir du monde !
Supposant qu’ils avaient peut-être profité de cette splendide matinée pour prendre le petit déjeuner dehors, sur la terrasse et que, de ce fait, ils ne pouvaient pas m’entendre, je décidai de faire le tour de la maison pour vérifier, en habitué des lieux que j’étais devenu.

En passant le coin du mur, je m’arrêtai pétrifié.
Ils étaient bien là, encore en tenue de nuit, mais n’étaient manifestement pas en train de manger. En tous cas, pas Bruno.
Celui-ci se trouvait face à moi, assis sur un fauteuil relax alors que Fantine me tournait le dos, à genoux entre les jambes écartées de son homme.
Les mouvements de sa tête ne permettaient aucun doute sur leur activité : C’était l’heure de la gâterie du matin !
Ultra gêné de m’immiscer dans une scène aussi intime, mon premier réflexe aurait été de m’éclipser le plus discrètement possible, le genre du type qu’aurait rien vu, mais Bruno m’avait tout de suite repéré dans son champ de vision.
Pas le moins du monde gêné ou dérangé, il me lança un coucou de la main en souriant et mit son doigt sur ses lèvres pour m’intimer le silence.
Inutile : Je n’avais vraiment pas l’intention de claironner.
Comme je restais coi, il continuait d’afficher un sourire radieux, visiblement amusé par mon embarras.
Puis, la moue appréciatrice et le pouce levé, il m’indiqua muettement qu’il appréciait vivement le talent de sa femme pour la chose.

Alors que, reprenant mes esprits, je m’apprêtais à faire demi tour, il me fit signe de stopper et d’attendre. Tout doucement, il remonta la chemise de nuit de Fantine sur le dos de celle-ci, me dévoilant sa croupe nue et bronzée.

Je n’en croyais pas mes yeux et restait comme hypnotisé par ces formes violoncelliques quasi parfaites offertes si impudiquement à ma vue.

Bruno se recula alors sur son siège et obligea ainsi sa femme, qui n’avait rien vu de son manège, à le suivre.
Elle se pencha donc plus en avant et je pus alors apercevoir, à la jointure de ses cuisses halées, le renflement charnu de son petit abricot rose.

Je devais être pivoine, c’en était trop pour moi.
Alors que la tête de Fantine s’activait toujours énergiquement entre les cuisses de son mari, je fis signe à celui-ci que je reviendrais plus tard et tournai les talons.

En rentrant chez moi, j’étais encore tout en sueur, le regard dans le vide, si bien que Marilyn me demanda ce que j’avais.
Je bredouillai alors une excuse vaseuse pour expliquer que le bricolage serait reporté à plus tard.

Le soir même, nous avions prévu un barbecue avec Bruno et Fantine.
Ce que j’avais vu le matin me rendait très nerveux alors que Bruno, tout-à-fait naturel, semblait avoir complètement oublié l’affaire. Comme à son habitude, il plaisantait sans arrêt et faisait bien rire les filles.
Fantine était très détendue aussi, mais quoi de plus normal ?
Par contre, moi, je n’osais pas la regarder car dés que je posais mes yeux sur elle, surtout de dos, je ne pouvais m’empêcher d’y superposer, par réminiscence, la vision de rêve qui m’avait été offerte le matin et alors je piquais un fard que je ne pouvais que maladroitement cacher.

Il fallait que j’exorcise mon malaise. Ni tenant plus, j’attirai Bruno à l’écart :
« – Bruno, » Commençai-je très gêné, « je voulais de dire… pour ce matin…. Je suis désolé d’avoir été indiscret. »
Il me rigola au nez.
« – Tu plaisantes ! Tu n’as pas à t’excuser ! C’est le genre de chose qui arrive quand on joue tout nu dans le jardin, c’est le risque et c’est ça qui est amusant. T’inquiète pas, c’est déjà oublié ! »
Puis il rajouta :
« – Et puis, je vais te dire un secret : Ca m’a vachement excité que tu nous mates comme ça. A tel point que j’ai joui juste après que tu sois parti ! »

J’étais époustouflé par sa franchise et son impudeur.
On avait déjà échangé pas mal de blagues salaces entre gars mais là, c’était autrement plus personnel et intime.
Et je n’étais pas au bout de mes surprises :
« – Eh ! T’as vu le cul magnifique qu’elle a ma Fantine ! Et encore, t’as pas pu le toucher : Il est d’une douceur ! Je ne m’en lasse pas ! »
Trop ébahi pour me demander où il voulait en venir, j’ai juste acquiescé, sans rien dire.

Nous n’en avons plus parlé mais, à partir de ce jour, Bruno ne s’est plus retenu et nous a largement alimentés de blagues cochonnes et de sous-entendus coquins qui faisaient notre bonheur à tous, même aux filles.
Peu à peu, il en arriva même à nous confier des anecdotes hot sur quelques jeux sensualo-érotiques auxquels ils s’étaient essayés.
Fantine jouait la pudique et le grondait de trop en dévoiler mais ses yeux brillants trahissaient son amusement complice.

Nos soirées parfois copieusement arrosées déliaient donc les langues et les fantasmes et, à plusieurs reprises, le souvenir obsédant des petites fesses de Fantine me revenant en mémoire, je me surprenais de plus en plus à envisager la possibilité d’une éventuelle partie carrée entre nos deux couples.
Mais très vite, la réalité me rattrapait : J’en connaissais une qui ne supporterait pas de me partager.

Toutefois, je n’étais pas le seul à concevoir cette éventualité.

PARTIE 3 : LA PEAU D’UNE AUTRE

Un dimanche après-midi, nous étions tous les quatre dans leur jardin.
Marilyn et Fantine barbotaient dans la piscine en bavardant assidument pendant que Bruno et moi sirotions une bière bien fraîche sous le parasol, avachis comme des pachas.

A l’inverse du bavardage ininterrompu des filles (double pléonasme), nous parlions de choses et d’autres mais il arrivait qu’il se passe plusieurs minutes sans qu’il ne sorte un mot de nos bouches, nous permettant ainsi de goûter la douce langueur d’une fin de week-end beau et chaud.

Le regard flou égaré vers les deux naïades, Bruno me dit soudain :
« – Elles sont vraiment belles, hein ? »
J’acquiesçai vivement :
« – Yep ! Différentes mais tout aussi mignonnes. »
« – Tu sais quoi ? Vu comme on s’entend bien, par moments, je nous verrais bien essayer un plan à quatre. »
J’écarquillai les yeux d’étonnement.
« – Eh ! Oh ! Ne me fais pas tes yeux de vierge effarouchée ! Je vois bien comment tu la regardes, ma Fantine, je sens bien qu’elle ne t’est pas indifférente… Et moi, je dois dire que ta Marilyn, je lui présenterais bien mes honneurs ! »

Toujours prostré, je ne lui répondis pas. Trop saisi et pas assez expansif pour lui avouer que je m’étais fait la même réflexion.
Il prit mon silence pour de la frilosité.
« – Bah ! Ne t’inquiète pas ! C’est juste un fantasme. Je ne sais pas pour Marilyn mais Fantine ne voudra jamais : Trop coincée. »
Je confirmai :
« – Marilyn non-plus : Trop possessive. »
En disant cela, je me rendis compte qu’en ne mentionnant pas mon avis personnel, j’adhérais implicitement à son point de vue.
Mais je n’ai rien rajouté. Finalement, c’était la vérité. Pas besoin de jouer l’hypocrite.

Nous restâmes de longues minutes sans plus rien dire, méditant chacun de notre côté sur cette impossible réalisation fantasmagorique.

Puis il réattaqua, avec le ton sourd du conspirateur.
« – Remarque, d’une certaine manière, ça pourrait passer…. Tu te souviens du film : « Jeux d’adultes » ?
« – Vaguement, de quoi il parle, déjà ? »
« – De deux voisins qui s’échangent leur place dans le lit de l’autre, à l’insu de leurs épouses respectives. »
Je vis tout de suite où il voulait en venir.
« – T’es pas bien ! Tu voudrais qu’on fasse ça ? »
« – Ben pourquoi pas ? On peut essayer. Si c’est bien sombre, elles n’en sauront rien : Il paraît qu’on se ressemble comme deux gouttes d’eau ! »
« – Ca va pas la tête ! T’es devenu complètement barjo ou c’est la bière qui t’est montée à la caboche ! Ca ne marchera jamais, c’est bon pour les films, ça ! »… « D’ailleurs, ça me revient, dans le film, au petit matin, y a une des deux femmes qui est retrouvée morte ! »
Il éclata de rire :
« -Te bile pas ! J’ai pas l’intention de trucider ma femme, ni la tienne ! »

Il essaya de me persuader encore un peu mais devant mon manque d’enthousiasme, il finit par abandonner, sans doute un peu déçu.
Nous n’avons plus parlé de ça et je fus soulagé que la discussion glisse sur un terrain moins « savonneux ».

Sa proposition m’avait mis mal à l’aise. Elle était trop folle et trop irréalisable. Il y avait tellement d’inconnues, tellement de trucs qui pouvaient foirer et transformer ce « jeu » presque anodin en drame conjugal que j’en frissonnais d’effrois rien qu’à y penser.
Toutefois, inconsciemment, j’étais chamboulé. Bruno m’avait insidieusement inoculé un poison fatal : L’envie.

Dans les jours qui suivirent, petit à petit, bien que Bruno ne soit plus revenu à la charge, son idée faisait son chemin dans mon esprit. Et chaque fois que j’y repensais (c’est-à-dire souvent), je me familiarisais un peu avec elle et cette absolue hérésie devenait, à mes yeux, de moins en moins inconcevable, de moins en moins risquée, bref, de plus en plus tentante !

Et chaque fois que je côtoyais Fantine, le souvenir de son fessier doré se juxtaposait maintenant à une autre vision, imaginée celle-là : Elle était étendue, nue, lascive, m’invitant de l’index à la rejoindre sur son lit.
C’en devenait presque une obsession, chaque contact involontaire avec la jeune femme m’électrisait intensément.

*******

Il faisait chaud en cette fin de journée, ce samedi là.

Nous étions réunis tous les quatre pour un barbecue improvisé, décidé à la dernière minute, entre deux portes, par nos compagnes.

Assoiffés, nous nous sommes jetés sur le punch bien frais que nous avait concocté Bruno avec du rhum de Martinique qu’un copain venait de lui ramener de là-bas.
Si bien qu’en peu de temps, nous avons atteint une belle euphorie éthylique, surtout les femmes qui tenaient bien moins la chopine que nous.
La soirée fut longue et gaie. Les filles piquaient un fou-rire au moindre prétexte.

A la fin, Bruno se pencha vers moi :
« – Dans l’état où elles sont, elles n’y verraient que du feu ! »
« – De quoi parles-tu ? »
« – Tu sais bien… Du petit échange dont je t’ai parlé l’autre jour. » Me fit-il accompagné d’un petit tour de passe-passe avec les mains.

J’ai dégrisé d’un seul coup.

« – Tu… tu crois ? » Articulai-je en avalant péniblement ma salive.
« – Regarde-les : Elles sont justes à point : Elles seraient incapables de faire la différence Brad Pitt et le Yéti !

A travers la fenêtre, j’observai les deux femmes en train de ranger en rigolant dans la cuisine. Même si elles ne semblaient pas très stables sur leurs jambes, je n’étais pas vraiment de son avis.
« – Je les trouve encore plutôt bien lucides, moi ! »
« – Ben encore heureux ! Faudrait pas non-plus qu’elles s’endorment à peine arrivées dans la chambre. C’est pas ce qu’on veut… quoique, ça peut être pas mal aussi… »… « Non, je te l’assure : Elles sont à point ! …Allez ! On tente le coup ? Ca va être sympa, tu vas voir ! C’est l’occas’ ou jamais ! »

Dans un état second, le jugement sans doute altéré par l’alcool et la chaleur, je me suis entendu répondre :
« – OK, on…on le fait ! »
« – Aaaah ! Voilà une décision d’homme ! La décision d’un mec qui a des couilles !….Et qui va pas tarder à s’en servir ! » Finit-il avec un clin d’œil lubrique.
Aussitôt, visiblement excité, il continua :
« – Bon ! Maintenant faut qu’on planifie tout le truc… »

Sous un prétexte quelconque, nous prîmes temporairement congés de nos épouses et il me demanda de l’accompagner chez lui, jusque dans sa chambre pour que je repère le trajet et que ce soit plus facile, plus tard, dans l’obscurité.
Une fois arrivé devant le lit conjugal, il me précisa que sa femme se couchait du coté droit et il s’appliqua à dévisser les ampoules des deux lampes de chevets afin que Fantine ne puisse pas allumer inopinément la lumière. Enfin, il me dirigea vers leur salle de bain et m’aspergea de son eau de toilette en précisant que l’odeur était très importante pour la réussite de notre projet.
Ma parole ! Soit ce mec faisait ça à longueur d’année, soit il avait tellement cogité là-dessus qu’il en était arrivé à maitriser les moindres détails !

Ceci fait, il me demanda de l’emmener à la maison afin de préparer symétriquement l’autre volet de l’opération.

Lorsque nous sommes revenus à table, les filles ne s’étaient rendu compte de rien.
Il ne restait plus qu’à attendre.

Ce ne fut pas long : Une demi-heure plus tard, Marilyn bailla à se décrocher la mâchoire et s étira en disant :
« – Ouh la ! Il est tard ! Je vais me coucher. »
Fantine l’imita tout de suite :
« – Ouais ! Moi aussi. Tu viens chéri ? »
« – Dans dix petites minutes, ma puce, Seb et moi on finit de refaire le monde et j’arrive ! »

Plutôt que de refaire le monde, nous avons surtout écouté les grillons en surveillant la fenêtre se sa chambre tandis que Bruno me donnait les dernières consignes :
« – Surtout, ne pas parler : La différence serait trop évidente… Et évite les trucs spéciaux, je t’ai dit qu’elle était plutôt classique. »
Je me demandais bien ce qu’il voulait entendre par « trucs spéciaux » mais ma réflexion fut interrompue : A l’étage, la lumière venait de s’éteindre.

« – Bon ! Ben mon grand, à toi de jouer ! Moi je vais aller voir chez toi si la lumière brille encore… Et rendez-vous à 3 heures du mat devant chez toi pour l’échange inverse : S’agirait pas que nos poulettes trouvent un drôle de coq dans leur lit au réveil ! »

Il se leva et s’éloigna en direction de chez moi.

Je restai quelques minutes assis, l’esprit vide, puis je me levai et entrai dans la maison obscure.

Heureusement que j’avais repéré le trajet : Je n’avais pas encore atteint l’escalier que je m’étais déjà heurté à une table basse et deux chaises, lâchant un juron contenu à chaque fois.

Je montai lentement les marches, une à une. Mon cœur battait la chamade. Etait-ce vraiment moi qui faisais ça ? Moi le gars timide et malhabile ?

Plus je m’approchais de la chambre et plus je me disais que cette histoire était une pure folie, que ça allait forcément foirer, que je n’aurais jamais dû accepter, qu’il fallait que je fasse demi-tour.
Pourtant, tel un robot téléguidé, je continuai à avancer.

J’ouvris la porte de la chambre.
Une voix déjà un peu endormie m’accueillit :
« – Mmmm, chéri, les deux lampes de chevet …grillées, va falloir changer… »
Je répondis par un grognement d’acquiescement peu identifiable :
« – Hmmm »

La chambre était dans le noir mais mes yeux s’étaient maintenant habitués à la pénombre.
Le rideau tiré laissait filtrer les faibles éclairages de la ville.
Je pouvais donc deviner les contours du lit ainsi que la forme étendue dessus.

Je me suis déshabillé intégralement, marquant à peine une hésitation lorsque ce fut le moment de baisser mon slip.
Puis, nu comme un ver, je me suis glissé sous les draps frais.
Je suis resté étendu sur le dos, les bras le long du corps, sans bouger aux côtés de ma belle voisine.
Comment faisait-elle pour ne pas entendre mon cœur qui continuait ses bonds de cheval sauvage dans ma poitrine ?
Moi, je pouvais sentir sa chaleur irradiante à quelques centimètres de ma peau.
Elle sentait bon le savon à l’huile d’amende douce, elle avait dû prendre une douche rapide avant de se mettre au lit.

Statufié dans mon angoisse, terrifié par mon audace, je n’osais plus bouger un doigt.

Finalement, ce fut Fantine qui vint à mon secours : Se tournant vers moi, elle déposa un bras en travers de mon torse et se mit à le caressez délicatement.
Loin de me libérer, ce geste me rappela soudain que j’avais la poitrine moins poilue que Bruno : Nous n’avions pas pensé à tout !
Si elle s’apercevait de cette différence notable, tout était fichu !
Cette terrible incertitude n’arrangea pas ma tachycardie.

Mais elle ne sembla pas la noter. Elle continua un moment puis posa ses lèvres sur mon épaule.
Malgré mon stress, j’étais aux anges.

Rassuré par ce signe optimiste, je me décidai à me tourner vers elle et posai une main tremblotante sur sa hanche.
Puis lentement, je la fis courir sur son flan ; elle se mit à ronronner gentiment.
Peu à peu, je laissai ma main s’aventurer de plus en plus loin, jusqu’à atteindre son fessier.
Bruno avait raison : Elle avait un cul d’une douceur incroyable.

Etonné par mon culot mais encouragé par la réussite apparente de notre coup, je m’enhardis à enfouir mon visage entre ses seins. Ils étaient chauds, pleins et, eux aussi, d’une douceur indescriptible.
Elle serra ma tête contre sa poitrine et rebascula sur le dos.
Je me retrouvai sur elle. Levant mes yeux, je voyais son visage à quelques centimètres du mien.
Nous étions si proche, si serrés, comment pouvait-elle ne rien remarquer ?
Sentant son souffle sur ma bouche, ce fut plus fort que moi, il fallait que je l’embrasse.
C’était le plus dangereux, le baiser de deux amants est ce qu’il y a de plus intime, de plus infalsifiable.
Si elle acceptait mon baiser, c’était gagné.
Je posai mes lèvre sur les siennes et nos haleines alcoolisées se rencontrèrent, juste avant nos langues.
Finalement, je m’en tirai pas trop mal ; Elle avait une manière très délicate d’embrasser, par petits attouchements timides.
A regrets, j’ai fini par quitter ses lèvres pour descendre le long de son cou et revenir sur sa poitrine.
J’embrassai avec avidité ses deux pamplemousses sucrés, pinçant de mes lèvres ses tétons dressés.
En même temps, je les malaxais de mes mains, savourant la sensation inédite d’avoir les paumes remplies de leur tiédeur (Et oui, Fantine était, sur cet aspect, mieux fournie que Marilyn).
Putain c’que c’était bon !

Maintenant enivré par son parfum, je fis glisser ma bouche encore plus bas, sur son ventre ferme puis sur son mont de Vénus où je rencontrai sa fine toison soyeuse.
Aussitôt, elle gémit de contentement.
Mes lèvres dénichèrent son petit bouton caché et elle tendit son bassin immédiatement.
A la première succion, les gémissements se firent plus puissants.
A la première incursion de ma langue dans sa petite grotte humide, elle monta dans les tours.
Je goutais sa cyprine parfumée, sensiblement différente de celle de ma femme.
Au bout de quelques baisers et coups de langue bien placés, elle criait déjà sa jouissance en serrant les cuisses et en me repoussant d’un geste affolé.
Mazette ! Soit cette fille grimpait aux rideaux à une vitesse incroyable, soit elle n’avait pas l’habitude qu’on lui flatte la minette.
« – Viens en moi ! » Supplia-t-elle d’une voix rauque et essoufflée.

Là, je ne demandais pas mieux mais j’avais un petit souci : Le stress initial m’avait coupé mes effets, déconnectant mon désir cérébral de sa traduction physique.
En clair : Je bandais mou ! Très mou, même.
Et Fantine s’en rendit compte rapidement car, joignant le geste à la parole, elle avait tendu le bras vers moi et lorsque sa main rencontra la petite guimauve qui me pendait entre les jambes, elle s’étonna :

« – Tiens ! C’est rare ! J’vais arranger ça ! »

Elle se contorsionna et je sentis bientôt une petite bouche fraiche me gober l’appendice trop timide.
Je ne pus réprimer un « -Aaah » d’approbation mais elle ne parut pas s’en formaliser.
Fantine s’appliquait à redonner vie à ma virilité lorsque je réalisai soudain que, pour la première fois depuis de nombreuses années, ma bite était dans une bouche qui n’était pas celle de ma femme.
Cette seule pensée suffit à délivrer mon blocage psychologique et j’affichai rapidement une belle érection sous les doigts experts de ma voisine.
Celle-ci me guida ensuite vers son antre accueillant et je la pénétrai tout en puissance, enfonçant ma hampe au plus profond de son puits merveilleux et joignant mes ahanements à ses gémissements qui reprirent de plus belle.

********

Deux orgasmes et une pléthore de cris et gémissements plus tard, j’étais assez satisfait de moi.
Ma partenaire avait visiblement apprécié ma prestation et je devais avouer que cette situation périlleuse avait finalement contribué à me procurer un plaisir décuplé. Plaisir que j’avais réussi, peu ou prou, à taire pour ne pas l’alarmer.

Fantine gisait à côté de moi et sa respiration profonde m’indiquait qu’elle avait quitté mes bras pour ceux, plus reposants, de Morphée.

Je regardai le radio-réveil : 2 h 55. Il fallait retrouver Bruno.
Je me levai et me risquai à ouvrir légèrement les rideaux pour pouvoir mieux observer ma voisine endormie.
Son visage reflétait la sérénité et la plénitude. Elle avait passé une main entre ses jambes qui me cachait son triangle brun.
Je posai un dernier baiser sur son front, ramassai mes vêtements et sortis.

Dehors, la température avait à peine diminué.
Bruno n’était pas encore là.
Je poireautais dix minutes,… vingt minutes,… une demi-heure…Toujours rien.
Ca commençait à faire long !
Qu’est-ce qu’il foutait, bon sang ! ?
Etait-il tellement bien « lancé » qu’il ne faisait pas attention à l’horaire ?
Cette pensée fit naître une pointe de jalousie dans mon esprit et je réalisai que pour la première fois de la nuit, je pensais vraiment à Marilyn.
Egoïstement, pas une fois, je n’avais envisagé ce qu’elle pourrait ressentir, de son côté.
Elle n’avait jamais connu d’autre homme que moi et ce soir, pour la première fois, même si elle n’était pas sensée s’en rendre compte, elle avait un autre mec dans son lit, entre ses jambes et, sans doute, en elle.
Je réalisais peu à peu l’incongruité de la situation et la muflerie de cet accord inique.
Etait-ce un début de remords, de regrets ?
Je ne savais pas mais cette attente devenait angoissante.
A quatre heures, ni tenant plus, je suis rentré chez moi.
Montant le plus discrètement possible les marches de l’escalier, je tendais l’oreille mais ne percevais aucun bruit. J’allumai alors l’éclairage du palier puis entrouvrit la porte de la chambre…

Ce con s’était endormi sur ma femme !

Toujours très doucement, je me rapprochai et je lui tapotai un peu l’épaule.
Pas de réaction.
J’insistai.
Je savais d’expérience qu’après l’amour, Marilyn avait le sommeil lourd.
Heureusement car j’avais beau secouer de plus en plus énergiquement l’animal, rien ni faisait.
Non content de ronfler comme un pompier, il dormait plus profondément qu’un ours en période d’hibernation.
J’avais maintenant peur de réveiller ma femme et je ne voyais aucune excuse valable pour expliquer la présence de Bruno, nu dans notre lit et moi habillé, à côté.
En dernier recours, je l’ai fait rouler sur le côté puis, lui mettant la main sur la bouche, je lui ai sauvagement pincé un téton.
Il a sursauté en poussant un cri heureusement étouffé.
J’ôtai ma main.
« – Kek y a ? »
« – Y a qu’il est 4 heures du mat’ et que tu dors dans mon lit, abruti ! »
« – Oh merde ! »
Il se leva précipitamment et je l’accompagnai jusqu’à la sortie.
« – Ca s’est bien passé ? » Me demanda-t-il encore à moitié endormi.
« – Très bien… » Répondis-je agacé, j’avais pas trop envie de lui donner des détails « … Toi, pas la peine de te demander ! »
« – Super ! J’me doutais bien qu’elle aimait ça, ta Marilyn… Mais putain, Ouah ! »
J’avais pas envie de connaître ces détails-là non-plus. Je l’ai foutu dehors, à poil avec ses vêtements sous le bras, mais je m’en foutais.

Revenu dans notre chambre, j’ai remis en fonctionnement ma lampe de chevet et j’ai contemplé ma femme pendant quelques instants.
Elle n’avait pas bougé. Toujours étalée impudiquement dans la position de la grenouille, elle dormait du sommeil du juste. Ses cuisses écartées faisaient béer sa fente rose d’où l’abondante semence mousseuse de notre voisin s’échappait lentement.

********

Le lendemain, malgré l’heure tardive, je fus le premier à me lever.

J’étais en train de préparer le petit dej’ quand je sentis les mains de Marilyn m’enserrer délicatement le torse par derrière.
Elle posa sa tête sur mon épaule.
« – Bonjour toi ! »
« – Bonjour mon amour, bien dormi ? »
« – Oh ouii ! Bien-sûr, après ce que tu m’a fais cette nuit, petit coquin… Dis-donc, j’sais pas si c’est le punch ou quoi mais tu tenais une de ces formes ! … Ca faisait bien longtemps qu’on l’avait fait trois fois de suite comme ça ! … Et puis t’étais gros ! Ouah ! … Faudra qu’on demande à Bruno qu’il nous revende de son Punch ! »

Et oui, définitivement, nous n’avions pas pensé à tout !

PARTIE 4 : JE VIENS DINER CE SOIR

Par la suite, Bruno tenta bien de me donner des détails ou de m’en demander mais je réussis à faire la sourde oreille.
De même, il me pressa pour qu’on renouvelle l’opération mais là-aussi, je ne cédais pas.
Officiellement, je trouvais ça beaucoup trop dangereux et je lui rappelais que nous avions eu beaucoup de chance que ça se déroule sans anicroches.
L’affaire était trop risquée et je ne voulais pas griller mon mariage pour un dangereux coup de queue, aussi agréable et excitant fut-il.
Officieusement, j’avais certes peur de l’accident mais j’avais aussi l’impression de m’être fait un peu manipulé et d’avoir été, sous un certain angle, le dindon de la farce.
Je n’avais pas spécialement envie de lui céder à chaque fois qu’il lui prenait l’envie de se taper ma femme, même s’il m’offrait la sienne en échange.
J’avais par ailleurs un peu de mal à digérer cette trahison envers Marilyn.

Devant ma résistance farouche, Bruno finit par ne plus insister et laissa tomber.
Cette dissension n’entacha cependant pas nos bonnes relations et nous continuions à nous voir souvent.
Puis avec la fin de l’automne et le début de l’hiver, les occasions de nous retrouver autour de la piscine ou d’un barbecue se raréfièrent et furent remplacés par quelques repas plus conventionnels et plus espacés.

De mon côté, mon boulot était monté en puissance et je rentrais tard le soir, au grand dam de ma chérie qui passait son temps dans la maison à déchiffrer ses bouquins et ses manuels dans le but ultime de les traduire.
Nous avions aménagé la deuxième chambre en bureau et elle y passait le plus clair de ses journées.

Au mois de Février, Marilyn dut partir pendant une semaine. On avait fait appel à ses services pour une conférence européenne à Copenhague.

Ca ne m’enchantais pas beaucoup de la laisser partir mais je ne pouvais pas jouer l’égoïste : En général, c’était mon boulot qui nous contraignait. Alors, pour une fois que c’était le sien…

Lorsque Fantine et Bruno apprirent que j’étais « célibataire » pendant une semaine, ils m’ont invités à partager leur table et leurs soirées.
Les trois premiers jours, je déclinai leur offre, profitant de ce célibat forcé pour mettre les bouchées doubles à l’agence.
Mais le jeudi, je me joignais à eux pour la soirée.
Ca faisait un peu bizarre d’être là sans Marilyn. Et alors que le souvenir de la chaude soirée de fin d’été s’était peu à peu estompé dans ma mémoire, cela me troubla de nous retrouver à trois personnes dont une seule ignorait ce qui s’était réellement passé.
Cette étrange sensation de gêne et de réminiscence de désir ne me lâcha pas de toute la soirée.

Il y avait un match de coupe d’Europe à la télé, ce soir là.
Après le repas, Bruno et moi nous sommes installés sur le canapé pour en voir la fin mais Fantine ne nous imita pas :
« – Bon ! J’ai une longue journée demain, je vais me coucher. Bonne nuit les footeuxe ! »
Elle me fit la bise et bécota Bruno au passage. Il lui colla une main aux fesses appliquée et la laissa partir.

Dis minutes plus tard, il me planta là sous un prétexte que je n’ai pas entendu, capté que j’étais par le déroulement du match.
Seulement, la partie se termina et il n’était toujours pas revenu.
Bien poli, je n’osais pas partir comme un voleur, surtout que j’avais été choyé par mes amis.
Et choyé, j’allais l’être encore plus…

Ca faisait une bonne demi-heure que je me tapais le programme débilitant de deuxième partie de soirée lorsque Bruno redescendit.
« – Viens, suis-moi, j’ai une surprise pour toi ! »
Interloqué, je le suivis.
Je fus encore plus intrigué lorsque je vis qu’il m’emmenait à l’étage.

Arrivé devant la porte de leur chambre, il mit un index sur ses lèvres et murmura : « – Chut ! »
Il ouvrit silencieusement le battant et ce que je découvris me laissa pantois, ébahi comme une collégienne devant son premier téléphone portable.

Fantine était étendue complètement nue sur le lit. Elle avait les mains et les pieds attachés par un lien à chaque coin du lit et un foulard de soie rouge lui bandait les yeux.

Recouvrant difficilement mes esprits, je refermai la porte, j’attirai Bruno un peu à l’écart et chuchotai :
« – Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? »
Pas le moins du monde perturbé, il me répondit sur le même ton, en souriant :
« – Ben, j’me disais que comme t’as pas de petite femme depuis le début de la semaine tu cracherais pas sur une petite partie de tralala avec ma jolie Fantine. »
« – Qu’est-ce que tu me chantes là ? »
« – Tu dois avoir besoin de te vider les couilles non ? »
« – C’est pas le problème ! Je ne vais quand-même pas me taper ta femme pendant que tu m’attends en bas ! »
« – Non-non ! T’y es pas ! Cette fois-ci, on s’y met tous les deux : Chacun son tour. Je suis sûr qu’elle va adorer ! »
« – C’est pire que tout ! Tu sais que t’es un grand malade, toi ! »
« – Ben alors ! Elle te plait pas ma petite surprise ? »
L’image de Fantine faisant l’étoile de mer sur son lit me perturbait pourtant plus que je voulais bien l’admettre.
Je n’avais aucune intention de tromper Marilyn à nouveau mais Bruno avait le don redoutable de me déstabiliser à tous les coups et de trouver en moi la faille qui me ferait céder à ses caprices.
« – C’est pas ça… J’trouve ça plutôt… indécent. »
Faible protestation, Bruno ne fut pas dupe.
« – Allez, je te laisse l’honneur de la première joute ! Fais pas ton précieux ! »
Et il me poussa de nouveau vers la chambre.
J’eus juste le temps de rajouter :
« – Quand-même ! Pour une fille qui était sensée ne pas aimer les trucs spéciaux…tu repasseras ! »

Fantine n’avait pas bougé (Remarquez, sa marge de manœuvre était des plus limitée).
Bruno se pencha sur elle et lui baisa les lèvres.
« – Il est parti ! A nous la nuit ! Es-tu prête à vivre le moment le plus torride de ton existence, mon amour ? »
« – Je suis prête ! » Répondit-elle dans un feulement de désir.

Son mari s’écarta et, d’un bras balayant la scène, il m’invita à prendre position.
« -A toi de jouer ! » Articula-t-il muettement.

Ca semblait fou, autant sinon plus que l’échange de l’été dernier, mais qu’est ce que c’était alléchant et excitant !
Fantine, patiente, attendait écartelée et offerte sur les draps de satin ivoire.
C’était la première fois que je la voyais totalement nue, en pleine lumière (même si, en fait, la lumière était tamisée). Ses beau seins, bien formés, étalaient à peine leur pesanteur de chaque côté de son buste, la position de ses bras en croix les obligeant à se tenir bien haut. Ses mamelons foncés dressaient deux pointes arrogantes, témoins de l’excitation qui animait la jeune femme.
L’autre témoin se situait plus au « sud » : Sous le triangle pubien soigneusement dessiné, sa rose pourpre maintenue ouverte par l’écartement de ses jambes halées luisait d’une pellicule translucide garante de son consentement impatient.
Son ventre se soulevait à une cadence rapide : Elle avait le souffle court de celle qui sait que cela va venir mais qui ne sait pas quand.
Elle se tortillait langoureusement, savourant le délicieux moment de l’attente.

Cette vision de rêve me fila une trique du tonnerre.

Ignorant Bruno qui s’était un peu reculé pour mater le spectacle, j’ai abandonné mes derniers vestiges de scrupule. Je me suis déshabillé illico presto et je me suis installé entre les jambes de Fantine.
Privilégiant l’effet de surprise, mon premier contact fut celui de mes lèvres sur son bouton rose niché sous sa toison brune. Elle miaula d’entrée.
Comme quelques mois plus tôt, mon art du cunnilingus fit des miracles et en moins de deux minutes, la jeune femme tordit son bassin sous l’effet de son premier orgasme.
Mais cette fois, comme elle était entravée, elle ne pouvait pas me repousser et, sourd à ses gémissements suppliants, j’ai insisté pour lui faire endurer le plus longtemps possible l’insupportable volupté de ce plaisir fulgurant.
Tournant mon regard vers Bruno assis en retrait, je vis son air satisfait et sa moue admirative. Il hochait la tête d’un air appréciateur.
Je décidai que mon tour n’était pas terminé. Ce court prélude n’ayant en rien coupé mon désir, je me suis redressé sans laisser à la jeune femme le temps de se remettre de ses émotions et je suis entré en elle d’un coup de rein puissant, lui arrachant un cri de plaisir immédiat.

Je n’avais jamais imaginé à quel point le fait de prendre une femme sous les yeux de son mari pouvait être bandant.
Pour Fantine, cette excitation se traduisit par un acte d’amour long et intense au cours duquel je m’appliquais à aller doucement tout au fond d’elle avant de ressortir presqu’entièrement puis replonger de plus belle.
Entravée sous mon corps, empalée sur mon pieu, ma voisine vivait pleinement cette expérience sans doute inédite : Ses membres se tendaient à chaque lente pénétration et elle agrippait ses liens comme pour se tenir à quelque chose de stable, afin de ne pas se noyer dans un océan de sensations charnelles.

Apparemment, cela excitait bien Bruno aussi. Il avait glissé une main dans son pantalon et se massait l’entrejambe sans complexes.
J’ai pris mon temps, savourant l’instant avec délectation, mordillant le cou de ma partenaire qui poussait des gémissements de plus en plus sonores, des cris de plus en plus expressifs.
Puis, submergé par le plaisir, je me suis laissé aller dans un grognement à peine contenu tandis que Fantine faisait tout ce qu’elle pouvait pour tendre son bassin vers le mien.

A peine le temps de reprendre ma respiration et Bruno me fit signe de lui laisser la place.
Obéissant, je me trainai donc jusqu’au bord du lit puis jusqu’au fauteuil qu’il venait de libérer.

Silencieusement, il se dévêtit et lorsqu’il ôta son caleçon, exhibant une gaule de fière allure, je compris enfin pourquoi Marilyn avait « senti » une certaine différence entre nous : Le salopard était sacrément bien monté !
Je lui rendais quelques centimètres aussi bien en longueur qu’en diamètre.
Ignorant mon regard épaté, il s’installa entre les jambes ouvertes de sa femme et, sans préambule, l’embrocha pour continuer le « travail »de sape que j’avais commencé.

Les filles se moquent toujours des mecs et de leur obsession sur la taille de leurs attributs.
Il paraitrait que ce qui compte, ce n’est pas la taille mais la manière dont on s’en sert.
Mouais. Moi, je ne suis pas loin de penser que c’est encore un truc inventé pour consoler les « p’tites bites » de devoir trimer deux fois plus pour essayer d’arriver au même résultat que les « bien membrés ».
On aura beau dire, en avoir une grosse, ça aide !
D’ailleurs, Bruno était en train de prouver la logique de mon raisonnement.
Sans faire preuve de raffinement particulier, il se contentait de pilonner sa femme à grands coups de reins ravageurs et visiblement, cela faisait ses effets : La dame chantait son plaisir à gorge déployée, la tête renversée en arrière et la bouche grande ouverte qui essayait de capter un maximum d’air afin de pouvoir gueuler un peu plus encore.
Même si j’y étais sans doute pour quelque chose dans l’état d’excitation dans lequel se trouvait Fantine, je devais admettre que Bruno avait une manière très convaincante de provoquer l’orgasme féminin.
Et tandis que mon voisin besognait consciencieusement sa compagne, je ne pouvais m’empêcher de visualiser Marilyn à la place de Fantine quelques mois plus tôt. Si elle avait bénéficié du même traitement, ma femme avait effectivement dû constater une nette différence, tant dans la taille que dans le rythme.

Mater ce couple en pleine copulation eut de rapides effets régénérateurs sur ma virilité. C’était terriblement raidissant. Mieux qu’un film porno : Je pouvais à ma guise changer l’angle de vue, tantôt sur les beaux seins de Fantine malmenés par la cavalcade effrénée, tantôt sur le gros phallus pénétrant sans ménagement la chair rose de sa fleur éclaboussée.
Et lorsqu’après un dernier coup de rein, Bruno explosa dans un grand rugissement, il me laissa à nouveau la place pour mon deuxième tour gratuit.
Je ne refusai pas et pris la suite immédiate, enfonçant mon dard dans la petite fente noyée par les sécrétions de plaisir et nos semences mélangées.

Je ne sais pas comment il se faisait que la jeune femme ne remarque pas quelque chose de bizarre dans ces intromissions successives sans l’habituel temps de latence masculine, toujours est-il qu’elle de fit aucun commentaire étonné et se contenta de nous accueillir avec des « oh ! », des « oui ! » et des « oh oui ! » très convaincus.

Nous nous sommes relayés trois fois chacun, jusqu’à ce que, la vulve en feu, Fantine demande grâce.

Bien que la description que j’en fais maintenant, quelques années plus tard, paraisse un peu mécanique et décérébrée, ce fut une expérience extraordinairement belle et sensuelle.

Bien-sûr, j’avais été obligé de mettre de nouveau sous l’éteignoir l’insistant sentiment de culpabilité que me provoquait ce deuxième coup de canif dans mon contrat de mariage.
Bien-sûr, j’avais vaguement conscience du danger potentiel lié au fait de faire l’amour à une femme ligotée et bâillonnée avec le seul consentement de son mari : Que ce serait-il passé si le bandeau de Fantine avait malencontreusement glissé pendant ces ébats ?
Mais la puissance érotique quasi-animale de cette situation m’avait encore une fois dépassé et ces risques potentiels n’étaient rien comparés au plaisir que j’en avais retiré.

Je sais que les femmes qui me liront nous qualifieront, Bruno et moi, de sales butors égoïstes mais je peux vous assurer que dans l’histoire, la grande gagnante ce fut quand-même Fantine : Je ne soupçonnais pas qu’une femme puisse connaître autant d’orgasmes successifs en une nuit.

Et dire qu’elle avait une journée chargée le lendemain !

********

C’était maintenant devenu une habitude, une façon d’être, la vie reprit son cours sans que ni Bruno ni moi nous ne reparlâmes de cette nuit de délire orgiaque.

Il arriva que je me retrouve seul à la maison à d’autres reprises et que mes voisins m’invitent à manger mais Bruno ne m’invita plus à partager sa compagne.

A l’époque, je pensais qu’il collectionnait les expériences sexuelles comme d’autres collectionnent les boites de camembert ou les cartes téléphoniques. A partir du moment où il avait réalisé un fantasme, celui-ci ne l’intéressait plus et il passait au suivant.
Et des fantasmes, il en avait un paquet !

Plusieurs semaines plus tard, ce fut au tour de Fantine de devoir s’absenter pendant trois jours pour assister à un séminaire organisé par son boulot.

Evidemment, vous vous doutez de la suite logique.
Et bien moi, grand benêt que je suis, je n’ai rien vu venir.

PARTIE 5 : BIENVENU CHEZ MOI.

Ce mardi soir, je rentrai à la maison relativement tard, dans les 19 heures 30.
Comme d’habitude, à peine la porte franchie, je sentis les bonnes odeurs venant de la cuisine.
Je déposai ma mallette et pendis ma veste avant de m’avancer dans le séjour, prêt à m’écrouler dans le canapé tel un stéréotype parfait du cadre dynamique épuisé par son travail « excessivement envahissant mais incroyablement passionnant » et qui remarque à peine les pâles efforts de « bobonne » pour tenir un intérieur gai et propret dans l’attente du mari prodigue.

Mon remake franchouillard de « Desperate Housewives » s’arrêta net lorsque, surpris, je tombai sur Bruno qui, tel le maître de maison, était assis dans un fauteuil devant trois verres de pastis.
« – Tiens ! Qu’est-ce que tu fais là ? »
A ce moment Marilyn apparut à la porte de la cuisine.
« – B’soir chéri ! Bruno est tout seul ce soir, Fantine est partie en stage à Toulouse, je me suis dit que ce serait trop bête qu’il reste dans son coin et je l’ai invité à manger avec nous. »
« – Cool ! Et je vois que l’apéro m’attend déjà ! »
« – Bien-sûr ! » Dit un Bruno souriant en levant son verre.

Marilyn nous avait préparé une de ses spécialités absolument pas danoise mais quand-même excellente : Un curry d’agneau aux patates douces. Bruno s’en léchait les babines.
Je trouvais ma femme particulièrement pimpante ce soir-là, guillerette et enjouée, elle éclatait de rire pour un rien.
Il faut dire qu’en l’absence de Fantine, elle avait voulu faire comme les hommes et avait absorbé un double pastis bien tassé, elle qui en général se contentait d’un petit vin cuit, voire d’un jus de tomate au sel de cèleri.

Bruno nous conta ses anecdotes de prof, nous mimant certains élèves particulièrement graves (Et oui, les profs aussi se moquent des élèves !), ce qui nous plia de rire une bonne partie du repas.

En desservant la table, je remarquai un petit manège inhabituel de Bruno. Enfin, pas si inhabituel que ça mais plus accentué, moins discret.
Il nous aidait à ramener les plats et les couverts à la cuisine et s’arrangeait, à chaque passage, pour se trouver sur la route de Marilyn. Il en profitait alors pour la frôler du bras ou la toucher du bout des doigts : une main sur l’épaule, sur le bras, sur la hanche…
Comme je viens de le dire, cela lui arrivait parfois mais pas aussi systématiquement et lorsqu’il lui posa la main au bas du dos, qu’on aurait plutôt dit une main aux fesses, j’en restai interloqué.
Cependant, Marilyn ne paraissait pas s’en offusquer. D’autant qu’il ne se privait pas de lui lancer compliment sur compliment :
« – Ton plat était vraiment succulent ! Je dois te remercier pour ça » Et hop ! Un bisou sur la joue, presqu’au coin de lèvres …
« – Tu es très en beauté, ce soir ! » En la déshabillant du regard ; Comme un fait exprès, elle avait choisi pour cette soirée, une robe noire serrée super sexy qui lui arrivait largement au dessus du genou.
Ca n’avait pas dû contribuer à calmer notre voisin….

« – Ca te va bien cette nouvelle coupe ! » En lui replaçant doucement une mèche de cheveux…
« – Cette petite robe te va à ravir ! Ca souligne parfaitement des jolies courbes. J’en croquerais ! » C’est là qu’il lui avait mis la main au cul.
Je ne m’y connaissais pas ou ça avait toutes les caractéristiques d’un solide rentre-dedans !
Pour lui trouver des excuses, je me suis dit que l’absence de sa femme, combinée à une dose d’alcool non négligeable lui avait fait perdre quelque peu la notion des bonnes manières.
Par contre, l’attitude de Marilyn me troublait : Certes, elle était aussi bien imbibée mais j’avais la nette impression qu’elle jouait volontairement dans son jeu : Gloussant à la moindre occasion et ondulant du croupion sous le nez du mâle en rut.
Marilyn habituellement sensible aux flatteries trouvait là un écho parfait qui devait sans doute l’émoustiller quelque peu d’autant que, sans le vouloir vraiment, je l’avais un peu délaissée au profit de mon boulot, ces derniers temps.
Voulait-elle me rendre un peu jaloux ?
Ou tout simplement, se voir convoitée par deux beaux spécimens flattait-il son ego ?
Je n’aurais pas su le dire.

Nous nous sommes installés dans le canapé pour finir la soirée en discutant et Bruno continua ses approches de moins en moins fines.
Marilyn était assis entre nous deux et alors que c’était moi le mari, c’était Bruno qui avait passé son bras derrière la nuque de ma femme pour qu’’elle y pose sa tête embrumée.
Mais cela ne dura pas longtemps : Bruno suggéra qu’on termine en beauté ce formidable repas avec une petite liqueur et Marilyn se porta volontaire pour aller chercher les bouteilles et les verres adéquats.

Je profitais de cette absence pour interpeller mon voisin :
« – Je peux savoir à quoi tu joues, là ? »
Fidèle à sa façon d’être, il ne tourna pas autour du pot :
« – Ben, je suis un peu en manque et je me disais que c’était l’occasion pour toi de me renvoyer l’ascenseur suite à notre petite soirée à la maison en novembre dernier. »
Malgré tout ce à quoi je venais d’assister, son franc parler me mis encore une fois sur le cul.
Ses intensions étaient claires mais je voulais être sûr de bien comprendre :
« – Tu veux dire que tu veux coucher avec Marilyn cette nuit ? »
« – Ben oui ! Enfin… On s’y met tous les deux, comme la dernière fois… Allez, tu me dois bien ça non ? »
Toujours très habile pour me manipuler, il omettait bien de rappeler que moi, l’autre fois, je ne lui avais rien demandé.
Précision d’importance quand-même !
L’échappatoire me sembla évidente :
« – Euuh… Pourquoi pas, sauf que je n’ai pas l’habitude d’attacher Marilyn au lit, moi ! »
J’avais oublié qu’il avait toujours réponse à tout.
« – Pour ça, t’inquiète pas ! On n’est pas obligé de faire un copier-coller. Avec une bonne bouteille de liqueur, j’en fais mon affaire ! »

J’étais pas super emballé pour laisser ma compagne aux mains de Bruno mais après tout ce qu’il avait fait pour moi, je me voyais mal jouer le jaloux. Il avait l’air si sûr de lui que j’étais même impatient de le voir à l’œuvre car, après tout, ma femme était assez grande pour se défendre si ça ne lui convenait pas.
Et… quelque part, j’étais assez curieux de voir comment elle réagirait, sous l’effet désinhibiteur de l’alcool, face aux avances d’un autre homme.

Je lui laissais donc la place sur le canapé tandis que prenais possession du fauteuil qui lui faisait de trois quarts face.
Lorsque Marilyn revint, elle se réinstalla à la même place sans paraître remarquer l’inversion des rôles.
Bruno se mit alors à nous sortir toute sa gamme de blagues cochonnes qu’il avait en réserve (réserve apparemment inépuisable) et, entre chaque, il s’appliquait à remplir le verre de ma femme.
Plus ça allait, plus elle riait en perdant ses moyens.

Et Bruno enchaînait :
« – Trois amis sont dans un bar, accoudés au comptoir. Ils comparent leurs techniques amoureuses :
– Moi, dit le premier, je commence par le haut : Tout doucement, j’embrasse toutes les parties de son corps, le visage, le cou, les seins, le ventre… et quand j’arrive à l’endroit fatidique… elle hurle !
– Moi, dit le deuxième, je commence par le bas : Tout doucement, j’embrasse toutes les parties de son corps, les pieds, les chevilles, les mollets, les genoux, les cuisses… et quand j’arrive à l’endroit fatidique… elle hurle !
– Moi, dit le troisième, pas de préliminaire : je la prends par devant, je la bourre, je la prends par derrière, je la re-bourre, je la retourne et je la re-re-bourre !
– Et alors ? Elle hurle ?
– Ben ouais : Quand je m’essuie dans les rideaux ! »

Marilyn n’en pouvait plus. Moi-même, je commençais à avoir des crampes aux maxillaires à force de rire.

A un moment, après une connerie plus salace encore que les autres (si-si, c’est possible !), elle fut prise d’un fou rire et, entre deux hoquets, parvint difficilement à articuler :
« – Hi ! Hi ! Hi ! Arrête ! Arrête ! Sinon je vais faire pipi dans ma culotte ! Ha ! Ha ! Ha !

Bien-sûr, Bruno rattaqua aussitôt :
« – Le petit Julien est à l’école. La maitresse apprend à toute la classe le sens du mot « probablement » :
– Alors les enfants, voici un exemple : Le ciel est gris, les nuages s’accumulent, le vent se lève, il va probablement pleuvoir. Bon, maintenant qui peut me donner un autre exemple ?
Une fille lève la main :
– J’ai été très gentille, j’ai bien fait mes leçons, je vais probablement recevoir une récompense.
– Très bien Coralie ! Qui d’autre ?
Julien lève la main :
– C’est samedi, ma grande sœur reçoit son professeur de piano pour sa leçon, ils s’enferment dans le salon, je regarde par le trou de la serrure, je vois le professeur qui baisse son pantalon, ma sœur baisse sa petite culotte : Probablement qu’ils vont chier dans le piano ! »

Marilyn s’écroula derechef et ce qui devait arriver arriva :
« – Oh nooon ! Ca y est ! J’ai lâché des goutes ! Ha ! Ha ! Ha !
Bruno en parut ravi :
« – Noon ! ! J’te crois pas ! »
« – Si-si ! Je t’assure ! »
« – Tu rigoles ! »
« – Mais si, je te dis ! »
« – Non ! Ca m’étonnerais, quand-même. Il me faut une preuve ! »
« – Qu’elle preuve ? » demanda Marilyn, encore secouée de soubresauts hilares.
« -Montre-moi ! »
« – Que je te montre ma culotte ? » Gloussa-t-elle.
« – Ben ouais : Je veux voir la preuve que je t’ai fait pisser de rire. » Confirma Bruno en faisant mine de soulever la robe de ma femme.
Elle l’en empêcha mais, alors que j’aurais parié ma paye qu’elle n’aurait jamais le cran de faire une chose pareille, elle me jeta un coup d’œil furtif et, les joues roses, elle passa rapidement ses main sous sa robe et, avec stupéfaction, je la vis soulever ses fesses et baisser sa culotte jusqu’à ses chevilles.
S’en saisissant avec un air de défi, elle la brandit ensuite comme un trophée, sous le nez d’un Bruno visiblement très satisfait de lui.
Il s’empara du petit triangle de dentelle noire et, sous le regard amusé et intimidé de ma femme, il l’examina sous toutes les coutures. Puis, pour conclure, son analyse, il colla ses narines sur l’entrecuisse du sous-vêtement.

Je regardais Bruno mais aussi Marilyn : Subjuguée par le numéro de notre voisin, ses joues s’empourprèrent de plus belle lorsqu’elle le vit plonger son nez dans ses odeurs intimes.
Il huma longuement la culotte de ma femme, semblant y prendre un vif plaisir puis, l’air canaille, il conclut :
« – Ouais, il doit bien y avoir quelques goutes mais je suis prêt à parier que cela ne suffit pas pour expliquer que cette culotte soit trempée à ce point ! »
Comme pour vérifier son assertion, il mit soudain le bout de tissu dans sa bouche et le suça avec une évidente gourmandise.
Marilyn ouvrit de grands yeux en plaquant sa main devant sa bouche.
C’en était trop pour elle, elle se leva et, tout en riant aux éclats, elle zigzagua vers les toilettes pour libérer sa vessie avant d’être obligée de lâcher les chutes du Niagara sur le pauvre canapé qui n’avait rien demandé.

Lorsqu’elle revint en titubant, encore sous l’effet de l’euphorie, Bruno l’accueillit en chantonnant :
« Marilyn, petite coquine,
A de la cyprine plein la mimine…
Allez ma voisine,
Viens ici que je te butine !

Marilyn, gourgandine,
J’en suis sûr, aime la pine…
Allez, salle gamine,
Viens ici que je te burine ! »

N’importe qui aurait été outré par une telle grivoiserie mais Ma femme était dans un tel état qu’elle rit de plus belle en se rasseillant à sa place, toujours aussi prés de Bruno.
Elle devait se dire que c’était tellement gros qu’il plaisantait forcément.
Seulement, sans en avoir l’air, Bruno avait clairement dévoilé ses intentions, elle ne pourrait pas dire qu’elle n’avait pas été prévenue.

Après cet interlude, Bruno se lança de plus belle à la conquête de ma blonde, il se rapprocha d’elle (si-si c’était encore possible !) et, l’air de rien, posa une main son genou.
Ce qu’il ne savait pas (mais peut-être s’en doutait-il), c’est que ça émoustillait toujours beaucoup Marilyn de se retrouver sans culotte en public.
On ne peut pas dire qu’elle était une habituée de la chose mais lorsque cela lui était arrivé, cas de force majeure ou volonté délibérée, elle m’avait à chaque fois avoué, par la suite, que ça l’avait rendue toute chose.
J’en avais d’ailleurs souvent profité puisqu’alors, si c’était possible, cela nous avait entraînés dans des ébats furtifs où l’urgence et le risque se liguent pour amplifier l’excitation du moment.

Liée à un degré d’alcoolémie largement supérieure à la limite autorisée, c’est sans doute cette prédisposition qui fit que ma femme ne repoussa pas la main espiègle de son voisin posée sur son genou et qu’elle ne broncha pas plus lorsque ladite main se fit baladeuse.
Tout juste me lança-t-elle un regard vaguement interrogateur auquel je renvoyai un sourcil levé signifiant : « T’es grande, ma belle, débrouille-toi avec lui maintenant que tu l’as allumé ! »

Après cet interlude, Bruno se lança de plus belle à la conquête de ma blonde, il se rapprocha d’elle (si-si c’était encore possible !) et, l’air de rien, posa une main son genou.
Ce qu’il ne savait pas (mais peut-être s’en doutait-il), c’est que ça émoustillait toujours beaucoup Marilyn de se retrouver sans culotte en public.
On ne peut pas dire qu’elle était une habituée de la chose mais lorsque cela lui était arrivé, cas de force majeure ou volonté délibérée, elle m’avait à chaque fois avoué, par la suite, que ça l’avait rendue toute chose.
J’en avais d’ailleurs souvent profité puisqu’alors, si c’était possible, cela nous avait entraînés dans des ébats furtifs où l’urgence et le risque se liguent pour amplifier l’excitation du moment.

Liée à un degré d’alcoolémie largement supérieure à la limite autorisée, c’est sans doute cette prédisposition qui fit que ma femme ne repoussa pas la main espiègle de son voisin posée sur son genou et qu’elle ne broncha pas plus lorsque ladite main se fit baladeuse.
Tout juste me lança-t-elle un regard vaguement interrogateur auquel je renvoyai un sourcil levé signifiant : « T’es grande, ma belle, débrouille-toi avec lui maintenant que tu l’as allumé ! »

Ce ne fut sans doute pas assez explicite.
Et alors que, dans mon idée, ma réponse muette l’invitait à prendre ses responsabilités vis à vis de notre voisin en espérant bien évidemment qu’elle allait lui mettre les points sur les i et le rembarrer, Marilyn prit au contraire mon manque de réaction pour un accord tacite et s’abandonna peu à peu sous les caresses de Bruno.

Avec un pincement au coeur, je la vis s’adosser au siège et fermer les yeux tandis que la main de Bruno accentuait ses mouvements circulaires qui la faisaient disparaître de plus en plus fréquemment sous la robe noire.

Incapable de détacher mes yeux de cette avancée conquérante, je sentais ma gorge se serrer peu à peu en réalisant la facilité avec laquelle Marilyn s’était laissée convaincre.
Et voilà. J’avais joué avec le feu et mon amour propre s’y consumait lentement mais sûrement.

Le bavard avait tari son flot de plaisanterie mais il nous parlait toujours.
Je ne saurais plus dire ce qu’il nous racontait, je me souviens juste de sa voix grave et lénifiante qui complétait parfaitement la douce musique d’ambiance. C’était presque un monologue : Je ne lui répondais que par monosyllabes et Marilyn ne disait plus rien alors que la tension érotique du moment se faisait de plus en plus évidente.
Puis, sentant le moment venu, il se pencha sur elle et l’embrassa sur la bouche devant mes yeux ébahis : Marilyn ne le repoussa pas. Pire, elle lui rendit son baiser.
Assis à moins de deux mètres d’eux, je vis bientôt leur langues se mêler tandis que la main de Bruno avait maintenant complètement disparu sous la robe de Marilyn.
Je vis soudain celle-ci tressaillir et quelques instants plus tard, tout en continuant à embrasser ma femme à bouche que veux tu, Bruno ressortait sa main et la présentait derrière lui, dans ma direction, afin que je puisse nettement voir ses deux doigts tendus luisant de la cyprine de ma femme sur toute leur hauteur.
Bon sang ! Ce salaud ne perdait pas de temps !
D’ailleurs, sa paluche ne resta pas en l’air bien longtemps, elle replongea vers l’entrejambe de mon épouse qui crispait ses mains sur les épaules de Bruno.
Cette fois-ci, pour être plus à son aise, il lui remonta largement le tissu le long des cuisses et plaqua sa paume sur le pubis blond. Je pus alors distinguer ses doigts replonger dans l’intimité noyée de Marilyn et la fouiller sans vergogne.
Se pliant de plus en plus sous le poids de notre voisin, ma femme commençait à émettre des petits gémissements pendant que son bassin ondulait sous le massage interne que lui prodiguait Bruno.

Et alors que tout semblait gagné pour mon voisin entreprenant, Marilyn me regarda, eut soudain un sursaut, un éclair de lucidité.
Elle le repoussa et se tortilla pour se dégager de son étreinte :
« – Stop ! Stop ! Qu’est-ce qui se passe, là ? T’es fou ? Arrête ! »
Aah ! Je retrouvais la Marilyn que je connaissais, ma Marilyn !
Elle avait mis le temps mais sa rigueur naturelle avait enfin repris le dessus.
Visiblement très étonné qu’une conquête lui échappe à ce moment précis, Bruno la laissa se redresser et redescendre sa robe à un niveau plus « décent ».
« – Ben, qu’est-ce qu’il se passe ? »
Marilyn encore toute rouge et essoufflée paraissait affolée.
« – Ce… ce n’est pas convenable. »

Décidément, ma femme était aussi peu douée que moi pour trouver une excuse.
Il semblait évident que le traitement que lui avait réservé Bruno lui avait particulièrement échauffé les sens et que la seule raison à son revirement soudain était ma présence en face d’eux.

Bruno allait devoir tout recommencer au début mais il avait de la ressource.
« – Qu’est-ce qui n’est pas convenable ? »
« – Tu… tu es un ami … et…Sèb… Sèb est mon mari. »
Un peu flou comme explication.
Et Bruno maintenait la pression. Il restait très près d’elle et avait reposé sa main sur son genou, immobile cette fois.
Il lui parlait de sa voix enchanteresse.
« – Je suis un ami mais j’ai une folle envie de toi et je suis persuadé que tu en as envie tout autant que moi. Ose affirmer le contraire. »
Marilyn, rouge jusqu’aux oreilles me glissa un regard par en dessous puis baissant les yeux, elle fit un timide non de la tête.
« – Tu vois ! Quant à Sèb, je suis tout aussi certain qu’il ne veut que ton bonheur,…que ton plaisir…n’est-ce pas Sèb ? »
« – Bien-sûr. »
J’ai essayé de mettre dans cette réponse une intonation indiquant que malgré mon consentement de façade j’étais bien content qu’elle lui résiste mais je n’étais pas sûr d’y être parvenu.

Marilyn était visiblement perdue, elle s’était rabattue sur une attitude défensive prudente.
Elle devait sentir que quelque chose clochait mais l’alcool et l’ambiance générale de la soirée avaient anesthésié la majeure partie de ses capacités d’analyse.
Le raisonnement simpliste de Bruno n’aurait pas résisté à la première critique un minimum argumentée mais là, dans ces conditions particulières qu’il avait su instaurer, ça faisait mouche.
Il ne lui restait plus qu’à asséner l’argument de poids (et de taille !).

« – De toutes façons, tu ne peux pas me laisser dans cet état, regarde ! »
D’autorité, il lui saisit une main et la posa sur son propre entrejambe qu’une bosse non négligeable déformait.
Ne semblant pas comprendre ce qu’il disait, Marilyn tâta un peu la bosse et tout d’un coup réalisa ce qu’elle faisait. Elle retira sa main aussi promptement que si elle avait reçu un choc électrique.
« – Tu as vu dans quel état tu m’as mis ? … Attends, tu n’as pas l’air de bien comprendre, tu vas voir… »
Sans demander notre avis, il se leva d’un bond, se campa devant elle et, d’un coup, baissa pantalon et caleçon jusqu’aux genoux, lui jetant à la figure la vision inévitable de sa virilité priapique.
Avec un petit cri, ma femme avait eu juste le temps de placer ses mains sur ses yeux dans un réflexe de pudeur incroyable mais trop tard : Elle avait entrevu le monstre.
Complètement cramoisie, elle écarta ses doigts et je pus voir ses yeux écarquillés détailler le pénis en totale érection.
J’étais bien placé pour savoir qu’elle n’en avait jamais vu de cette taille. Elle semblait fascinée par cette queue dressée à son intention, sous ses yeux.

Bruno la regardait en souriant. D’une voix chaude et rassurante, il lui dit :
« – Je sais que tu veux la toucher. »
Comment pouvait-il paraître si sûr de lui et si à l’aise dans cette position que tout un chacun trouverait embarrassante ?
Mais il savait qu’il avait gagné.
Cette fois-ci, il n’eut pas besoin de la guider. D’un geste hésitant, tout en retenue, la main de Marilyn quitta sa bouche et se posa timidement sur la tige érigée.
Lentement, elle la frôla du bout des doigts sur toute sa longueur, telle une novice découvrant émerveillée les contours d’une oeuvre d’art rare et fragile.
Le membre frémit sous la caresse.
Ce geste était chargé d’une puissance érotique invraisemblable. Je sentis mon propre organe se gonfler de sang.
« – Prends-le dans ta bouche. »
Le commandement de Bruno était doux mais ferme, incontestable.
Cette fois encore, Marilyn m’interrogea du regard.
Mais cette fois, ma réponse fut sans ambiguïté : J’opinai de la tête.
Maintenant, j’avais envie qu’elle lui obéisse.
Maintenant, j’avais envie de la voir avaler cette magnifique verge.
Maintenant, j’avais envie de la voir sucer notre voisin.

Alors elle posa ses lèvres sur le bout violacé.

« – Ouvre la bouche, ma chérie. »
Elle lui obéit et entrouvrit ses lèvres.
Il posa ses mains derrière la nuque gracile, avança son bassin et le pénis força le passage entre les deux rangées de dents blanches parfaitement alignées.
Il poussa un grognement de plaisir.
Maintenant la petite tête blonde entre ses mains, il ramassa les cheveux longs qui masquaient le visage de Marilyn en une grossière queue de cheval, comme s’il voulait me dégager la vue sur sa bite pénétrant inexorablement la gorge de ma femme.
Il continua jusqu’à ce que Marilyn se tende en arrière, signe qu’elle ne pourrait pas encaisser un centimètre de plus. Elle en avait cependant avalé une bonne moitié, presque deux tiers.
Il se recula alors et la longue tige luisante sortit intégralement sous le petit nez en trompette de sa voisine.
« – On continue ? »
Pour toute réponse, Marilyn enfourna le pieu de plus belle.
Et ils continuèrent.
C’était Bruno qui imprimait le rythme. Marilyn se laissait guider mais à entendre les grognements du mâle, ses succions faisaient merveille tandis que ses mains empoignaient les fesses musclées de son partenaire.

C’était la première fois que je voyais en vrai une fellation réalisée par un autre couple (en dehors de la petite séance matinale entre Fantine et Bruno mais c’était de plus loin).
C’était la première fois que je voyais Marilyn sucer un autre gars.
Pourtant, le sentiment de jalousie qui m’avait habité depuis le début de la soirée avait soudainement totalement disparu.
Complètement hypnotisé, je ne voyais plus qu’une chose : Une scène de sexe terriblement bandante.

Ils prirent le temps d’en profiter. Mon épouse prenait un plaisir évident à lécher et sucer ce phallus inédit et Bruno l’encourageait de la voix, lui confirmant tout le bien qu’il pensait de sa prestation, tout en jetant de nombreux coups d’oeil dans ma direction pour s’assurer que je n’en ratais pas une miette. Ca devait l’exciter encore plus de me voir mater.

Comme Bruno dans ma position quelques semaines plus tôt, j’ai oublié toute pudeur.
Je me suis déculotté et j’ai doucement commencé à me palucher devant eux, sans aucune gêne.

De leur côté, le rythme s’accéléra nettement. Produisant des bruits de succion baveuse de plus en plus équivoques, Marilyn s’activait maintenant furieusement sur le pénis turgescent et Bruno, la tête renversée en arrière et la bouche grande ouverte semblait au bord de l’apoplexie.
Il gronda soudain :
« – Avale, chérie, avale ! »

J’entendis presque aussitôt Marilyn déglutir bruyamment tandis que le grondement de Bruno se mua rapidement en un rugissement tonitruant.
Il resta quelques instants pétrifié dans l’extase puis il s’affala dans le canapé, à côté de ma femme qui, les yeux dans le vide, se demandait peut-être encore comment elle en était arrivée là.
Sans doute un peu honteuse, elle n’osait pas me regarder mais Bruno me pointa du doigt et lui dit :
« – Regarde ! Tu crois que ça ne lui a pas plu ? »
J’étais resté immobile, le sexe encore bandé à la main.
Il ajouta :
« – Allez ma belle, occupe-toi de lui, il le mérite bien ! »

Marilyn me sourit, essuya ses lèvres rosies d’un revers de main et vint s’agenouiller entre mes jambes.
C’était une autre Marilyn que je commençais à découvrir ce soir-là : Une Marilyn dévergondée et gourmande de sexe.

Lorsque, installée entre mes cuisses, elle leva les yeux vers moi avec un sourire énigmatique sur les lèvres, je remarquai alors son petit défaut caractéristique dans le regard : Un léger strabisme que d’ordinaire elle parvenait à maîtriser mais qui réapparaissait systématiquement dans trois occasions que j’avais pu recenser : Une grosse fatigue, une ivresse passagère ou une forte excitation sexuelle.
Nul doute qu’au moins deux des trois symptômes avaient contribué à faire réapparaître cette petite coquetterie qui la rendait si désirable.

Elle me prit délicatement le sexe des mains et sans autre transition, le goba.
Un frisson de plaisir me parcourut l’échine.

********

Ca faisait moins de cinq minutes que ma femme me suçait avec une application toute professionnelle quand je vis notre voisin s’approcher derrière elle. Il avait terminé de se déshabiller complètement.
Sa queue avait déjà retrouvé toute sa vigueur et se dressait tel un fier étendard.
Putain ! Ce mec avait une vitalité sexuelle exceptionnelle.

Il s’agenouilla derrière Marilyn et posa ses mains sur ses hanches. Lentement il releva la robe noire et dévoila le superbe fessier dénudé de ma femme.
Celle-ci grogna un semblant de protestation mais ne s’y opposa pas.
De toute façon, il n’était plus l’heure de jouer la sainte nitouche.

Mais il en fallait plus pour notre voisin. Il remonta ses mains le long du dos de Marilyn et alla chercher, entre les omoplates, le tirant de la fermeture éclair qui maintenait la robe fermée. Se saisissant du petit morceau de plastique, il le descendit lentement vers le bas, laissant les pans du vêtement s’écarter naturellement et dévoiler le dos nu de mon épouse barré par les bretelles du soutien gorge.

C’est moi qui me suis chargé de l’attache du soutien gorge.
Une fois celle-ci libérée, Marilyn me laissa passer ses bras à travers les fines bretelles de sa robe et de son sous-vêtement tandis que, presque dans le même mouvement, dans son dos, Bruno lui fit glisser le morceau d’étoffe devenu inutile. Il l’incita à lever un genou, puis l’autre. Docile, Marilyn obéit et se retrouva bientôt totalement nue entre nous deux.

Alors que ma femme poursuivait ses va et vient oraux sur ma petite perche, Bruno s’installa plus confortablement derrière elle.
Il lui saisit les cuisses pour les écarter un peu et positionner sa croupe à la bonne hauteur puis je le vis guider sa hampe vers la grotte charnue ainsi offerte où je ne doutais pas qu’elle allait recevoir un accueil chaleureux.

La bouche pleine, Marilyn poussa alors un long gémissement étouffé tandis que l’énorme engin s’introduisait en elle.
Elle s’immobilisa un instant, sans toutefois me lâcher, afin de mieux ressentir la pénétration envahissante. Lorsqu’il fut planté jusqu’à la garde, elle émit un long grondement frissonnant. Cela me tendit de plus belle.

Alors Bruno commença lui-aussi ses puissants va et vient.
Je vis sa longue queue ressortir toute luisante de l’intimité de ma femme puis y replonger lentement.
A chaque fois qu’il arrivait au fond d’elle, Marilyn émettait un gémissement de contentement qui faisait vibrer son palais sur mon membre et me donnait encore plus de sensations.
Notre voisin semblait aux anges : Un sourire triomphant sur les lèvres, il avait posé les mains sur les hanches de ma femme et tout en me regardant d’un œil amusé, il s’enfonçait joyeusement entre ses petites fesses laiteuses.

Comme par mimétisme, conscient ou pas, petit-à-petit, elle se mit à calquer ses va et vient sur ceux de Bruno en elle ce qui fit qu’à chaque fois qu’il la comblait, elle accentuait la pression de ses lèvres et de sa langue sur ma tige au bord de l’explosion, m’arrachant des soupirs de volupté.

N’en pouvant plus, je sentis la sève monter et je lâchai tout sans prévenir Marilyn, l’obligeant à boire sa deuxième rasade de liqueur d’homme en l’espace de quelques minutes.

Contenté mais vidé, je m’écroulais en arrière dans le fauteuil mais Bruno n’avait visiblement pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Il continua de plus belle son assaut sur les petites fesses de ma femme.
Celle-ci avait enfoui son visage entre mes cuisses et j’entendais ses gémissements assourdis tandis que je sentais ses petits seins frotter en cadence sur mes genoux et ses cheveux ébouriffés me caresser le bas ventre.
Mais cela ne devait pas convenir à notre fougueux voisin. Il s’empara soudain de la crinière blonde et tira en arrière ce qui obligea Marilyn à redresser la tête et à me regarder au moment où il augmentait l’allure de ses coups de pistons de plus en plus violents.

Sans réaction, je restais donc là à regarder ma femme se faire baiser juste devant moi.
Elle me regardait mais son strabisme de plus en plus prononcé lui donnait un petit air absent tandis que sa bouche s’ouvrait grand lorsqu’à chaque coup de rein, elle hoquetait des « Han » de plus en plus aigus.
A la commissure de ses lèvres, une goutte de sperme obscène refusait de tomber.

Subjugué par le spectacle de ma femme et de mon voisin prenant leur pied sous mon nez, je ne me suis pas rendu compte tout de suite que cela avait rapidement redonné consistance à ma virilité qui avait à peine eu le temps de ramollir.
Pour peu, j’allais faire concurrence à la vitalité de Bruno !

Et lorsque sous le traitement attentionné de son voisin, Marilyn cria son orgasme dans ma direction, mon pieu avait retrouvé toute sa capacité érectile.

Bruno n’en avait toutefois pas fini. Loin d’être rassasié, il continua pendant quelque temps à buriner la grotte assouvie de ma femme avachie contre moi puis il s’aperçut assez vite que telle une poupée blonde désarticulée, elle n’encaissait plus ses coups de boutoir comme avant.
Il stoppa alors et, dans un bruit peu sensuel de tuyauterie qu’on débouche, il retira son organe luisant de cyprine et gorgé de sang. J’eus l’impression qu’il avait encore grossi.

Je grommelai alors :
« – C’est ça, laisse-la un peu reprendre ses esprits. »
« – Pas de problème ! » Dit-il en s’adressant à ma femme, « Reprends ton souffle ma chérie, tu vas en avoir besoin ! »
Effectivement, il n’avait visiblement pas l’intention de la laisser tranquille bien longtemps car tout en disant cela, il s’était redressé et rapproché de nous.
Il avança son bassin entre nous deux et glissa sa queue sous le nez de Marilyn. Il posa une main derrière sa nuque pour l’inciter à lécher l’organe tendu devant elle, ce qu’elle fit de bonne volonté.
Ca ne paraissait pas le gêner le moins du monde de me brandir son sexe à trente centimètres de mon visage.
D’où j’étais, je pouvais sentir son odeur envahissante. Une odeur lourde aux accents de luxure.

Encore une fois, je le soupçonnais de jubiler à l’idée de se faire sucer par ma femme littéralement sous mon nez.
Et il en profitait, le goret !
Tandis que ma femme, qui avait depuis longtemps abandonné toute pudeur, léchait avec avidité le gland de notre voisin sous mes yeux, celui-ci n’arrêtait pas de lui glisser des petits mots cochons du genre : « T’aimes ça, petite garce » et tutti quanti.

Je me disais que pour parfaire son fantasme, il allait se faire un malin plaisir d’éjaculer dans la bouche de sa voisine sous le nez de son mari mais, à mon grand étonnement, il se dégagea avant la fin et se repositionna derrière Marilyn.
Avant que j’aie pu comprendre ce qu’il avait en tête, il la saisit par la taille et la souleva.
Ne comprenant pas plus que moi, elle se laissa faire et il la hissa sur le fauteuil où elle vint s’empaler sur mon braquemart que le dernier spectacle n’avait en rien calmé.
Elle émit un petit « Ho ! » surpris en écarquillant les yeux.

Ainsi, maintenant, il voulait nous voir baiser devant lui ? Et bien pourquoi pas ! Dans notre état, nous n’étions pas en mesure de le contredire.
Marilyn approuva cette initiative en débutant d’entrée une ondulation lascive, pubis contre pubis.

Elle est belle, ma femme, quand elle est comblée par le sexe.
A ce moment-là, elle l’était encore plus que d’habitude.
Subjugué par son regard fou, ses cheveux en bataille et ses petits seins tressautant devant moi, je cédais à la terrible envie de l’embrasser avec passion.
Son haleine était chargée mais je supportais sans dégout cette sensation inédite de plonger ma langue dans sa salive où demeurait encore un savant mélange de nos multiples sécrétions.
Au contraire, cela accrut même mon excitation.

Pendant ce temps là, je ne voyais plus Bruno mais je supposais qu’il ne manquait pas une seconde de ce spectacle qui devait bien lui plaire.
Il avait cependant une idée derrière la tête car je sentis soudain le dossier du fauteuil se dérober derrière moi.
Notre voisin avait actionné le mécanisme d’inclinaison, nous obligeant à adopter une position plus allongée.

Cela ne perturba pas Marilyn qui persistait à me chevaucher activement, laissant Bruno lui reluquer l’arrière train sans complexe.

Soudain, je la vis ouvrir de grands yeux et sa bouche largement ouverte forma un O parfait en laissant échapper un tout petit cri étranglé.
En sentant ses parois vaginales se resserrer étroitement sur mon sexe, je compris immédiatement l’origine de sa soudaine surprise : Sans en avoir demandé la permission, Bruno était en train d’investir lentement l’autre orifice de ma femme, le dernier qu’il n’avait pas encore visité.

Sans tabou particulier, Marilyn et moi avions déjà expérimenté ce « plan B » de la sexualité qu’est la sodomie mais, jusqu’à ce jour, il ne nous était jamais venu à l’idée d’envisager une double pénétration.
Un copain un peu plus déluré que moi m’avait un jour raconté avoir vécu cette expérience. Je me rappelais encore son commentaire :
« – La DP ? Ouais, franchement, faut pas s’en faire une montagne : Pour la fille, c’est sans doute pas mal mais pour toi, le gars, ce que tu sens surtout, c’est la queue de ton pote. »

Et à la lumière de cette expérimentation, je dois dire qu’il n’avait pas tort : Alors que Bruno enfonçait inexorablement son gros phallus entre les fesses de ma femme, la paroi était si fine entre les deux cavités et je sentais si parfaitement son gland faire son chemin dans le rectum de Marilyn le long de ma propre verge que j’avais presque l’impression que c’était moi qu’il pénétrait.

Tout au long de cette lente intromission, Marilyn émettait des « Ho » et des « Hou-la » suffocants et je me demandais si elle allait pouvoir en supporter autant.
Mais lorsque je sentis les testicules de Bruno se poser sur les miens, je sus qu’il était au bout et qu’il n’irait pas plus loin.
Et Marilyn n’avait toujours pas crié grâce.
Enfin, quand Bruno débuta le mouvement inverse puis enchaîna ensuite un retour plus franc, elle se lâcha et commença à exprimer de vive voix sa totale approbation.

Je vous passe les détails de cette chevauchée à trois.
L’inexpérience en la matière nous valut quelques mouvements maladroits qui n’entachèrent en rien le pouvoir jouissif de cette découverte.
Pour ma part, je me contentais de suivre le rythme imprimé par Bruno qui avait l’avantage d’être dessus et de pouvoir mieux maîtriser ses coups de reins. Coups de reins que je percevais tout aussi pleinement que Marilyn.

Tout au long de cette courte cavalcade, je me suis attaché à observer le visage de ma femme : Gémissante, criante, grimaçante parfois, elle semblait continuellement aux portes du Nirvana.
Elle m’avait déjà beaucoup surpris depuis le début de la soirée, mais là, coincée entre nous deux, avec nos deux pieux plantée en elle, vagissant son plaisir dans mes oreilles, je découvrais finalement une autre Marilyn. Une Marilyn avide de sexe et de sensations fortes. Une Marilyn qui, inconsciemment, me faisait un peu peur car cette Marilyn-là, pouvait m’échapper.

Tous les couples connaissent le plaisir de jouir à l’unisson.
A entendre nos cris d’extase qui nous échappèrent de façon quasi synchrone, je vous laisse deviner ce que ça donne en trio.

********

Après un long moment pendant lequel, nos trois corps avachis, nous n’avons plus été que soufflements et soupirs, Bruno se redressa et nous proposa de continuer dans la chambre où le lit offrirait à nos ébats une assise plus confortable.

Nous avons suivi sont conseil et nous avons donc fini (ou devrais-je dire continuer) la nuit dans notre chambre.

Là encore, je vous fais grâce des détails de cette nuit de folie et vous laisse imaginer ce que deux hommes dans la force de l’âge peuvent faire en compagnie d’une superbe créature bien décidée à être leur jouet sexuel le temps d’une parenthèse enchantée.
Je peux juste vous assurer que Marilyn et moi avons découvert, cette nuit-là, quelques acrobaties kama-sutriesques dont nous ignorions même l’existence.

********

Au petit jour, je fus le premier à m’éveiller.
Nous étions encore trois dans le lit dont il ne restait plus que quelques vestiges de draps.

Recroquevillée en position fœtale, Marilyn me tournait le dos. Elle était complètement lovée contre le torse de Bruno qui l’enveloppait du bras et de la jambe.

La griserie de la soirée étant dissipée, le serpent de la jalousie se fit de nouveau sentir au creux de mon estomac.
Pourquoi était-elle dans ses bras plutôt que dans les miens ?
Mais les limbes du sommeil m’ont rattrapé avant que j’ai pu développer cette amère pensée.

A mon deuxième réveil, un temps indéterminable plus tard, Marilyn était allongée sur le dos et Bruno n’avait plus qu’une main sur elle, posée sur sa petite chatte blonde.

A mon troisième réveil, le soleil inondait la chambre et Bruno avait disparu.

PARTIE 6 : TOUTE PREMIERE FOIS.

Marilyn et moi n’avons quasiment jamais évoqué cette nuit de débauche dans les semaines qui suivirent.
Chacun de notre coté, nous devions nous sentir un peu honteux de nous être laissés aller en présence de notre voisin et nous avions un peu peur de la réaction de l’autre vis-à-vis de cet écart de conduite.
D’ailleurs, même si l’alcoolémie avait rendu ses souvenirs particulièrement flous, ma femme ne m’interrogea que bien plus tard, lorsque toute cette histoire fut terminée, sur ce qui c’était réellement passé.

Et finalement, bien que ce fut surtout Bruno qui en était le commanditaire principal alors que nous en étions, moi le complice contraint et Marilyn, la victime consentante, ce micmac qui nous avait valut un panard phénoménal avait aussi créé une réelle gêne, à la fois entre moi et ma femme mais aussi entre nous et nos voisins.
Bien que, comme d’habitude, Bruno fasse comme s’il ne s’était rien passé, il était évident qu’il nous était difficile de rester naturel en face de la pauvre Fantine qui avait été hors-jeu sur ce coup là.

Nos relations de voisinage se raréfièrent donc avant de doucement reprendre un rythme plus normal au fil des mois, à mesure que l’oubli faisait son œuvre.

En tous cas, une chose est sûre : Bruno ne tenta plus aucune avance envers ma femme, ce qui confirmait ma thèse de l’époque selon laquelle Bruno était un collectionneur de fantasmes réalisés.
Bien évidemment, je me trompais dans les grandes largeurs mais cela, j’allais l’apprendre bien plus tard. Un peu trop tard.

Un mercredi où, fait exceptionnel, je ne travaillais pas, je glandouillais à la maison quand un manège particulier attira mon attention à la fenêtre.
Je posai la question à Marilyn :
« – Dis, c’est quoi tous ces jeunes qui entrent et qui sortent régulièrement de chez Fantine et Bruno ? »
« – Ben dis-donc ! De quoi tu parles avec ton pote quand vous êtes ensemble ?
Il ne t’a jamais raconté que le mercredi, il n’a pas classe et qu’il en profite pour donner des cours particuliers chez lui ? »
Maintenant qu’elle me le disait, ça me revenait. Effectivement, Bruno m’en avait parlé mais comme je n’étais jamais là dans la journée, c’était resté très abstrait dans mon esprit et je l’avais oublié.
Mais là, à regarder ces jeunots et ces jeunettes (surtout des jeunettes d’ailleurs) aller chez Bruno, je me suis dit que, connaissant maintenant mieux l’homme et son incapacité à résister à un joli petit cul, il devait avoir un mal de chien à ne pas céder à la tentation.
Le fantasme du prof et de l’élève était-il un de ses fantasmes qu’il cherchait à concrétiser ?

Amusé par cette idée, je décidai d’en avoir le cœur net et je suis sorti me faire inviter à boire un café.
J’allais sonner lorsque la porte s’ouvrit.
Bruno laissait le passage à une lycéenne d’environ 17 ans, habillée tout en jeans.
« – Au revoir Juliette, à la semaine prochaine ! »
« – Au revoir Monsieur Delisle. »
« – Tiens ! Mon voisin ! Tu ne travailles pas aujourd’hui ? »
« – Comme tu vois ! Et je me suis dit que mon voisin allait m’offrir un café. »
« – Bien-sûr, entre ! J’ai une demi-heure de battement avant le prochain cours. »

Nous nous sommes installés dans son salon avec une tasse de son savoureux arabica dans la main.

« Dis-donc, » attaquai-je rapidement avec un sourire en coin, « Je ne me rappelais plus que tu donnais des cours à domicile. Vu les minettes qui ont défilé aujourd’hui, ça doit être sacrément dur pour toi de ne pas braver l’interdit : Je suis certain que par moments, le prof crève d’envie de se taper une petite lycéenne, n’est-ce pas ? »
Je lançai cette provocation d’un air sadico-pervers en pensant qu’il allait nier en bloc, qu’il m’affirmerait que sa déontologie de prof ne permettait pas ça et que même s’il y pensait, il se faisait un point d’honneur à ne pas céder. J’espérais alors le pousser dans ses retranchements et l’inciter à admettre que ça le démangeait fortement.

Comme d’habitude, sa réponse me laissa sur le cul :
« – Hé ! Tu me prends pour un fada ! Bien évidemment que j’en profite ! Manquerait plus que je rate une occasion pareille ! »
« – Comment-ça ? Tu te les fais ? »
Il ouvrit de grands yeux.
« – Nooon ! …. Nooon ! ….Non, pas toutes ! … Seulement celles qui veulent bien ! » Me répondit-il avec un clin d’œil entendu.
« – L’enfoirééé ! »
« – Et je t’assure qu’il y en a pas mal qui disent pas non ! »
« – Et se sont tes élèves au lycée ? »
« – Evidemment ! Ce que je préfère, se sont les « 1ères L » : D’abord parce que ce sont des classes à majorité de filles et comme le français a un super coeff au bac, elles flippent un max. Du coup, elles se jettent sur mes cours particuliers. J’ai un succès fou ! Je dois représenter la figure du père dans leur délire œdipien particulièrement exacerbé par leur âge et le stress. » Récita-t-il doctement.
« – Et ça marche à tous les coups ? » demandai-je ébahi.
« – Non, mais ça arrive quand-même. C’est pour ça que je prévois souvent un battement d’une demi heure entre deux cours, au cas où… Mais comme tu peux le voir, la petite Juliette n’était pas très réceptive, aujourd’hui, c’est pour ça que je suis dispo. »
« – Et si elles disent non ? »
« – Bah, c’est non et puis c’est mare ! Je ne vais quand même pas les obliger, j’ai pas besoin de ça ! »
« – Et comme par hasard, celles qui viennent chez toi ont des meilleures notes ! »
« – Bien-sûr, mais ce n’est pas parce qu’elles couchent, c’est parce qu’elles suivent des cours supplémentaires. »
« – Bien-sûr, bien-sûr,… Et tu n’as pas peur que ça s’ébruite au lycée ? »
Il me lança un regard amusé, comme attendri par ma candeur.
« – D’après toi, pourquoi crois-tu que mon surnom auprès des élèves soit « Belle queue » ? »
« – Mais t’es complètement inconscient ! Si ça arrive aux oreilles des parents ou de l’administration, t’es un homme mort ! »
« – Bah ! La vie est trop courte pour être petite ! »

J’étais complètement effaré par son insouciance. Il agissait comme si ces petits moments d’extase passaient avant tout le reste, au risque de perdre son job, sa liberté et son mariage.
A propos de mariage…
« – Et Fantine ? Tu penses à Fantine ? »
« – Oh, tu sais Fantine, du moment qu’elle a son orgasme quotidien, elle ne se pose pas trop de questions. »
« – Ben voyons ! »

J’aurais bien continué la conversation pour tenter de lui faire entendre raison mais la sonnette retentit à ce moment là.
« – Ah ! Le cours suivant ! Anaïs Lecuyer : Une beauté ! Ca fait déjà plusieurs semaines que je la chauffe et je sens que c’est peut-être pour aujourd’hui.
Allez, tu ne m’en veux pas mais le devoir m’appelle ! » me congédia-t-il en se frottant les mains.

Je me levai et me dirigeai vers la sortie en compagnie de Bruno.
Il accueillit son élève qui était en effet mignonne comme un cœur : Environ 16/17 ans, pas très grande, des cheveux châtains avec des mèches blondes coupés mi-longs et tenus dans une petite queue de cheval, des yeux bleus dans un visage d’ange.
Elle avait revêtu un T-shirt blanc moulant qui transcrivait fidèlement le relief qu’il était sensé couvrir, à savoir une poitrine menue enchâssée dans un soutien gorge « valorisant » et une jupette légère à volants bleu marine.
Bruno avait sans doute raison : Cette tenue ne s’accordait guère avec la fraicheur printanière tardive et elle semblait peu adéquate pour un simple et platonique cours de français : La donzelle s’était préparée à passer à la casserole !

Absorbé dans sa contemplation, Bruno me laissa sortir sans plus m’accorder le moindre regard. La porte encore entrouverte, je pus le voir guider son élève vers le bureau en posant la main au bas de son dos.
La vision de cette attitude peu conventionnelle entre un prof et une lycéenne me fit faire n’importe quoi.
Au lieu de tourner les talons et de laisser la porte se refermer automatiquement, d’un geste vif, je glissai la pointe de ma chaussure pour empêcher son verrouillage et restai quelques instants sur l’expectative.

Je me doutais de ce qui allait se passer dans cette maison d’ici peu et cela me perturbait.
Même si ce n’était pas mes oignons, c’était plus fort que moi, il fallait que je voie. Que je sache si Bruno me racontait des bobards ou si tout ce qu’il disait était vrai ? Ca semblait si fou.
Après un court moment d’intense délibération interne, j’ai rouvert silencieusement la porte et, comme un voleur, je me suis réintroduit chez mon voisin.
J’entendais leurs voix dans la pièce qui servait de bureau.
Je savais que cette grande pièce servait aussi de chambre d’ami au couple et qu’il y avait donc en permanence un lit à disposition, élément fort opportun pour les activités parallèles supposées de mon voisin.
Connaissant maintenant bien la disposition des lieux, je savais aussi qu’un dressing jouxtait le bureau. Ce dressing avait deux entrées : une dans la salle, l’autre dans le bureau.
Je suis entré dans la pièce sombre et j’ai constaté avec une pointe d’excitation que l’autre porte était restée entrebâillée.
De là, je pourrai voir tout ce qui se passait à côté.

Pour l’instant, Bruno avait dit vrai : C’était un vrai cours de français auquel j’assistai. Bruno testa les connaissances d’Anaïs sur le thème du romantisme (comme par hasard) puis il lui conseilla certaines lectures et commenta la manière dont la jeune fille avait élaboré son livret de présentation pour le bac.
Ensuite il lui fit subir une sorte d’examen blanc sur un texte précis qu’elle avait dû travaillé auparavant.
Honnêtement, je dois dire que Bruno paraissait vraiment un bon prof. Très attentionné, très à l’écoute, il parlait avec douceur et compréhension.
Le genre de prof que j’aurais aimé avoir, ce qui m’aurait permis d’éviter les notes catastrophiques que je m’étais payé dix ans plus tôt.
Et malgré ce qu’il m’avait annoncé avant, à aucun moment il ne se permit de geste déplacé qui aurait pu gêner la jeune fille.
Celle-ci le dévorait littéralement des yeux. Il paraissait clair qu’elle était totalement sous le charme de son prof.

La fin de l’heure de cours approchait, perclus de crampes à force de rester sans bouger et sans faire de bruit, je commençais à me dire que ce gros mytho m’avait raconté des bourres et, qu’en fait, il ne touchait pas à ses élèves.

Mais soudain, le ton de la conversation changea :
« – Bon ! On a bien travaillé, je suis content de toi, tu progresses bien. Qu’est-ce que tu dirais d’un exercice supplémentaire ? Voici un texte, tu le lis et tu me dis ce que tu en penses.
Anaïs se plia au jeu et se plongea dans la lecture tandis que, pour la première fois, Bruno se levait et se plaçait derrière elle, tout contre elle.
Alors que jusqu’à présent il ne l’avait pas touchée, il posa innocemment ses mains sur ses épaules et fit mine de les lui masser délicatement pour la délasser.
La jeune fille se laissa faire mais parut un peu troublée. La tête penchée en avant, elle continuait à lire.
« – Alors, que peux-tu me dire de ce texte ? »
Il jouait maintenant négligemment avec la petite queue de cheval, la faisant chatouiller légèrement la nuque pâle.
« – Euh… il s’agit d’un texte euh…. »
« – oui ? »
« – Euh …. un texte ….euh …é érotique ….écrit par … euuh…le Marquis de Sade… »

Oh le cochon !

« – Et peux-tu me dire si on peut considérer ce texte comme romantique ? »
« – Je … Je ne sais pas… Je ne crois pas. »
« – Et pourquoi ça ? »
Il s’était maintenant rassis à côté de son élève mais avait fait pivoter le fauteuil de celle-ci pour se retrouver juste en face d’elle. Il s’approcha. Ils étaient maintenant genoux contre genoux.
« – Euh… Ca ne correspond pas à l’époque du courant de pensée. »
« – Tu es sûre ? »
Il posa ses deux mains sur les genoux de la jeune fille.

Bruno continua à la baratiner en mêlant habilement romantisme et érotisme, créant visiblement un trouble grandissant chez la lycéenne, trouble renforcé par ses mains qui se faisaient de plus en plus insistantes : Dans un mouvement caressant, ses deux mains posées sur les genoux s’égaraient sur les cuisses dénudées, progressant toujours un plus vers le haut, vers la partie couverte.

De mon placard, je faisais face à la jeune fille alors que Bruno me tournait le dos.
J’étais donc idéalement placé pour voir les mains du professeur passer maintenant sous la jupe puis ressortir avant d’y retourner toujours plus en avant.
Il s’était encore rapproché. Il avait maintenant intercalé ses genoux entre ceux de son élève, obligeant celle-ci à écarter un peu les cuisses.
Dans un mouvement toujours symétrique, ses doigts caressaient l’intérieur des cuisses blanches, lui provoquant sans doute d’incoercibles frissons.
Peu à peu, il écartait ses genoux, obligeant la jeune fille à en faire de même.
Tout cela eut pour effet de remonter encore plus la courte jupe et de mon poste d’observation je pouvais maintenant apercevoir l’entrejambe couvert de coton blanc que les mains invasives approchaient à vitesse grand V.
Alors qu’Anaïs fermait les yeux sous les caresses de son professeur, celui-ci faisait maintenant jouer ses doigts à la lisière de la chaste petite culotte blanche.
L’écartement qu’il avait imposé aux cuisses de la jeune fille créait un espace entre l’aine ouverte de celle-ci et le tissu tendu sur son petit trésor caché. Si bien que Bruno n’avait plus qu’à glisser un doigt dans cet interstice pour atteindre l’intimité de l’adolescente.
Mais il ne le fit pas. Au contraire, ses mains quittèrent les jambes dénudées pour venir enserrer la taille fine, par dessus le T-shirt.
Il s’avança encore un peu et leurs visages se rapprochèrent.
Elle ne refusa pas son baiser. Un baiser long et passionné.

Bruno avait raison : Elle était prête.
Il parût s’en apercevoir aussi et accéléra alors la manœuvre.
Ses deux mains s’emparèrent du bas du T-shirt et entreprirent de remonter le top le long du buste de la lycéenne.
Celle-ci ne s’y opposa pas. Elle leva même les bras pour qu’il puisse lui ôter totalement.

Anaïs se retrouvait maintenant face à son professeur, seulement habillée d’un soutien gorge de coton blanc et d’une jupette remontée jusqu’au bassin, laissant impudiquement voir sa petite culotte assortie au centre de ses cuisses ouvertes.

Bruno l’embrassa de nouveau.
Le soutien gorge ne résista pas à ce nouvel enlacement : En un geste rapide et habile, l’expert dégrafa rapidement le sous-vêtement qui vint atterrir à côté du T-shirt.

Elle avait des seins magnifiques : A peine sortis de l’adolescence, d’une blancheur diaphane, ils arboraient le maintient arrogant des jeunes poitrines tandis que les tétons tendus par l’émotion se dressaient fièrement.
A priori, Bruno les trouva lui-aussi à son goût : Ses deux mains vinrent s’y coller et il les caressa avec une avidité évidente toute en scellant à nouveau ses lèvres à celles de la jeune fille.

Ils restèrent un très long moment à s’embrasser et à se peloter puis tout alla assez vite.
Bruno se releva, il passa un bras sous les genoux de l’adolescente, un autre sous ses aisselles et il la souleva avec facilité avant de la redéposer deux mètres plus loin pour l’allonger sur le lit d’amis.

S’installant à côté d’elle, il passa ses mains sous la jupe et fit glisser la culotte le long des cuisses pâles jusqu’au bas des jambes où elle resta accrochée à une cheville. La jeune fille se laissa faire sans protester.

J’étais à nouveau idéalement placé pour observer ce qui allait se passer sur le lit.
L’angle me donnait une vue directe sur la petite chatte maintenant dévoilée : Une petite touffe à la pilosité brun clair encore peu fournie et une petit abricot rose luisant de désir.

Me tournant le dos, Bruno se leva et se déshabilla en tourne main.
Il me cachait le visage de son élève mais je supposais qu’elle devait être impressionnée par ce qu’elle voyait désormais, dans toute sa « splendeur ».

Sans plus de préambule, l’homme nu incita l’adolescente à écarter et relever les jambes et il s’installa entre la superbe paire de ciseaux. Sans s’aider des mains, il dirigea son phallus gonflé à bloc vers la fente offerte et le posa en appui, pas plus.
Il plongea alors son regard dans celui de la jeune fille comme pour lui laisser une dernière chance de refuser.
Mais arrivée jusque là, pouvait-elle réellement dire non ? Et en avait-elle envie ?
D’un signe apparemment silencieux elle donna son assentiment et je pus alors voir le gland turgescent écarter les chairs tendres pour entrer avec autorité.
Anaïs poussa un couinement plaintif mais le prof continua à s’enfoncer en elle dans un grognement de contentement.
Lentement, inexorablement, la longue tige disparut dans l’intimité de la lycéenne tandis que les ongles de celle-ci se plantaient profondément dans les épaules de son partenaire.
Lorsque, quelques instants plus tard, elle ressortit, la verge de Bruno était veinée de rouge vif.
Bon sang ! Cette gamine s’était faite déflorée par son prof de français sous mes yeux !

Puis lentement, tendrement, Bruno commença à faire l’amour à son élève.
Je regardais ses fesses se contracter et se relâcher au rythme de ses lents va et vient dans le petit fourreau virginal.
Pour une première, la jeune fille allait être gâtée !
Celle-ci émettait toujours des petits geignements aigus dans lesquels je lisais encore de la douleur mais aussi déjà de la volupté et voir ses petites pieds nus balancer en cadence de chaque côté du puissant fessier masculin avec la culotte restée comme par enchantement accrochée à une cheville me mettait au supplice d’une excitation sans bornes.
Il ne fallait surtout pas que je me laisse aller à me toucher sinon j’allais tout lâcher dans mon calbut !

Anaïs poussa soudain un long cri aigu.
Peut-être venait-elle de connaître son premier orgasme provoqué par un homme.
Ce qui, pour une première, n’était déjà pas si mal.

Lorsque j’entendis Bruno pousser un râle de jouissance, je compris que la partie était terminée et que c’était pour moi le moment de m’éclipser.

Je suis parti aussi silencieusement que j’étais venu et, rentré chez moi, je retrouvai Marilyn qui prenait, elle aussi, sa pause café en regardant le jardin par la fenêtre.
Je me suis approché d’elle par derrière et lui ai enserré la taille.
Mon état de volcan au bord de l’éruption était loin d’être redescendu et comme je sentais ma femme plutôt réceptive à mon câlin, je ne lui ai pas laissé d’option.
J’ai passé mes mains sous sa robe et baissé sa culotte d’un seul coup.
Je l’ai prise comme ça, debout face à la fenêtre. Je l’ai baisée par derrière pendant qu’elle se maintenait au bord de l’évier pour contenir mes assauts sauvages.
C’était rare que je la prenne aussi brutalement. Elle a aimé, même si elle ne se doutait pas que pendant que je lui labourais les reins, je pensais surtout à Anaïs. La jeune Anaïs qui devait être en train de sortir de son cours de Français avec le bas ventre douloureux et le fond de culotte maculé de traces blanches et rosées.

*******

Dans la soirée, je reçus un coup de téléphone de Bruno.
« – Alors, gros pervers, le spectacle t’as plu ? »
« – De quoi tu parles ? »
« – Ne joues pas les innocents, je sais parfaitement que tu étais dans le placard lorsque je me suis tapé la petite Anaïs ! »

Merde ! Je croyais avoir été discret mais apparemment je m’étais fourvoyé. Je ne savais pas comment il s’en était aperçu mais il ne me servait plus à rien de nier hypocritement. Je masquai ma culpabilité évidente en contre-attaquant d’entrée :
« – Putain, Bruno, elle était vierge ! »
« – Ouais ! T’as vu ça ! C’est ce qui est génial à cet âge : La plupart le sont ! »
« – Tu es un salaud complètement inconscient ! »
« – Espèce de gros jaloux, je suis certain que tu aurais donné cher pour être à ma place !
Fallait me dire que ça te tentait les petites jeunes, je t’arrangerai un coup, un de ces quatre ! »

Sur ce, fier de lui, il raccrocha en rigolant.

Je ne me doutais pas qu’il tiendrait promesse.

PARTIE 7 : BELLES, BELLES, BELLES !

A partir de ce jour, le « hasard » a voulu que je reste plus souvent à la maison le mercredi ou alors que je revienne plus tôt du bureau ce jour là.
Bien-sûr je ne m’invitais pas à chaque fois chez Bruno mais un voyeurisme envieux me poussait à surveiller les allées et venues qui se déroulaient à côté.
Comme si, malgré la preuve visuelle qui m’avait été offerte, je voulais vérifier les assertions de mon cavaleur de voisin.
D’aucuns diront que j’espérais sans doute aussi qu’il m’invite chez lui pour tenir son engagement.
Sur le moment, j’aurais nié en bloc mais avec le recul, je dois admettre que ceux-là n’auraient peut-être pas tort.

Le pire, c’était qu’en fait, après plusieurs mercredis à épier la maison voisine, j’en étais arrivé à la conclusion que tout ce qu’il m’avait dit était rigoureusement exact.
Certes, toutes les filles ne semblaient pas se jeter dans les bras de leur prof mais un petit nombre d’entre elles dépassait régulièrement l’heure impartie, signe que leur cours avait connu un dénouement fort peu conventionnel.
Bien que relativement restreint, cet échantillon de jeunettes était des plus appétissant et les connaître bibliquement aurait déjà contenté une bonne majorité de la population masculine française.

********

Un après-midi où je rentrais chez moi sur le coup de 16 heures, je descendais de ma voiture lorsque je croisai une des élèves de Bruno qui sortait de chez lui.
Mon regard de mâle invétéré s’attarda avec envie sur le galbe parfait de longues jambes fines et d’un joli petit cul dessinés sous un jean slim mais lorsque la donzelle se retourna je m’aperçus que je la connaissais.
Où diable l’avais-je déjà rencontrée en d’autres circonstances ?
Soudain, cela me revint : A plusieurs reprises, elle était venue voir sa mère au bureau.

J’alpaguais aussitôt Bruno, resté sur son perron :
« – Purée ! Je la connais, elle, c’est la fille d’une de mes collaboratrices ! Ne me dis pas que tu la…. »
« – Ah non ! Pas elle, elle ne veut pas ! Elle veut se préserver…. »
Mon soulagement fut de courte durée.
« – ….. par contre, elle suce comme une déesse ! »

Devant ma tête de Coyote déconfit et fier de son petit effet, il éclata de rire et s’en retourna chez lui en me laissant pantois devant la porte fermée.

********

A la mi-juin, la chaleur était déjà bien installée et l’été nous promettait une canicule sans précédent.
Je m’étais octroyé quelques jours de vacances en prévision d’un été laborieux.
Un après-midi, vers 15 heures, Bruno me proposa de venir chez lui boire une bonne bière fraîche.
« – Prends ton maillot, on en profitera pour piquer une tête. » Rajouta-t-il.

En arrivant de l’autre coté de la clôture, je m’aperçus, qu’évidemment, il n’était pas seul : Deux superbes créatures nageaient déjà dans la piscine.
« – Ce sont des étudiantes du cours que j’assure à la fac. Elles viennent de finir leurs écrits et je leur avais proposé de venir profiter de la piscine pour se délasser. » M’expliqua-t-il succinctement.
« – Ben voyons ! En tout bien tout honneur, je suppose ! »
« – Ben oui ! En tous cas pour l’instant. » Conclut-il avec un clin d’œil.

Il était déjà en maillot de bain et me proposa d’en faire autant. J’obtempérai puis il me présenta aux filles qui s’étaient approchées au bord du bassin.
La brune s’appelait Charlotte et avait de magnifiques yeux verts.
La blonde se prénommait Emma et de ce que je pouvais voir affleurer à la surface de l’eau, elle avait une paire de seins à rendre jalouses les Barbie siliconées.

Je me suis installé à côté de Bruno sous le parasol pendant que les deux naïades repartirent batifoler dans l’eau bleue.
Nous parlâmes de choses et d’autres puis, à brûle pourpoint, Bruno me demanda :
« – Alors, tu prends la blonde ou la brune ? »
Pour une fois, je pouvais m’enorgueillir de ne pas avoir été surpris par mon voisin. Ses intensions étaient si évidentes que même Simplet aurait vu le coup venir.
Cette fois-ci, on ne pouvait pas dire que c’était un piège : Bruno m’avait prévenu et il me suffisait de quitter les lieux pour ne pas être tenté.
Mais trop tard ! Je me sentais déjà happé par le désir.
Il faut dire à ma décharge que les appâts étaient splendides et que voir les petites pucelles défiler virtuellement dans le lit de mon voisin à longueur de semaines m’avait sérieusement mis l’eau à la bouche.
Mon cerveau reptilien ne voulait absolument pas que je fasse demi-tour. Il avait envie d’y goûter aussi.
« – J’sais pas. Faudrait déjà être sûrs qu’elles veulent bien. »
« – Oh, pour ça, pas de soucis ! Elles sont chaudes comme la braise ! »
Je ne voulais pas trop savoir comment il pouvait bien être aussi catégorique mais il avait sans doute raison : Les deux filles n’arrêtaient pas de regarder dans notre direction et elles s’échangeaient des messes basses ponctuées par des gloussements excités.

« – Bon alors ! Tu n’as vraiment pas de préférence ? »
« – Ben non. »
« – Alors on les laissera choisir elles-mêmes…. Et puis de toute façon, on pourra faire des échanges. »
Voilà qui augurait un après-midi intense.

Un quart d’heure plus tard, Bruno donnait le départ des réjouissances :
« – Vous venez boire un coup les filles ! »
Elles sortirent volontiers de l’eau et je dois dire que la partie immergée des « icebergs » était à la hauteur du reste.
D’ailleurs, nous n’allions pas tarder à faire fondre la glace.
Bruno leur offrit un petit cocktail maison qu’elles sirotèrent longuement avant de s’étaler sur les bains de soleil.

Evidemment, nous ne pouvions pas laisser ses peaux fragiles s’abîmer sous l’action de ce soleil de feu !
Nous proposâmes nos innocents services pour leur étaler de la crème dans le dos.

Bruno s’installa prés la blonde Emma et moi à côté de la brune Charlotte.

Quelques instants plus tard, les bretelles des bikinis avaient sauté et nous appliquions de l’huile protectrice sur tout le dos de nos invitées qui semblaient bien apprécier.
Tout en baratinant son monde, Bruno élargissait peu à peu son domaine d’action si bien que sa main passait maintenant largement sous le maillot de bain de sa partenaire, lui oignant une partie de son corps qui n’avait visiblement pas l’habitude d’être exposée au soleil.
Mais la fille ne semblait pas s’en offusquer.

De mon côté, plus timide mais ne voulant pas être en reste, je me contentais de passer la première phalange de mes doigts sous l’élastique du maillot de bain noir de ma brunette.

Du coin de l’œil, je voyais les deux filles qui continuaient à s’échanger des clins d’œil entendus.

Soudain, Bruno s’exclama :
« – Au fait, tout à l’heure vous vouliez voir l’intérieur de la maison ! Qui est partant pour une petite visite guidée ? »
« – Oh moi, moi ! » Répondit aussitôt Emma en se relevant aussitôt alors que Charlotte ne pipa mot.
Bruno avait raison : C’est elles qui avaient fait leur choix !
L’étudiante blonde se releva donc rapidement et suivi illico Bruno, abandonnant sur le siège le haut de son maillot de bain comme s’il s’agissait d’une vulgaire chaussette.
Mon voisin précéda vers la maison sa nouvelle conquête en monokini et me laissa seul avec Charlotte.
Un silence gêné s’installa.
J’avais beau me racler la gorge, je ne trouvais rien d’intéressant à dire.

Charlotte choisit alors ce moment là pour se retourner et me dévoiler son côté face et sa jolie poitrine.
Bien moins proéminente que celle de sa copine, elle n’en était pas moins adorable, à la rondeur parfaite et au maintient irréprochable.
Deux petits tétons se dressaient fièrement au milieu de leurs petites aréoles foncées, le tout parsemé d’une légère et étonnante chair de poule. Bref : à croquer !
Je restais un moment baba devant se magnifique tableau puis posai mes main sur son ventre doux pour entreprendre de le huiler aussi.
Il fallait vraiment que je dise quelque chose sous peine de passer pour un demeuré.
« – Tu… tu as la peau douce. »
Ah bravo ! Question passer pour un demeuré c’était réussi ! Autant lui parler du beau temps, tiens !
Cependant, la fille ne devait pas non-plus avoir inventé l’eau tiède car mon trait « d’humour » lui tira un gloussement amusé.
De toutes façons, je crois qu’elle aurait été prête à rire d’une blague de Toto du moment que je promettais de lui retirer rapidement sa culotte.

A ce propos, il y en avait qui n’avaient pas perdu de temps : De la fenêtre entrouverte du bureau s’échappaient des bruits indiquant que la visite guidée n’avait pas dû aller bien loin.

Encouragé par cette information, je laissai mes mains dériver naturellement vers ce qui attire d’habitude les doigts d’un gars normalement constitué : L’une alla caresser ses jolis petits globes d’une extrême douceur tandis que l’autre franchit définitivement la barrière élastique du slip de bain, allant tâter du bout des doigts la petite chatte humide qui s’y cachait.
Charlotte lâcha un soupir d’aise très encourageant et dans la foulée, j’immisçais deux doigts dans son petit orifice chaud et accueillant, lui arrachant un gémissement particulièrement convaincant.

Nous sommes restés longtemps dans cette position. Je regardais, fasciné, le relief de mes doigts se mouvoir sous le tissu élasthanne. Sous ma paume, je sentais son pubis soyeux, autour de mes doigts enfouis, son petit vagin se contractait nerveusement tandis que mon pouce allait de temps en temps titiller son petit bouton érectile.

A l’intérieur, les affaires allaient bon train, les cris d’Emma ne laissaient plus aucun doute sur le traitement que lui « infligeait » Bruno.
Cela rendit Charlotte impatiente : Sa petite main vint tâter mon entre jambe pour vérifier si tout ça me faisait de l’effet et apparemment contente de sa prospection, elle s’attacha à me baisser le caleçon de bain d’une seule main pour ensuite rapidement se pencher sur le coté afin d’happer entre ses lèvres mon membre totalement érigé.

Dieu que c’était bon !

Il ne me restait plus qu’à lui ôter sa culotte et lui écarter les jambes pour arriver là où elle voulait visiblement qu’on arrive.
J’allais le faire, j’en avais vraiment l’intension.

C’est alors que quelque chose se cassa en moi. Un sentiment confus genre gros grain de sable dans cette mécanique si bien « huilée ».
Je me suis vu, une main sur la poitrine de cette toute jeune fille, une autre dans sa culotte et la queue dans sa bouche, prêt à la sauter sans le moindre scrupule.
Je réalisai soudain à quel point il m’était facile de tromper ma femme.
Il suffisait d’une petite nymphette bien consentante et hop, j’oubliais tout. Tout ce pourquoi je vivais.

Une tonne de remords s’est alors abattu sur mes épaules. Tous mes scrupules ignorés depuis des mois se sont rappelés à moi en un instant, me paralysant littéralement.

Je ne pouvais plus le faire. Il devenait même hors de question que je glisse ma queue dans l’intimité de cette fille.
D’ailleurs, signe évident que quelque chose clochait, je commençais à débander malgré toute l’application de Charlotte sur mon petit bout.
Elle devait se demander se qu’il se passait.

Je me demandais comment me sortir de cette situation ubuesque sans paraître complètement toqué ?
Comment expliquer à cette demoiselle, qu’elle était bien jolie, qu’elle était superbement bien foutue, que je l’avait proprement allumée mais que là, finalement, non, il fallait qu’elle me rende mon sexe et que j’allais m’en aller ?

Miraculeusement, Bruno vint lors in extremis à mon secours.
Il apparut sur la terrasse en tenue d’Adam et s’exclama :
« – Ben alors ! Vous en êtes que là ? Faudrait voir à activer la manœuvre sinon on aura jamais le temps d’échanger ! »
J’en ai profité pour m’écarter aussitôt.
« – Tiens, je te laisse ma place ! »
« – T’es sûr ? »
« – Ouais ouais ! »
« – OK ! Si tu veux, Emma est dans le bureau. »
« – Je sais ! »
Mais je ne me suis pas dirigé tout de suite vers la maison. Je suis retourné récupérer mes vêtements sous le parasol puis je suis repassé prés des transats. Bruno était déjà installé entre les jambes de Charlotte.
Le slip de bain avait fait long feu : Il gisait au sol, au pied du fauteuil.
Je les avais à peine dépassé que j’entendis, dans mon dos, le long gémissement de la jeune étudiante accompagnant la puissante pénétration masculine.
Bruno pouvait me remercier : elle avait été bien préparée !

Dans la maison, je passai devant le bureau en jetant à peine un regard par la porte ouverte :
Etalée en travers du lit, jambes écartées, la chevelure en bataille, Emma reposait à plat ventre et semblait assoupie.
Mon œil accrocha la vue de la magnifique paire de fesse et de la petite vulve ouverte et rougie par la friction récente.

Mais non, même ce tableau d’un érotisme absolu ne me détourna pas de mon chemin. Je suis sorti.

Arrivé à la maison, j’ai pris une douche ; glacée.

PARTIE 8 : TOMBER

C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à m’éloigner réellement de mon voisin.
Son besoin intarissable de sensations fortes me faisait de plus en plus peur et je ne savais plus jusqu’où il pourrait m’entraîner.
Non pas que ce qu’il m’avait fait découvrir m’eut déplu, bien au contraire, mais je n’avais pas son incroyable faculté de détachement et d’inconscience.
Les conséquences inévitables de ces frasques me faisaient de plus en plus peur.
Et je ne me doutais pas à quel point j’avais raison !

Nous avons donc continué à nous voir entre couples, surtout que l’époque des barbecues battait son plein, mais séparément, j’attachais à mettre une réelle distance entre Bruno et moi.
Il n’a pas vraiment compris pourquoi mais je ne tenais plus vraiment à me retrouver seul avec lui et ses envies saugrenues.
Quelque part, j’avais aussi peur de ne pas être assez fort et de succomber encore une fois à ses lubies parfois si tentantes. Mais ça, je me refusais à l’admettre.

********

N’ayant pas de charge familiale et assumant la direction de l’agence, j’ai laissé mes assistantes choisir leurs congés annuels en fonction des vacances scolaires, ce qui relégua les miens au milieu du mois de septembre.
En cette fin d’été à la chaleur lourde et omniprésente, j’attendais donc avec une hâte non dissimulée de pouvoir enfin goûter un repos bien mérité.
Heureusement, fin août, l’activité était elle-aussi plongée dans une torpeur estivale et je ne pouvais pas dire que j’étais débordé par le boulot.
Le 30, le carnet de rendez-vous était désespérément vide et n’ayant pas vu âme qui vive de la journée, je décidai de fermer boutique exceptionnellement deux heures plus tôt que prévu, impatient de retrouver ma femme, mon chez moi et l’attirante fraicheur de ma piscine.
Pour une fois, Marilyn ne me reprocherait pas de passer ma vie au bureau !

C’était donc un Sébastien guilleret qui rentra inopinément chez lui cet après-midi d’août.

Je jetai les clefs de la voiture sur le guéridon de l’entrée et m’avançai dans le séjour en dénouant déjà ma cravate d’un main lorsque je restai pétrifié par ce que je venais d’entrevoir par la baie vitrée.
Dehors se déroulait une scène qui me ramenait soudain plus d’un an en arrière : Bruno, assis sur un fauteuil de jardin, bénéficiait visiblement d’un traitement de faveur particulièrement agréable.
Toutefois, hormis le fait que les deux protagonistes étaient totalement nus, deux éléments majeurs discordaient par rapport à mon souvenir : D’abord cette fellation au grand air ne se déroulait pas dans son jardin mais dans le mien et ensuite, la chevelure qui s’activait entre ses cuisses n’était pas brune mais blonde. Une petite tête blonde que je ne connaissais que trop bien !

Le ciel s’écroula sur moi.

L’expression dit : « Briser le cœur ». Ce jour là, je me suis rendu compte de sa justesse : Une déchirure fulgurante me cisailla la poitrine et mes entrailles se rétractèrent en ordre dispersé.

Je suis resté tel quel, comme figé par un arrêt sur image démoniaque, une main sur mon nœud de cravate, l’autre tenant encore mon attaché-case.

Pendant que ma femme démontrait à notre voisin toute sa science de la taille de pipe, je remarquais, éparpillés dans le jardin, les divers éléments qui avaient constitué leur tenue civilisée au départ : Un short sur la pelouse, un T-shirt sur la terrasse, un soutien-gorge pendant à moitié de la table de jardin, un slip de bain flottant à la surface de l’eau, une culotte accrochée à une branche d’hibiscus.
Les préludes semblaient avoir été mouvementés.

Masqué dans la relative pénombre du séjour, j’étais invisible à leurs yeux.
Paralysé dans ma stupéfaction, je n’arrivais pas à détourner le regard de cette scène de cauchemar.
A un moment, Bruno repoussa doucement ma femme et l’incita à s’allonger à même le sol, sur la pelouse grillée par le soleil.
Immédiatement, il se jeta sur elle et l’enfila avec sa fougue caractéristique.
Marilyn enserra aussitôt les reins de son amant avec ses mollets et, rejetant la tête en arrière, elle accueillit ses coups de boutoir avec un plaisir indécent.

Bien-sûr, on pourrait se dire qu’après ce que nous avions vécu tous les trois, il n’y avait là aucune raison de s’en plaindre.
Pourquoi jouer le jaloux alors que c’est moi qui avait laissé Bruno baiser avec Marilyn plus d’une fois déjà et que ce que je voyais en cet instant n’était que la répétition de ce que j’avais déjà vu l’hiver dernier ?

Sauf que là, il y avait une nuance d’importance : Cette fois, c’était dans mon dos, à mon insu.
Et cela donnait une connotation beaucoup plus sérieuse à cet acte charnel que le certes intense mais éphémère cabotinage de poivrots auquel nous nous étions livrés quelques mois plus tôt.

Sur le moment, la première question que je me suis posée n’était pas pourquoi.
Je savais pertinemment pourquoi : Entre le queutard maladif et la top danoise, tous les deux présents à domicile à longueur de journée, ça ne pouvait que finir comme ça. Comment avais-je été aussi naïf pour ne pas l’avoir vu venir plus tôt ?
Peut-être qu’inconsciemment je pensais que les deux expériences avec ma femme avait suffit pour contenter les fantasmes que Bruno pouvait avoir sur elle.
Visiblement, ça n’avait pas suffi.
Non, la question que je me posais, c’était depuis quand. Depuis quand Marilyn me mentait-elle ?
Etait-ce leur première fois, suite à une espèce de coup de folie et, pas de bol, j’arrivais juste à ce moment là. ?
Ou cela faisait-il plus longtemps ?
Dans mon esprit, le voile de naïveté se déchirait peu à peu et je subodorais que cette liaison durait depuis déjà pas mal de temps.
A y réfléchir, c’était même évident : Privé de minettes par les grandes vacances, Bruno s’était jeté sur ma femme pour apaiser son insatiable soif de sexe.
Au moins deux mois, donc.
A cette pensée, mon estomac se noua encore plus.
Je n’avais rien vu, rien remarqué de particulier dans le comportement de ma femme.
Quel con ! Non mais quel con !

Je ne pouvais pas en vouloir à Marilyn, après tout ce que je lui avais fait, moi aussi, dans son dos.
Non, c’était à Bruno que j’en voulais. Ce salopard s’était dit mon ami, mon pote ! Cet enfoiré me cocufiait allègrement depuis deux mois et m’invitait, tout sourire, le week-end, autour du barbecue !
Ce Judas était en train de pilonner ma femme en jubilant à l’idée que j’étais tranquillement au bureau pendant ce temps-là.
Et elle aimait ça, la bougresse !
Même à travers le double vitrage maintenant la fraicheur à l’intérieur je pouvais entendre ses cris orgasmiques à chaque fois qu’il s’enfonçait nerveusement au plus profond de son intimité.

Ce coït adultérin était à son paroxysme et n’allait pas tarder à connaître son inévitable et odieux épilogue.
Je ne pouvais en voir plus.
Dans un état second, j’ai fait demi-tour, j’ai repris les clefs de ma voiture et je suis ressorti.
Je me suis remis au volant, j’ai démarré et, les yeux dans le vague, j’ai enclenché la première.

Je ne savais pas où j’allais.
Sans doute qu’au début, mon premier réflexe était de retourner au bureau mais, en fait, je ne m’y suis pas arrêté, j’ai continué à rouler au hasard sans destination précise.

Bien-sûr, n’importe qui d’autre ne serait pas parti ainsi, discrètement.
J’aurais pu effectivement jouer l’esclandre : Débouler sur la scène honteuse et pousser de grands cris offusqués devant les regards affolés de Marilyn et de Bruno.
Ou bien je me serais assis sur le canapé, j’aurais attendu qu’ils finissent et je les aurais assommés de phrases froides et assassines à leur retour dans la maison, fustigeant leur trahison et méprisant leur air honteux.

Mais non ! Ce n’était pas moi, ça.

Derrière mon volant, pilotant au radar, des centaines de pensées incohérentes d’entrechoquaient dans ma tête, attisées par des flashs de la scène que je venais de vivre qui m’assaillaient sans cesse : Le visage concentré de Bruno lorsqu’il pénétra ma femme… ses bras musculeux entravant celle-ci… le visage grimaçant de plaisir de Marilyn et ses yeux révulsés par l’afflux d’adrénaline… ses petits pieds se crispant sous l’effet du plaisir… ses petits seins écrasés sous le torse de son amant… les fesses de Bruno montant et plongeant sur elle… et ces cris, bon sang, ces cris !

J’ai erré longtemps dans la ville endormie dans la lourdeur orageuse de cette fin d’été.
Je n’avais pas envie de rentrer. Pour quoi dire ? Pour quoi faire ?

Reprenant petit à petit pied dans la réalité, je me suis retrouvé dans une banlieue pavillonnaire totalement inconnue. Les maisons se ressemblaient toutes, pas un édifice pour se repérer.
Pourtant ce nom de rue me disait quelque chose : Allée des écureuils.
Dans quelles circonstances avais-je déjà entendu cette adresse ?
Je me rappelais même du numéro : 32, allée des écureuils.

N’ayant pas d’autre idée plus claire en tête, j’ai remonté la rue pour m’arrêter devant le 32.
Certains traumatismes vous poussent parfois à faire des choses incohérentes.
Non ! Pas incohérentes, justes des choses répondant à leur propres logiques, indépendamment du reste.
A ce moment là, j’avais besoin de savoir qui habitait à cette adresse.

Lorsque je lus le nom des habitants sur la boite aux lettres, je restai un instant interloqué puis tout devint plus clair.
Mieux que clair : Lumineux !
« Paul, Patricia et Justine Devaux ».

Incroyable !
Par quel stupéfiant et mystérieux cheminement de pensée ma conduite m’avait-elle amené exactement au seul endroit où je pourrais avoir des réponses à des questions que je commençais seulement à formuler ?
Mon inconscient m’avait guidé vers les seules personnes pouvant m’être d’un quelconque secours à ce moment-là : Le couple auquel nous avions acheté la maison.

A partir de là, je n’ai plus hésité : Je me suis avancé dans l’allée fleurie et j’ai sonné à la porte.
C’est lui qui a ouvert. Il m’a dévisagé un instant puis m’a reconnu.
« – Bonjour Monsieur Devaux, est-ce que vous avez un peu de temps à me consacrer, s’il vous plait ? »
Il fronça les sourcils mais me laissa le passage. Je ne devais pas être très beau à voir.
« – Bien-sûr ! Entrez ! »
Il était seul. Très aimable, il se proposa de m’offrir à boire. J’acceptai volontiers.
« – Vous semblez soucieux, j’espère qu’il n’y a pas de problème avec la maison… Nous avons toujours tout fait pour qu’elle soit en très bon état ! »
« – Non, rassurez-vous, la maison est parfaite, c’est autre chose qui me chagrine… »
Je ne savais plus quoi dire. Comment diable aborder le problème ?
Mais je n’eus pas à tergiverser bien longtemps.
Il afficha un sourire gêné et me dit :
« – Alors, si vous ne venez pas pour la maison, je sais pourquoi vous êtes là : Votre soucis, c’est….Bruno. »
J’acquiesçai, surpris mais reconnaissant d’avoir su si bien déchiffrer mon embarras.
« – C’est cela, euh… disons que je viens de le surprendre dans une situation… délicate avec mon épouse. »
Ses épaules s’affaissèrent, comme si c’était une très mauvaise nouvelle pour lui alors qu’il nous connaissait à peine.
« – J’en suis désolé pour vous mais je dois dire que, le connaissant, ça ne me surprend pas…. Dés que j’ai vu votre femme, lors de notre rencontre, je savais qu’elle allait lui plaire et qu’elle allait finir dans ses bras. »
Devant mon absence de commentaire, il continua :
« – Je sais, c’est pas très sympa, j’aurais pu vous prévenir mais je n’étais moi-même pas très fier et j’étais prés à tout pour qu’il nous oublie.
Et, par ailleurs, c’est quelque chose d’embarrassant à dire à des inconnus… car j’étais dans votre cas : J’imagine que vous n’êtes pas en position pour reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit, n’est-ce pas ? »
Etonné par sa clairvoyance, je le regardai soudain avec une acuité plus prononcée.
« – C’est exact. Comment le savez-vous ? »

Il me raconta alors son histoire, avec ses mots à lui, sans fausse pudeur et sans complaisance mais avec le recul de plus d’une année.

Et, dans les grandes lignes, à quelques détails prés, son histoire était la mienne.
Il me raconta comment Bruno lui avait « offert » Fantine avant d’exiger un renvoi d’ascenseur plus ou moins à mots couverts.
Il me raconta comment, entourloupé par le charisme et la joie de vivre de son voisin, il lui avait cédé sa femme pour une nuit.
Il me relata ses différentes aventures avec des « petites jeunes » que Bruno lui présentait.
Et il m’expliqua que, lui aussi avait fini par surprendre sa femme au lit avec Bruno.
« – Mais même à ce moment là, je ne lui ne voulais pas ! Certes, il s’amusait avec Patricia dans mon dos mais en sa présence, j’avais l’impression de vivre réellement! J’étais aveugle des conséquences de mes actes, je croquais la vie et c’était super bon ! J’étais heureux, Patricia l’était aussi… pourquoi en faire une montagne ? »
« – Mais alors pourquoi avez vous décidé de partir précipitamment ? »
Là, il marqua un long temps de réflexion, visiblement embarrassé.
« – Un jour, j’ai surpris Bruno en train de sortir de la chambre de notre fille en remontant sa braguette… Vous vous doutez bien de ce que j’en ai tout de suite déduit.
Je les ai cuisinés tous les deux, chacun de leur côté. Lui m’a affirmé que je me faisais des idées mais ma fille a fini par admettre qu’ils « se touchaient un peu, pour jouer ».
Vous vous rendez-compte ! Elle avait à peine 16 ans !
Dés ce moment, j’ai su qu’il fallait que je fasse quelque chose sinon j’allais bientôt le surprendre avec sa grosse bite dans la bouche de ma fille ! Rien qu’à l’idée, j’en frissonne encore ! »

Je n’osais pas lui dire combien je le comprenais.
Après un instant où il garda le regard dans le vide, il termina :
« – J’ai donc pris le taureau par les cornes : j’ai envoyé Justine en pension et commencé immédiatement les démarches pour chercher une maison ailleurs et vendre celle-ci.
Mon but était d’éloigner ma famille le plus rapidement possible de ce pervers. Quel qu’en soit le coût. »

Nous avons discuté encore une bonne heure puis je suis retourné chez moi. La nuit tombait
Au moment où je partais, Paul Devaux me rappela :
« – Au fait, méfiez-vous de Fantine : C’est loin d’être une oie blanche ! »

Je ne voyais pas de quoi il parlait et c’était une énigme que je n’allais pas avoir le temps d’élucider.
Cette rencontre avait été salvatrice. Dorénavant je savais ce qu’il me restait à faire si je voulais sauver ce qui restait de mon couple : Exactement la même chose : Fuir au plus vite.

Quand je suis rentré, Marilyn, égale à elle-même, me sauta au cou.
Plus une trace d’ébats dans le jardin. Pas une once de culpabilité dans le regard de ma femme.
« – Assieds- toi, il faut qu’on parle. »
Je sais, c’est pas original mais dans ces situations, l’originalité n’est pas la priorité.

Je lui ai dit que je les avais surpris quelques heures plus tôt et je lui ai tout raconté depuis le début : Mes trahisons et celles de Bruno (Bon, je crois avoir omis de mentionner l’épisode des deux filles en début d‘été).
Je lui ai aussi raconté l’histoire des anciens propriétaires.
Nous avons beaucoup parlé, pas mal pleuré.
Ce fut très pénible mais nécessaire.
Enfin, je lui ai fait part de mon plan de retrait. Elle a tout de suite été d’accord.

PARTIE 9 : VIEILLE CANAILLE.

Dés le lendemain, à la première heure, Marilyn partait chez ses parents en vacances précipitées.
De mon côté, je profitais d’un emploi du temps allégé pour faire les démarches nécessaires à un rapide déménagement.

Quatre semaines plus tard, nous ne serions plus là.

********

En cette fin de week-end, je m’occupais dans le bureau à empiler dans des cartons les innombrables livres de Marilyn lorsque j’entendis quelqu’un franchir la porte d’entrée et monter à l’étage.
Quelques secondes plus tard, Bruno apparut. Il s’appuya négligemment contre l’encadrement de la porte et me regarda d’un air narquois.
« – Alors ! La rumeur dit vrai, à ce que je vois : Vous déménagez. »
« – Tu vois bien. » répondis-je d’un ton sec.
« – C’était pas prévu ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Me demanda-t-il de son petit air innocent qui m’horripilait déjà.
« Il s’est passé que je vous ai surpris toi et Marilyn, la dernière fois. »
« – Oh, je m’en suis bien douté quand j’ai vu qu’elle ne venait pas le lendemain. »

Ainsi, sans aucune hésitation, il admettait devant moi qu’il avait une liaison régulière avec ma femme !

« – Et ça ne te gêne pas plus que ça ? »

Il fit mine de ne pas comprendre ma colère :
« – Ben non ! Tu ne vas quand-même pas me dire que tu joues le jaloux après tout ce que nous avons fait ensemble, y compris avec Marilyn… Tu as besoin que je te rafraichisse la mémoire ? »
« – Pas la peine ! Je sais parfaitement bien ce qu’on a fait et je n’en suis pas si fier. Et oui, je vais jouer le jaloux : Il y a une énorme différence entre partager la femme d’un pote avec son accord et le cocufier dans son dos, gros dégueulasse ! »

« – Oh mais c’est qu’il monterait sur ses grands chevaux, le petit Sébastien !
En fait, si je comprends bien, tu préfère donc que ta femme se fasse troncher sous ton nez plutôt que dans ton dos ! Je me demande lequel est finalement le plus dégueux des deux … » Finit-il avec un petit sourire provocateur.

Il avait toujours le chic pour retourner les situations à son avantage. Comme je ne répondais pas, il réattaqua :
« – Et c’est donc juste pour ça que vous partez d’ici ? »
« – Pour ça et pour autre chose…. » Avec une petite note jubilatoire, je me demandais comment il allait réagir à mon argument massue :
« … figure-toi que j’ai rencontré l’ancien propriétaire, nous avons beaucoup parlé. »

Il ne parut pas plus déstabilisé que ça.
« – Ah, ce bon vieux Paul. Comment va-t-il ? »
« – Beaucoup mieux depuis qu’il s’est éloigné de toi ! »
« – Ha ! Ha ! Ha ! Et qu’est ce qu’il t’a raconté qui te mette dans tous tes états ? »
« – Tout ! Il m’a tout raconté : Tout comme moi, il t’a donné sa femme, tout comme moi il s’est fait berné par toi et tes beaux discours ! Et s’il est parti c’est parce qu’il avait peur que tu finisses par dévoyer sa fille. »
Il sembla soudain intéressé :
« – Ah ? Et qu’est-ce qu’il t’a dit sur sa fille ? »
« – Qu’il l’avait ôtée de tes griffes juste à temps ! »
Il émit un petit rire cynique :
« – Ce lourdaud de Paul ! Décidément, il n’a vraiment jamais rien compris ! »
« – Comment ça ? »
« – Quand ils sont partis, la petite Justine, ça faisait longtemps qu’elle avait vu le loup ! »
« – Et comment tu sais ça, toi ? »
« – Et bien cette pièce était sa chambre. Et c’est dans cette pièce que je l’ai dépucelée, le soir de ses quinze ans, pendant que tout le reste de la famille finissait le gâteau d’anniversaire, en bas ! »
« – Mais t’es un monstre ! »
« – Eh ! Oh ! T’es pas un ange non plus ! Cette petite pute m’allumait déjà depuis un an… elle n’a eu que ce qu’elle voulait ! »
« – Mais tu en a profité, espèce de pervers ! »
Il ricana de plus belle :
« – Tu ne peux pas comprendre ! Tu ne peux pas comprendre le pied que c’était de se taper la mère juste après la fille… ou inversement. »

Je le regardais horrifié et abattu :
« – Au début je croyais que tu collectionnais les fantasmes mais non, ce n’est pas ça, ton cas relève de la pathologie psychiatrique : T’est un vrai malade : A ce point, ça s’appelle de l’hypersexualité et, tu sais, ça se soigne ! »

Ca le fit bien rire.
« – Allez, je vois que je n’arriverai jamais à me faire comprendre des esprits étriqués dans ton genre… Je te laisse à tes cartons et à ta petite vie médiocre. Mes amitiés à Marilyn ! Tu lui diras qu’elle un cul superbe et que j’ai adoré lui tamponner le bassinet ! Et que si elle veut remettre ça, elle connaît l’adresse ! »
Et il partit en rigolant grassement.

Sa dernière provoc me mit en rage. Je me voyais bien le rattraper et lui coller un coup de boule façon Zidane mais, au bout du couloir, il se retourna soudain :
« – Au fait, je me dois de te dire, comme je l’ai dis à Paul en son temps, au cas où il te viendrait à l’idée de me chercher des noises, que la fille qui avait ta queue dans la bouche, l’autre fois, avait moins de 17 ans. Penses-y bien avant de faire ou dire des choses que tu pourrais regretter ! »

Le salaud ! Je restai abasourdi :
« – Mais…Tu m’avais dis qu’elle était étudiante ! »
« – Et oui, C’est le problème avec les gens comme toi : Vous croyez tout ce qu’on vous dit ! »

Je crois que j’entendrai encore longtemps résonner dans ma tête son rire démoniaque pendant qu’il descendait l’escalier.

EPILOGUE : EN CLOQUE

Nous n’avons fait aucune plus-value sur la vente de la maison.
Nous avons rencontré le couple d’acheteurs chez le notaire.
A peu prés dans nos âges, ils paraissaient super heureux de faire une aussi bonne affaire.
La femme était très classe : Mignonne, les cheveux auburn coupés au carré, des yeux verts lumineux derrière des lunettes rectangulaires lui donnaient un air d’institutrice sévère mais super sexy. Elle affichait un sourire d’une blancheur éclatante.

A un moment, je me suis penché vers Marilyn et je lui ai glissé :
« – Elle va lui plaire. »

********

Six mois plus tard naissait notre premier enfant, un garçon.
Tout le monde dit qu’il me ressemble.

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