Picomaingo

Au lecteur pressé : l’érotisme ne viendra pas tout de suite, mais sauter le début priverait la suite de son sel…

Massif Alpin, Août 2000.

Picomaingo sorti de l’eau, satisfait, au moins l’été il pouvait rester à peu près propre, il aimait se baigner nu dans l’eau sauvage du torrent, il préférait le faire l’après midi après la sieste, la température de l’eau étant meilleure. Il connaissait l’endroit par cœur jusqu’à donner un nom à chaque pierre, il avait d’ailleurs arrangé un peu le coin, rapprochant ici une pierre, en enlevant une par-là, en rajoutant une ailleurs. Cela l’amusait de façonner l’endroit.

Depuis quand habitait-il cette montagne ? Il manquait de repère, la dernière fois qu’il avait vu une date sur un morceau de journal abandonné, il avait lu « juin 1999 » ! Il s’en foutait, ou plutôt il se mentait à lui-même en se disant qu’il s’en foutait. Un jour, forcément, il deviendrait vieux, pourrait-il encore rester dans la montagne ? Pourrait-il assumer encore ce choix brutal ?

Car brutal, ce choix le fut ! Cela faisait combien de temps ? Tout cela passe trop vite malgré les journées d’ennuis ! Dix ans ? Un peu plus ? Un peu moins peut-être ?

A cette époque c’était un jeune homme, il s’appelait Christophe Picot-Maingault. C’était donc le fils unique de Madame Picot et de Monsieur Maingault. Ceux-ci avaient un beau jour décidé de fuir la ville, son stress et sa pollution pour effectuer un retour à la nature. L’entreprise fut difficile et source de pas mal de désillusions, personne ne voulait acheter le pourtant excellent fromage issu du lait de leurs quelques robustes brebis. Personne ne voulait acheter l’horrible piquette née de la vendange de la petite vigne qu’ils avaient racheté. Seuls la vente des poulets et des œufs leur apportait quelques pécules, et encore, les ventes de voisinages étaient nulles, heureusement il y avait le marché, au bourg. Ah ! Ça personne ne venait leur dire ou leur faire du mal aux Picot-Maingault, non c’était de l’indifférence, de l’indifférence efficace.

— Un jour il y aura un déclic, ces gens-là ne sont pas méchants ! Avait coutume de dire sa mère.

Mais pour Christophe c’était l’enfer, il était la risée de ses camarades de classe, il n’avait pourtant rien d’étrange, son physique était plutôt agréable, on le disait intelligent, curieux, assoiffé de culture, sensible, hypersensible même. Non, on lui reprochait ses origines, il venait de la ville, c’était une tare originale, comme quoi le racisme trouve toujours quelque chose à ronger ! Et son nom était devenu un quolibet que ces imbéciles trouvaient comique de prononcer le plus rapidement possible avec l’accent d’un perroquet, c’est ainsi que Picot-Maingault devint Picomaingo !
Christophe n’avait donc aucun ami. Tant pis, quand il en aurait l’occasion, il quitterait ces primates pour rejoindre des endroits où l’on cesserait de se moquer de lui !
Et puis vint la période de sa vie où sa sexualité s’éveilla ! Il fallut se rendre à l’évidence, aucune de ces demoiselles ne lui accordait ne serait-ce qu’un début d’intérêt. Il vécut cette phase comme un véritable calvaire. Se mit à détester tout le monde, y compris ses parents pour l’avoir embarqué dans ce milieu hostile, il cessa de travailler à l’école, ça ne l’intéressait plus. À 16 ans il trouva un emploi d’apprenti chez un bûcheron qui l’occupa deux mois, puis plus rien, il avait néanmoins quelques idées afin d’améliorer l’ordinaire de l’exploitation de ses parents, il les mit en œuvre avec un succès mitigé mais encourageant, il avait retrouvé une raison de vivre et d’espérer.

Et puis vint cet été, les voisins, ces voisins qu’il haïssait copieusement recevaient des cousins. Comme quoi les gens de la ville on les accepte, il suffit qu’ils soient cousins, les choses sont pourtant simples à comprendre, non ? Ils avaient une fille, elle s’appelait Catherine, une petite blonde, mignonne et très souriante, apparemment sans rien de spécial. Sans rien de spécial ? Pas si sûr ! Elle avait deux particularités.

La première c’est qu’elle parlait à Christophe, et cela constituait un événement en soi ! Manifestement elle ne supportait pas trop la compagnie des jeunes de son âge d’ici et s’intéressait à cet être qui lui apparut immédiatement comme marginal. Oh ! Cela n’allait pas bien loin, des banalités, mais ce contact faisait chaud au cœur de Christophe !

La seconde particularité était son nombril. Non seulement elle se baladait avec le nombril à l’air mais celui ci était décoré (si l’on peut dire) d’un petit piercing insolite. Christophe devient amoureux fou de ce détail, et la nuit dans ses délires érotiques il se masturbait frénétiquement en s’imaginant laper de grands mouvements de langue ce nombril qui avait l’outrecuidance de venir le défier !

Catherine lui demandait de venir la guider dans des randonnées de plus en plus longues, de plus en plus éloignées. Elle se révélait de plus en plus sympathique et décontractée. Christophe se méprit sur son attitude. Ils étaient seuls dans la montagne. Ils s’étaient arrêtés pour faire une petite pause. Christophe au prix d’un effort surhumain pour vaincre sa timidité coutumière se mit à balbutier :

— Catherine ?
— Oui !

Celle-ci s’inquiéta soudain de voir les yeux exorbités de son compagnon et pressentant ce qu’il risquait de dire prit le parti de prendre les devants :

— Non, Christophe, ne dit rien ! Tu es gentil, je t’aime bien, mais ne te fais pas d’idées, tu en serais malheureux !

Cette réponse était carrément insupportable pour le garçon, il se jeta sur elle ! Soyons objectif, il n’y eut pas viol car quand elle cessa de gigoter, il abandonna ! Mais il y eut assurément tentative ! La suite de cet incident était tout simplement ingérable ! Affolé, dégoûté de lui-même, de ce qu’il avait fait, de ce qu’il avait failli faire, il s’enfuit dans la montagne.

Il ignorait si Catherine parlerait, mais c’était probable, il y aurait une plainte, une enquête, une battue, l’opprobre retomberait sur ses parents. Les Alpes étaient grandes, les endroits pour s’y cacher ne manquaient pas, il décida de s’éloigner du lieu.

Il n’avait pris aucun papier sur lui, tant mieux, il n’existait plus, il ne voulait plus être Christophe, non il serait désormais le sauvage de la montagne, il ne serait plus que Picomaingo ! Et il partit au hasard vers le Nord !

Il y eut des hauts et des bas, des envies de revenir, des envies de rester, des envies de bouger et même des envies de suicide ! Parce que vous croyez que c’est simple, vous, la vie de sauvage à la montagne ? Il faut déjà se nourrir, au mois d’Août ce n’est pas trop difficile, il y a des noisettes, des mûres, des myrtilles, des prunes, mais après ? Il fallait donc chaparder, pénétrer dans les vignes, dans les pommeraies, se planquer, éviter les chiens. Ceux-ci étaient sa plus grosse angoisse, il détestait ces bestioles. Il avait heureusement toujours sur lui un excellent couteau multi-lames qui lui permit de confectionner un bon gourdin, au cas ou l’une des ces bêtes aurait trop de velléités combatives. Pour coucher, il avait dégoté une vieille cabane abandonnée depuis longtemps mais dont l’ancien occupant avait laissé quelques pauvres ustensiles qui furent les bienvenus et surtout des couvertures envahies par la crasse, mais dont il se contenta dans un premier temps faute de mieux !

Très vite (et nous passerons, nous aussi rapidement, car après tout le sujet n’est point là !) les problèmes s’accumulèrent. Le feu, parce que le briquet ne serait pas éternel, les vêtements de rechange, les chaussures. Et tout se compliquerait à l’approche de l’hiver. Il commença par piquer quelques chemises et pantalons sur des fils de séchage, mais ce n’est pas à ces endroits que l’on trouve ni des manteaux ni de quoi se chausser ! Il était impensable de passer l’hiver en basquets ! L’idée lui vint alors de profiter de ce que le mois de septembre voyait encore venir des pratiquants du camping sauvage. L’affaire fut facile, il sillonnait le coin à la recherche d’éventuels campeurs, attendaient qu’ils s’éloignent, et opérait une véritable razzia : Le sac de couchage, le duvet, les chaussures de montagne, et tant qu’à faire le sac à dos et tout son contenu.

Trois ans passèrent ainsi au bout desquels, il craqua, se dit que l’affaire commençait à bien faire, et retrouva péniblement le chemin du bercail paternel. S’approchant au petit matin du domicile familial et tout à sa joie de retrouver ses parents, quelle ne fut pas sa déception de découvrir qu’ils n’y habitaient plus. Il espérait qu’il ne s’agissait que d’un déménagement et de rien d’autre. Il repartit alors dans la montagne, les larmes aux yeux, pour quelques temps, se disait-il, le temps de trouver une solution.

Mais il n’en avait pas trouvé de vraiment satisfaisante, il ne retrouva pas sa cabane, changea de coin, s’approcha de la frontière italienne, en retrouva une autre encore plus délabrée qu’il rafistola tant bien que mal. Avec le temps, il s’organisait mieux, chapardait mieux, se nourrissait mieux. Malgré tout, la liste de ce qu’il lui manquait était considérable, rien à lire sinon se contenter de ce qu’il trouvait parfois dans des sacs à dos, rien à écouter, les quelques radios chapardées tombaient vite en panne de piles, rien à regarder, il aurait donné cher pour une petite revue porno, une toute petite, juste quatre pages, pour alimenter ses fantasmes. Faute de quoi il en était réduit à fantasmer sur les visages de femmes qui illustraient des magasines à moitié moisis. Parfois, il y trouvait des publicités pour des soutiens gorge, celles-ci, ils les protégeaient du mieux qu’il pouvait. Et puis il y avait le trivial, s’il lui arrivait de trouver parfois le bonheur dans un sac à dos sous la forme d’une bonne tablette de chocolat au lait, il salivait parfois à l’évocation d’un bouquet de crevettes ou d’une douzaine d’huître !

Malgré tout il survécut, s’adapta, malgré les épreuves que la montagne s’acharnait à lui infliger, malgré le froid, le vent, la neige, mais aussi la fièvre parfois, la faim souvent, et l’ennui de la sa solitude, toujours !

Laissons Picomaingo finir de se sécher, nous ne tarderons pas à le retrouver et intéressons-nous un petit peu à Pauline et à Hélène !

Pauline approche la quarantaine, elle est assez maigre, une fausse maigre diront ceux qui ont eu le privilège de la voir en petite tenue ! Mate de peau, cheveux courts teintés auburn, grosses lunettes, elle est professeur de mathématiques et célibataire invétérée. Eprise de liberté totale, elle ne peut supporter la vie commune avec un homme. Elle veut manger quand elle veut, sortir quand elle veut, se coucher quand elle veut. Ça ne l’empêche pas de s’envoyer de temps à autres quelques messieurs, mais ce n’est pas une allumeuse, et elle ne cherche pas non plus. Mais si l’occasion se présente, elle n’est pas contre, tant que c’est elle qui mène la barque. Il lui est aussi arrivé d’avoir des aventures beaucoup plus féminines, elle en a gardé quelques souvenirs exquis, mais là encore pas question de vie commune. Elle a connu Hélène en début d’année scolaire, nouvellement affectée à cet établissement, Hélène est prof d’espagnol. Elle a un style très campagne, légèrement dodue mais sans exagération, un visage toujours souriant mais jamais maquillé. Des lunettes genre quelconques quoique assez fines. Elle aime à répéter que les hommes ne l’intéressent pas. Pauline et Hélène ayant sympathisées, la première s’était dit que si la deuxième n’aimait pas les hommes, peut-être alors que les femmes… Mais tous ses mouvements d’approche finissaient dans le mur de l’indifférence. Peut-être après tout était-ce le sexe qui ne l’intéressait pas et non pas les hommes ?
L’idée de partir en vacances ensemble leur plut ! Et quand l’histoire commence, Pauline avait pratiquement renoncé à faire venir Hélène dans sa couche par de subtils jeux de séduction. Il faut parfois précipiter les choses si l’on veut qu’elles aboutissent. Ce soir elle lui demanderait carrément. Et si cela provoquait une crise, et bien tant pis ! Ah ! Mais !
Pauline s’était vêtue d’un mini débardeur mauve qui lui moulait sa modeste poitrine et qui lui laissait le nombril découvert. Elle avait au printemps sacrifié à la mode en s’y faisant faire un piercing, pour une fois qu’elle pouvait le montrer… Un petit short, en fait un jean découpé lui arrivait en bas des fesses. Hélène était vêtue de façon moins seyante, un tee-shirt vieux rouge trop large pour elle, et un bermuda complètement up to date !

— Je me demande si on ne s’est pas paumées ? demanda Pauline inquiète à sa camarade.
— On n’est jamais passé par-là !
— Non, je ne crois pas !
— On fait quoi ?
— On descend, on verra bien !
— Oui mais par où ?
— Par-là ! Proposa Pauline.
— Pourquoi par-là ?
— Parce que c’est moi qui décide, tout à l’heure je t’ai écouté et c’est pour ça qu’on s’est perdu !
— Je suis désolée !
— T’auras un gage !
— Un gage ! Lequel ?
— Tu ne devines pas ?
— Non !

 » Quelle cloche  » se dit Pauline in petto !

Et c’est ainsi que nos héroïnes se retrouvèrent nez à nez avec Picomaingo, lequel je vous le rappelle était complètement nu.
Donc, imaginez la scène et dites-vous que les choses vont extrêmement vite :
Pauline et Hélène sont évidemment surprises de cette rencontre, à la fois satisfaites de rencontrer quelqu’un qui leur indiquera leur chemin mais étonnées de voir cette personne dans le plus simple appareil.
Picomaingo lui n’a pratiquement vu personne pendant une dizaine d’années et voici que deux femmes sont devant lui à 5 mètres. Il les dévisage, les détaille, et il remarque bien évidemment le joli nombril de Pauline et son piercing. Résultat : sa bite se met à bander de façon magistrale.
Mais nos deux demoiselles ayant surpris le phénomène et ayant compris que leur arrivée y était pour quelque chose sont de plus en plus embarrassées. Pauline décide alors de jouer la carte de la décontraction, mais elle est troublée Pauline, l’homme n’est pas mal et ce sexe bandé est tout à fait attendrissant :

— Euh, vous faites du naturisme ?

Notre sauvage n’a pas conversé, sinon avec lui-même pendant des années, cela lui fait drôle de répondre à un être humain.

— Je faisais ma toilette !
— Nous sommes désolées de vous avoir mis dans un état pareil ?
— Pardonnez-moi, je n’ai pas vu de femmes depuis dix ans !

Cela était dit de façon froide, sans la petite pointe d’humour qui aurait dû coller inévitablement à ce genre de réflexion, Pauline commençait à se demander si elles n’étaient pas tombées sur le fada des montagnes, auquel cas, la situation pouvait être dangereuse. Elle décida de quitter très vite ce terrain glissant.

— En fait, on est un peu perdues ! On voudrait rejoindre la Marcelette ?
— Je ne sais pas !
— Comment « vous ne savez pas » ? Vous n’êtes pas de la région ? Vous faites du tourisme ?
— Non, je vis en ermite depuis des années, je n’ai de contact avec personne, et je sais à peine où je suis !

Cette fois encore, Pauline se demanda quel rôle jouait cet individu, pourtant le débit était correct, qu’est ce qui clochait ? Et puis elle ne pouvait pas s’empêcher de lorgner sur sa bite, c’était pénible. Elle jeta un coup d’œil en direction de sa compagne. Elle aussi semblait subjugué par le sexe de l’homme. Ça alors ! Elle qui disait ne pas s’intéresser au sexe ! Et d’abord elle n’a rien d’extraordinaire cette bite, elle est moyenne, désespérément moyenne ! Mais si agréable à regarder !
Pauline ne savait que faire, manifestement l’homme ne les renseignerait pas ! Il fallait donc prendre congé et redescendre dans la vallée en espérant que ce soit la bonne ! Malgré tout, la curiosité l’aiguillonnait. Elles n’étaient quand même plus à cinq minutes. Elle décida de jouer un peu son jeu :

— Je peux vous demander pourquoi vous vous êtes fait ermite ?
— J’ai fait une grosse connerie, je me suis planqué pour échapper à la police !
— Une grosse connerie ? Ca ne vous ferait pas du bien d’en parler ?
— Si !

Il s’assit sur une grosse pierre, près du ruisseau, et résuma l’affaire !

— Voilà, vous savez tout, je suis un salopard, mais il fallait bien que je parle un jour à quelqu’un ! Ca m’a fait du bien ! Vous pouvez me signaler aux gendarmes, je m’en fous, demain, je serais peut-être encore là ou je serais parti, je n’en sais rien !
— Tout le monde peut faire des conneries ! dit Pauline, histoire de dire quelque chose. Ce qui est important c’est que vous le regrettiez sincèrement. Rassurez-vous, on ne dira rien aux gendarmes ! De toute façon au bout de dix ans…
— Je ne peux pas en être sûr ! Mais l’important c’est que je ne sois pas tenté de recommencer !
— Bien sûr !
— Parce qu’il y a un détail que je ne vous ai pas dit, vous voulez vraiment le savoir ?

Pauline devenait blanche, s’attendant au pire :

— Vous savez ce qui m’a rendue dingue chez cette fille, le petit truc qui m’a fait péter les plombs ?
— Dites !
— Son nombril ! Je suis fou des nombrils, le sien était magnifique, et il y avait un joli petit piercing, il ressemblait au votre !

Pauline était à deux doigts de la franche panique, seule, elle aurait sans doute détallé à toutes jambes. Elle regarda Hélène qui semblait d’un calme étrange !

— Allez ! On vous laisse, merci de votre franchise et bonne fin d’après midi !

Hélène ne bougeait pas ! Son regard était rivé sur le sexe du sauvage, et puis soudain comme dans un souffle, comme si elle se libérait enfin d’une invisible contrainte, elle lâcha !

— Ça vous plairait bien, si je vous caressais un peu le sexe ?

Picomaingo incapable de prononcer une parole se contenta de faire un geste approbateur du visage !

— Alors promettez-moi de ne pas abuser de la situation, je vais vous faire plaisir, moi aussi, et après on se quitte bons amis et c’est fini, d’accord ?
— Mais enfin Hélène ? essaya de balbutier Pauline.

Le sauvage lui ne répondit toujours pas, et une seconde fois opina du chef en accompagnant cette fois son geste d’un franc et très joli sourire.

Alors, Hélène s’approcha, se baissa, porta sa main de la bite de Picomaingo, en caressa la hampe avec délicatesse, appréciant cette texture d’une infinie douceur, elle en tripota les testicules, les serrant un peu dans ses doigts provoquant un frisson de plaisir chez notre homme. Le gland s’était décalotté, et elle fut surprise d’y découvrir une goutte de pré-jouissance, elle la recueillit dans sa paume. Elle prit ensuite la verge à pleine main et esquissa quelques maladroits mouvements de masturbation.

— Un instant, je crois que je vais jouir ! dit l’homme
— J’espère bien !
— J’aurais voulu de te demander quelque chose ?
— Non, t’as promis d’être sage !
— Tant pis !

Pauline n’y comprenait plus rien, c’était quoi cette fille que les hommes indifféraient, qui laissait croire que peut-être avec les femmes… mais qui ne comprenait aucune avance et qui se laissait étourdir par la première bite venue ? Si encore c’était de la nymphomanie subite (de la sautopafie pour faire dans le néologisme). Mais non, Mademoiselle Hélène paraissait dans un état on ne peut plus normal, calme, raisonné, sachant parfaitement ce qu’elle faisait. Tout cela finissait par exciter notre professeur de mathématique, qui se demandait si elle aurait l’audace de porter la main à son sexe devant ces deux zigotos.

Et puis Picomaingo éjacula, la jutée fut franche et épaisse et atterrit sur le visage de la professeur d’espagnol. Celle-ci devant sa copine fascinée eut alors deux gestes fous, le premier fut de s’essuyer le visage du bout des doigts pour ensuite se les lécher, le second de retirer ses lunettes maculées de foutre et de les nettoyer de la langue, en adressant un sourire qui se voulait complice à sa camarade.

— Merci ! dit simplement le sauvage !
— Ça t’a plus, hein ! Je suis sûr que ça va te faire du bien, je veux dire pas seulement physiquement, mais tu sais maintenant que tu peux t’amuser avec une femme sans la forcer !
— Alors, merci encore, du fond du cœur !

Hélène n’était pas  » calmée « , mais elle avait un plan, depuis le temps que sa copine voulait se la  » sauter « , elle se laisserait faire dès qu’elles seraient hors de vue du gentil sauvage !

Mais les choses ne se passent que rarement comme on les envisage !

— Vous allez partir ?
— Oui !
— Je ne sais même pas vos prénoms !

Elles lui dirent.

— Je voulais vous demander un truc, tout à l’heure, ce n’était pas grand chose !
— Ce sera non, il faut qu’on y aille, mais si tu as envie de le dire, dis-le !
— Je voulais juste t’embrasser le nombril ?
— Hein ? Tu veux m’embraser le nombril !
— Oui, juste un peu !

Hélène souleva alors son tee-shirt et lui montra la chose !

— Vas-y !

Picomaingo approcha sa bouche alors du nombril d’Hélène, et le lui embrassa. Déjà il rebandait !
Un bisou, deux bisous, trois bisous, il scotchait carrément sur cette cicatrice si chargée de symbole. Il cessa, conscient qu’il serait vain d’abuser. Mais Hélène prise au jeu, lui poussa la tête, pour le remettre en position

— Allez régale-toi, je t’en offre encore une minute !

Le sauvage encouragé sortit alors sa langue et se mit à lécher l’endroit !

— Hi, hi, tu me chatouille !

Ce petit imprévu modifia quelque peu les plans d’Hélène.

— Je suis sûr que tu voudrais goûter à celui de ma copine ?
— Euh…

La copine, elle, hésitait sur la conduite à tenir, terriblement excitée, elle avait conscience que se lancer dans la mêlée la conduirait on ne sait où, elle faillit dire non, mais finalement, elle s’approcha de l’homme lui offrant son nombril !

— Vas-y !

Et tandis que Picomaingo se livrait à ce curieux nombrilinctus (je sais !), Pauline en profitait pour tendre la main vers sa verge tendue et la masturber lentement mais sûrement. Puis elle se déchaîna, n’étant pas au courant des projets de sa camarade, elle se dit que l’occasion était trop belle de pouvoir échanger des caresses avec elle, même si elle aurait préféré un cadre un peu plus intime. Elle se débarrassa de ses vêtements à une vitesse supra luminique, guetta une initiative de sa copine, ne vit rien venir, et quelque peu dépitée trouva un excellent dérivatif en s’intéressant de nouveau au sexe du sauvage qu’elle plaça carrément dans sa bouche. La chose avait conservé le goût de sa jouissance précédente ce qui la rendait à sa langue succulente. Un coup d’œil vers Hélène qui enfin se déshabillait libérant deux seins blancs et lourds qui lui tardait de cajoler. Elle se demandait ses intentions. Mais elle vint le plus simplement du monde derrière elle, frottant le dos de sa camarade des pointes de ses seins. Pauline fut parcourue d’un premier frisson, puis d’un second quand la prof d’espagnole lui mis carrément la main sur la chatte, cherchant son clitoris.
Bientôt Pauline sentit la bite de Picomaingo atteinte de soubresauts, avant qu’elle ait pu réagir son palais se remplit de sperme. Elle se tourna alors vers sa compagne et avec une rapidité étonnante, lui cola ses lèvres contre les siennes échangeant ce premier baiser si longtemps attendu ! Elle était loin de se douter dans les petits scénarios qu’elle avait échafaudé que celui-ci serait gluant du sperme d’un ermite montagnard !

Puis tout alla très vite, les deux femmes au point culminant de leur excitation s’installèrent sur le sol s’offrant mutuellement leur sexe ruisselant de cyprine, léchant, lapant, buvant leurs liqueurs intimes jusqu’à ce que l’écho des vallées renvoie le cri de leur jouissance !

— On est toutes dégoulinantes ! Finit par dire Hélène après quelques minutes de nécessaire récupération.

Et ce disant elle pénétra dans le petit ruisseau, prit dans ses mains un peu d’eau pour s’en nettoyer les cuisses et le ventre.
Pauline était subjuguée par cette nudité rustique enfin dévoilée ! Elle posa alors la question qui lui brûlait les lèvres :

— Je croyais que le sexe ne t’intéressait pas !
— Qui t’a dit ça ? Je ne vais pas à sa recherche, mais quand il est là devant moi… C’est l’occasion qui fait le larron !
— Mais à ce point ?
— Je suis comme ça ! Pour la bouffe c’est pareil, je peux me nourrir de jambon et de yaourt toute l’année, mais si je sens le fumet d’un bon canard à l’orange, ben je craque !
— Tu parle d’un canard ? Attends, je te rejoins !
— Attention quand même, j’ai une grosse envie, regarde !

Et en éclatant de rire Hélène se mit à pisser dans la rivière, le petit jet doré vint se mélanger un instant dans l’eau courante du ruisseau puis finit par s’y dissoudre. Pauline elle aussi avait envie, elle se demanda si elle aurait le cran de faire pareil, mais quand elle vit qu’elle avait un spectateur attentif et qu’il rebandait pour la troisième fois, elle ne voulut pas le priver de cette urination bucolique.

Pauline se rhabilla, s’étonnant que sa compagne ne le fasse pas !

— Il va falloir qu’on y aille ?
— T’es sur ? Tu couches où, toi ? répondit Hélène s’adressant à Picomaingo
— Dans une cabane, un peu plus loin !
— Tu peux peut-être nous héberger pour la nuit, je crois qu’on est vraiment paumées !
— C’est un peu petit mais ça ira ! Par contre pour bouffer j’ai plus grand chose !
— On a ce qu’il faut, on se débrouillera ! Au fait comment tu t’appelles ?
— Je m’appelle à nouveau Christophe, vous m’avez rendu mon prénom, je ne suis plus tout à fait un sauvage. Je voudrais réaliser mes projets…

Des larmes naissaient aux coins des yeux de celui qui n’était déjà plus Picomaingo.

— Des projets ?
— Oui il faut que je retrouve mes parents pour leur demander pardon, et puis il faut aussi que je retrouve Catherine, pour aussi lui demander pard…

Il ne finit pas sa phrase qui se noya dans les sanglots !

Epilogue

L’hygiène de la cabane était un peu limite, mais une nuit, ce n’est qu’une nuit. Ils discutèrent de tout et de rien, comme de vieux copains, partagèrent quelques conserves puis s’endormirent. Pendant la nuit Pauline fut réveillée par des gémissements. Ouvrant un œil, elle aperçut dans la pénombre du clair de lune, Christophe et Hélène qui faisaient l’amour.

Au petit matin, alors que Pauline se préparait, Hélène pressa sa camarade.

— Viens dehors, je vais te parler !
— C’est grave ?
— Non, mais je reste avec lui !
— Tu n’es pas un peu tombée sur la tête, tu ne vas pas te transformer en sauvage ?
— Mais pas du tout, tu sais ce que c’est un coup de foudre ?
— Non, mais je crois que tu en reçu un ! Mais ça ne réponds pas à la question !
— On va prendre plusieurs jours pour voir comment on va s’organiser, comment il peut réintégrer la civilisation, ce ne sera pas forcément évident, mais ça me passionne !
— Bon, ben je vous laisse !
— À moins que tu veuille rester avec nous ? Bizarre pour bizarre, on ne sera peut-être pas de trop pour gérer tout cela, du moins au début !
— C’est vrai je ne dérange pas ?
— Mais non, et puis, je te dois bien cela, c’est bien toi qui m’as emmené ici, non ?

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